Accident minier de Copiapó

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27° 09′ 36.73″ S 70° 29′ 48.4″ O / -27.1602028, -70.496778

Mine de San José

L’accident minier de Copiapó est un effondrement survenu le 5 août 2010 dans la mine de San José extrayant du cuivre et de l'or au nord de Copiapó au Chili, qui laissa 33 mineurs bloqués sous terre. Initialement considérés comme morts, ces derniers surnommés Los 33[1],[2] ont pu se mettre à l'abri dans un refuge de la mine et donner un signe de vie. Les opérations de sauvetage qui durèrent plus de deux mois eurent un très fort retentissement national et international. Leur remontée à la surface, un à un, le 13 octobre 2010 après 69 jours sous terre se déroula en présence du Président du Chili, Sebastián Piñera et fut diffusé en direct par plusieurs télévisions à travers le monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

Schéma explicatif

Les mineurs, pris au piège à 688 mètres de profondeur et à environ 5 km de l'entrée de la mine, se sont installés dans un refuge de sécurité. La mine avait des précédents d'instabilité qui a conduit à des accidents, dont un décès.

Bien que les autorités aient eu peu d'espoir de les retrouver vivants, elles poursuivirent néanmoins les recherches en envoyant plusieurs sondes par les puits d'aération. Plusieurs jours après l'accident, une sonde équipée d'une micro-caméra vidéo a pu localiser les mineurs vivants. Un projet de creusement d'un forage de 66 cm de diamètre et de plus de 688 m de profondeur a mis plus de deux mois pour les en sortir. Des vivres, des messages de leurs familles — rassemblées à proximité, dans un campement vite baptisé « Esperanza » (« Espoir ») — et des divertissements (en raison des signes de dépression) leur sont transmis en attendant leur délivrance tandis que la NASA sert de conseiller[3] .

Les mineurs ont contribué eux-mêmes à leur sauvetage en évacuant la masse énorme de débris de forage qui s'est écoulée par le bas du forage pilote. Une masse de débris de l'ordre de 750 à 1 500 tonnes en fonction du diamètre du forage réalisé (de 70 cm à 1 m de diamètre) a été déblayée en continu par les mineurs organisés en plusieurs équipes.

Le plan de sauvetage était conçu par des ingénieurs de l'entreprise de l'État chilien Codelco[4],[5],[6] dirigés par l'ingénieur André Sougarret[7],[8], avec l'aide de l'entreprise texane Drillers Supply International et le forage du puits de secours effectué par Center Rock, une entreprise du comté de Somerset (Pennsylvanie)[9], est terminé le 9 octobre 2010[10]. Il a fallu 33 jours de forage pour atteindre les 33 mineurs[11]. Le premier mineur, Florencio Avalos, est remonté à la surface grâce à une étroite capsule, semblable à une Dahlbusch Bomb (en), baptisée Fenix 2 (Phénix en français, par allusion à la « renaissance » des mineurs extraits de la mine) le mercredi 13 octobre 2010, vers 0 h 12[12], heure locale, après 69 jours passés coupés du monde à près de 700 mètres sous terre. Le 33e et dernier mineur, Luis Urzúa, rejoint finalement la surface à 21 h 55, heure locale. La capsule Fenix 2 fut principalement réalisée en métal déployé[13].

L’opération nommée San Lorenzo (saint patron des mineurs) a coûté approximativement 14 millions d’euros.

Suite à ce drame, le Président chilien veut une réforme de la législation du travail qui sera effective en mars 2014[14].

Isolement[modifier | modifier le code]

Durant leur blocage au sein de la mine, les mineurs chiliens et boliviens ont pu bénéficier de la télévision avec laquelle ils ont pu suivre les matchs de l'équipe nationale de football du Chili. Les mineurs ont aussi pu communiquer avec leur famille à l'aide d'un câble téléphonique. Des images vidéo des mineurs ont été tournées durant tout leur blocage. Les spécialistes en santé mentale ont constaté que la mise en place d'une hiérarchie et d'une routine quotidienne avait été un facteur important de la survie des 33 mineurs chiliens, compte tenu de l'incertitude, de l'isolement, et de l'obscurité auxquels ils étaient soumis[15].

Ordre du sauvetage[modifier | modifier le code]

Fénix 2.

L'ordre de sauvetage a été déterminé en fonction des caractéristiques individuelles : en premier les plus habiles (en cas de problème lors de la remontée), puis les plus faibles, et enfin les plus robustes.

