Vol 1812 Siberia Airlines

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Vol 1812 de la Sibir
Un Tupolev Tu-154 de la Sibir similaire à celui qui s'est écrasé.
Un Tupolev Tu-154 de la Sibir similaire à celui qui s'est écrasé.
Caractéristiques de l'accident
Date
Type abattu par un missile
Site mer Noire
Coordonnées 42° 07′ nord, 37° 22′ est
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil Tupolev Tu-154
Compagnie S7_Airlines
No  d'identification RA-85693
Passagers 66
Équipage 12
Morts 78
Blessés 0
Survivants 0

Géolocalisation sur la carte : mer Noire

(Voir situation sur carte : mer Noire)
Vol 1812 de la Sibir

Le vol 1812 de la Siberian Airlines (авиакомпания Сиби́рь) est un vol parti de Tel-Aviv, en Israël, à destination de Novossibirsk en Russie, et qui a été abattu[1] par l'armée ukrainienne au-dessus de la mer Noire le . L'avion, un Tupolev Tu-154 de fabrication soviétique, emportait soixante-six passagers et douze membres d'équipage. La plupart des passagers étaient des Israéliens partis rendre visite à des proches en Russie. Aucun ne survécut.

Le lieu de l'écrasement se situe à environ 190 km à l'ouest-sud-ouest de la station balnéaire de la mer Noire de Sotchi et à 140 km au nord de la ville côtière turque de Fatsa ainsi qu'à 350 km au sud-sud-est de Théodosie en Crimée. L'Ukraine a finalement admis[2] que la catastrophe avait probablement été causée par un missile égaré tiré par ses forces armées. L'Ukraine paya quinze millions de dollars de dédommagements aux parents des 78 victimes (soit 200 000 $ par victime), mais n'a pas indemnisé la compagnie aérienne.

Information initiale[modifier | modifier le code]

Le vol 1812 est parti de l'aéroport international de Tel Aviv-David Ben Gourion, en Israël, à destination de l'aéroport de Novossibirsk-Tolmatchevo de Novossibirsk, en Russie. Il vole à une altitude de 36 000 pieds au-dessus de la mer Noire lorsque le contrôle au sol russe de Sotchi perd soudain tout contact avec lui. Très peu de temps après, un pilote d'un vol arménien traversant la mer dans les environs rapporte avoir vu l'avion russe exploser avant de s'abîmer en mer à environ 13 h 45 heure de Moscou (h 45 GMT)[1],[3].

La plupart des passagers étaient des Israéliens rendant visite à des proches en Russie. Aucun ne survécut. Un journée de deuil national fut décrété en Israël — minute de silence, drapeaux en berne, et programmes spéciaux dans les écoles au sujet de la tragédie. Un monument aux victimes fut érigé dans la forêt de Ben-Shemen en Israël[4].

Incident[modifier | modifier le code]

Survenant moins d'un mois après les attentats du 11 septembre 2001, les responsables russes ont d'abord soupçonné que l'incident était un acte terroriste commis par des rebelles tchétchènes. Par la suite, l'agence IAC basée à Moscou a jugé que l'accident avait été causé par la frappe accidentelle d'un missile ukrainien S-200 lors de manœuvres militaires qui se tenaient au large du Cap Onouk (ou Tchoulouk) en Crimée. Un rapport préliminaire russe confirma les évaluations de responsables militaires américains faites à titre privé : le missile S-200 avait dépassé sa cible téléguidée qui avait été détruite avec succès par un S-300 tiré au même moment. Au lieu de s'autodétruire, le missile S-200 prit pour cible le long courrier qui se trouvait à près de 200 kilomètres ; le projectile explosa en projetant des billes d’acier[5] (shrapnel) 15 mètres au-dessus de l'avion.

Les responsables militaires ukrainiens nièrent d'abord que leur missile avait abattu l'avion ; ils déclarèrent que le S-200 avait été lancé vers la mer et qu'il avait réussi à s'autodétruire. Le porte-parole du ministère de la Défense Konstantin Khivrenko affirma que « ni la direction ni la portée (des missiles) ne correspondaient à l'endroit réel ou théorique où l'avion avait explosé. » Toutefois, les responsables ukrainiens admirent par la suite que c'était bien leur armée qui avait abattu l'avion de ligne.

