Étrier

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Étriers

En équitation, on appelle étrier chacun des deux anneaux métalliques, suspendus de chaque côté de la selle, où le cavalier vient glisser ses pieds pour prendre appui. L'étrier comporte un œil pour passer l'étrivière — la courroie en cuir qui le relie à la selle — et une base plate appelée plancher, où repose la semelle du cavalier[1].

Les étriers peuvent être fabriqués en acier inoxydable, en carbone ou en aluminium. Ils permettent de se mettre en selle plus facilement et aussi de garder un bon équilibre une fois à cheval. Plusieurs types de semelles anti-dérapantes peuvent venir recouvrir le plancher pour éviter au pied de glisser.

La selle d'amazone ne comporte qu'un seul étrier.

Historique[modifier | modifier le code]

Différents types d'étriers, dont un grand étrier espagnol en argent

Pour certains chercheurs, l’étrier serait une invention chinoise, alors que pour d’autres, il viendrait des peuples nomades d’Asie centrale et (ou) de Sibérie. S’il était difficile de trancher jusqu’à dernièrement entre ces deux hypothèses, des fouilles récentes font plutôt pencher vers l’origine nomade. Le proto-étrier (étrier de monte présent d’un seul côté de la selle) est identifié pour la première fois en Chine, dans une tombe, datant de 302 ap. J.-C. (statuette de cheval sellé et non monté), tandis que le plus ancien véritable étrier (utilisé par paire) n’a été signalé que dans une tombe datée de 383. Un siècle plus tard, en 477, l’on trouve la première mention écrite dans la biographie d’un officier chinois. Toutefois, contrairement à ce que l’on croyait, les cas mentionnés ne correspondent pas aux spécimens les plus anciens, étant donné que des étriers en fer ont été découverts dans des sépultures Xiongnu (Hiong-nou) datées du IIIe-Ier s. avant notre ère. Il est donc clair que les inventeurs de cet accessoire hippique ne sont pas des Chinois Han mais des nomades. Quant à son introduction à Byzance, deux hypothèses ont été émises jusqu’à présent. Selon la première, l’étrier serait passé, vers la fin du VIIe siècle, des Persans aux Arabes, puis, des Arabes aux Byzantins, avant de parvenir à l’Europe occidentale. Enfin, suivant une autre hypothèse il aurait été introduit par les Avars qui l’auraient amené de l’Asie centrale. Cette dernière opinion est la plus communément admise, y compris pour l’Europe occidentale, parce que les Avars étaient des excellents cavaliers et créateurs de plusieurs instruments hippiques [Lesquels ?], mais aussi parce que la première mention dans une source littéraire coïncide plus ou moins avec la période des premiers contacts entre Avars et Byzantins. Cette source écrite est un manuel de guerre connu sous le nom de Stratègikon de Maurice. L’absence de sources textuelles, archéologiques et iconographiques plus anciennes faisait donc de la mention dans le Stratègikon de Maurice un terminus ante quem certain sur l’introduction de l’étrier à Byzance. Or, d'après la recherche moderne, il ne faut pas confondre les étriers auxquels fait référence l'auteur du Stratègikon (les skalai) avec les étriers avars. Apparemment, les Byzantins ont eu recours à un type d'étrier avant de rentrer en relations avec les Avars.

Avant la découverte de l'étrier, les combattants à cheval emploient surtout comme projectiles des javelines, dont la vitesse s'ajoute simplement à celle du cheval. Toutefois, l'introduction de l'étrier va révolutionner complètement l'art de la guerre. En apportant une meilleure stabilité, l'étrier va en effet permettre aux archers montés de se dresser pour amortir les mouvements gênants de leur monture et ainsi de viser avec une plus grande précision. L'utilisation de l'étrier va aussi permettre aux cavaliers d'utiliser plus efficacement les lances, dont la force d'impact ne dépendra plus seulement de l'énergie cinétique procurée par la course du cheval, mais aussi de la force que les combattants pourront apporter sans risquer d'être désarçonnés. L'étrier sera donc un élément essentiel, voire décisif, à la formation de la chevalerie médiévale.

Types d'étriers[modifier | modifier le code]

Etriers Western
Martingale et étriers compensés.

Il existe différents types d'étriers convenant à différentes utilisations :

  • Étriers droits ou « classiques » : ils possèdent deux branches symétriques, d’un seul tenant et fixes. Idéals pour débuter, ils sont généralement les plus vendus.
  • Étriers compensés : ils possèdent deux branches asymétriques (l'une est plus courte) et leur œil est décalé vers le cheval. Ils permettent une meilleure adhérence de la jambe du cavalier.
  • Étriers articulés : ils sont utilisés en saut d'obstacles, car ils donnent une plus grande mobilité à la cheville. Ils suivent les mouvements du pied du cavalier quel que soit l'angle et lui permettent de se libérer plus facilement en cas de chute.
  • Étriers de sécurité : ils s'ouvrent en cas de chute du cavalier pour libérer ses pieds et lui éviter d'être traîné par sa monture. Ainsi est l'étrier de la monte en amazone.
  • Étriers camarguais : ils possèdent une très large semelle permettant de poser le pied bien à plat pour plus de confort. Une armature à l'avant permet de protéger le pied des chocs éventuels.
  • Étriers Western.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les étriers sur lesaboteur.com
  • Stavros Lazaris, "Considérations sur l’apparition de l’étrier : contribution à l’histoire du cheval dans l’Antiquité tardive", in: Les équidés dans le monde méditerranéen antique. Actes du colloque international organisé par l’École française d’Athènes, le Centre Camille Julian et l’UMR 5140 du CNRS (Athènes, 26-28 Novembre 2003), A. Gardeisen (ed.), Lattes, 2005, p. 275-288 [1]

Lien externe[modifier | modifier le code]