Mineur Age[16] Heure du sauvetage (heure locale) Durée du sauvetage
1. Florencio Ávalos 31 13 octobre 00:11 0:51
2. Mario Sepúlveda 40 13 octobre 01:10 1:00
3. Juan Illanes 52 13 octobre 02:07 0:57
4. Carlos Mamani 23 13 octobre 03:11 1:04
5. Jimmy Sánchez 19 13 octobre 04:11 1:00
6. Osmán Araya 30 13 octobre 05:35 1:24
7. José Ojeda 46 13 octobre 06:22 0:47
8. Claudio Yáñez 34 13 octobre 07:04 0:42
9. Mario Gómez 64 13 octobre 08:00 0:56
10. Alex Vega 31 13 octobre 08:53 0:53
11. Jorge Galleguillos 56 13 octobre 09:31 0:38
12. Edison Peña 34 13 octobre 10:13 0:42
13. Carlos Barrios 27 13 octobre 10:55 0:42
14. Víctor Zamora 33 13 octobre 11:32 0:37
15. Víctor Segovia 48 13 octobre 12:08 0:36
16. Daniel Herrera 27 13 octobre 12:50 0:42
17. Omar Reygadas 56 13 octobre 13:39 0:49
18. Esteban Rojas 44 13 octobre 14:49 1:10
19. Pablo Rojas 45 13 octobre 15:28 0:39
20. Darío Segovia 48 13 octobre 15:59 0:31
21. Yonni Barrios 50 13 octobre 16:31 0:32
22. Samuel Ávalos 43 13 octobre 17:04 0:33
23. Carlos Bugueño 27 13 octobre 17:33 0:29
24. José Henríquez 54 13 octobre 17:59 0:26
25. Renán Ávalos 29 13 octobre 18:24 0:25
26. Claudio Acuña 44 13 octobre 18:51 0:27
27. Franklin Lobos 53 13 octobre 19:18 0:27
28. Richard Villarroel 27 13 octobre 19:45 0:27
29. Juan Carlos Aguilar 49 13 octobre 20:13 0:28
30. Raúl Bustos 40 13 octobre 20:37 0:24
31. Pedro Cortez 26 13 octobre 21:02 0:25
32. Ariel Ticona Yáñes 29 13 octobre 21:30 0:28
33. Luis Urzúa 54 13 octobre 21:55 0:25
Sauveteurs Heure de descente (CLDT) Heure d'extraction (CLDT) Temps passé dans la mine Durée de la remontée
1. Manuel González[17] 12 octobre 23:18 14 octobre 00:32 25:14 0:27
2. Roberto Ríos[18] 13 octobre 00:16 14 octobre 00:05 23:49 0:23
3. Patricio Robledo[18] 13 octobre 01:18 13 octobre 23:42 22:24 0:25
4. Jorge Bustamante[18] 13 octobre 10:22 13 octobre 23:17 12:55 0:24
5. Patricio Sepúlveda[18] 13 octobre 12:14 13 octobre 22:53 10:39 0:23
6. Pedro Rivero[18] 13 octobre, après 14:05 13 octobre 22:30 Jusqu'à 8:25 0:35

Enquête sur l'origine de l'éboulement[modifier | modifier le code]

En marge des enquêtes sur l'éboulement du 5 août, le député Carlos Vilches de l'Union démocratique indépendante a rapporté des détails accablants, confirmés par des mineurs, sur des problèmes de sécurité à l'intérieur de la mine San José que la direction aurait ignorés. En outre, trois heures avant l'éboulement, les mineurs ont signalé des bruits importants résonnant dans la mine et ont demandé à sortir, mais la direction de la mine le leur a interdit[19],[20].

Les 33 dans la culture[modifier | modifier le code]

Peu après l'accident, le cinéaste chilien Rodrigo Ortuza prépare un film intitulé Les 33 centré sur les relations humaines entre les mineurs et les problèmes de sécurité posés par cette mine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les 33 » est un raccourci journalistique hispanophone pour désigner les 33 mineurs (32 Chiliens et un Bolivien) piégés sous terre.
  2. Les 33 mineurs sont également rapidement appelés « terranautes », allusion faite aux similitudes entre leur situation sous terre et le confinement que connaissent les astronautes dans les navettes et stations spatiales.
  3. (fr) La NASA prodigue ses conseils aux mineurs chiliens, Le Monde, 4 septembre 2010
  4. http://www.economist.com/node/17311933
  5. http://www.economist.com/node/17251964
  6. http://www.estrategia.cl/detalle_noticia.php?cod=33961
  7. http://www.cbc.ca/world/story/2010/10/05/chile-mine-rescue.html
  8. http://diario.elmercurio.cl/2010/10/17/reportajes/_portada/noticias/86bc7027-87f8-4948-ab0c-2a3aca085e24.htm
  9. (en) Pa. drill firm basking in glow of Chilean rescue, MSNBC, 13 octobre 2010
  10. http://www.lexpress.fr/actualites/2/la-longue-attente-des-33-mineurs-chiliens-touche-a-sa-fin_926447.html
  11. http://www.leparisien.fr/international/sauvetage-des-mineurs-chiliens-scenes-de-joie-au-moment-de-la-jonction-09-10-2010-1102700.php
  12. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/10/12/009-chili-sortie-mineurs.shtml
  13. « Métal déployé », sur metaletire.fr.
  14. (fr) Chili : Les mineurs retrouvent enfin le goût de la liberté, Aline Timbert, Actu Latino, 15 octobre 2010
  15. http://m.letemps.ch/Page/Uuid/429e9bfa-aef3-11df-b4f4-1fce190f4cf1/Il_est_primordial_que_les_mineurs_gardent_un_espoir_de_sortie Interview avec Daniel Schechter, psychiatre et spécialiste en traumatisme à l'Université de Genève
  16. (en) Profiles of Chile's trapped miners BBC News, 7 octobre 2010.
  17. (en) Rescuer reaches trapped men in Chile mine Yahoo! News, 12 octobre 2010.
  18. a, b, c, d et e (es) Minuto a minuto: Mineros arriban al hospital de Copiapó y "Fénix II" reinicia labores Emol Chile, 13 octobre 2010.
  19. « Chili: le culte des "33" grandit, la sécurité de la mine mise en cause », Le Parisien 19.10.2010
  20. « Les mineurs chiliens auraient demandé à sortir avant d'être pris au piège », Le Monde 19.10.2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]