Leonid Koutchma, président ukrainien à l'époque, avait qualifié l'affaire de « tragique coïncidence »[6]. En 2011, devant les journalistes l'interrogeant sur la catastrophe, il exprime les mots suivants[réf. nécessaire] :

« Regardez, qu'est ce qui se passe autour de nous, dans le monde, en Europe ? Nous ne somme ni les premiers, ni les derniers, il ne faut pas en faire une tragédie. Les erreurs, ça arrive partout, et pas seulement de cette envergure, mais d'envergure bien plus importante, planétaire. Si nous ne nous abaissons pas plus bas que la civilisation, tout ira bien, mais si nous nous versons un sceau de boue sur nous-même, alors je vous en prie.. »

« Подивіться, що коїться навколо у світі, в Європі? Ми не перші і не останні, не треба з цього робити трагедію. Помилки бувають всюди, і не тільки такого масштабу, а набагато більшого, планетарного масштабу. Якщо ми самі себе не опустимо нижче цивілізованого рівня, все буде добре. А якщо ми самі на себе відро бруду виллємо, так милості прошу. »

L'Ukraine aurait interdit les tests de Bouk, S-300 et autres systèmes de missiles similaires pendant sept ans après cet incident.

Indemnisations[modifier | modifier le code]

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Indemnisation des citoyens israéliens[modifier | modifier le code]

Le 20 novembre 2003, un accord d'indemnisation à titre gracieux a été signé entre les gouvernement ukrainien et israélien[7]. Il fut par la suite ratifié par les familles des victimes, qui en acceptèrent les conditions. En plus des éléments relatifs à l'indemnisation, l'accord stipulait que « l'Ukraine n'est pas légalement responsable de l'accident qui a touché l'avion, et est libre de toute obligation à ce sujet[8]. » Commentant le contenu de l'accord, le général Oleksandr Kuzmuk, l'ex-ministre de la défense démis après l'accident[9], déclara aux média que « les indemnisations constituent une action humanitaire, et non un aveu de culpabilité. » Plus tard, en tant que vice premier ministre du gouvernement de Viktor Ianoukovytch, Kuzmuk nia la responsabilité de l'armée ukrainienne dans le tir au-dessus de la Mer Noire, bien que l'Ukraine ait accepté de payer des indemnités[10].

Indemnisation des citoyens russes[modifier | modifier le code]

L'Ukraine accepta de payer la somme de 200 000 dollars aux familles de chacun des 38 citoyens russes tués - un montant identique à celui accepté pour chacun des 40 israéliens tués. L'accord fut ratifié par le parlement russe en mai 2004, et le président Poutine le fit acter dans une loi en juin 2004[11].

Indemnisations supplémentaires demandées par les familles et Siberian Airlines[modifier | modifier le code]

Tribunal local de Pechersk[modifier | modifier le code]

Certaines familles des victimes du crash refusèrent d'accepter l'indemnisation offerte par l'Ukraine[12]. Elles intentèrent une action en justice civile contre le gouvernement ukrainien auprès du tribunal local de Pechers'ky à Kiev. Pendant les auditions, les représentants du ministère de la défense ukrainien affirmèrent que l'avion « ne pouvait pas avoir été abattu par un missile ukrainien » selon les analyses médico-légales des débris de l'appareil, les données radar et les possibilités techniques des missiles. Ils arguèrent également que le système d'identification « ami ou ennemi » de fabrication soviétique du missile en question l'aurait empêché de frapper un avion de ligne de fabrication soviétique[13]. L'avocat représentant les plaignants défendit dans les média le point de vue selon lequel la culpabilité du gouvernement ukrainien était en fait prouvée par le fait qu'il ait négocié des indemnisations avec les familles des victimes israéliennes. Aucune des 11 analyses médico-légales[14] menées jusqu'ici n'a établi la probabilité qu'un missile ukrainien puisse frapper un Tupolev-154.

Jugements en appel[modifier | modifier le code]

Le 22 août 2007, la cour d'appel de Kiev rejeta la plainte des familles des victimes contre le ministère de la défense ukrainien, jugeant que l'armée ukrainienne n'avait aucune responsabilité dans l'accident[15]. La décision de la cour est en conflit avec un rapport du groupe IAC, qui a mené une enquête sur l'accident à la demande de la Russie[16].

Plainte de Siberian Airlines[modifier | modifier le code]

Sur la période 2003-2005, le gouvernement ukrainien versa 15,6 millions de dollars d'indemnisation aux familles des victimes. En 2004, Siberian Airlines déposa une plainte contre le ministère de la défense et le ministère de finances  ukrainiens auprès d'un tribunal de Kiev, demandant 15,3 millions de dollars d'indemnisation pour la perte de son avion de ligne. Cependant, la cour d'appel commerciale interrégionale de Kiev rejeta en septembre 2011 la demande d'indemnisation de la part de la compagnie russe. Un appel auprès de la cour d'appel économique de Kiev fut rejeté en mai 2012. Le jugement fut ensuite confirmé, en décembre 2012, par la cour suprême de commerce de l'Ukraine[17],[18]. Les procédures judiciaires continuent depuis janvier 2013.

Cérémonies commémoratives[modifier | modifier le code]

Des cérémonies commémoratives ont ensuite eu lieu en Israël, à Sotchi, et Novossibirsk[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Russian jet explodes over Black Sea », BBC News,
  2. (en) Ukraine admits it shot down Russian airliner - Ben Aris, The Daily Telegraph, 13 octobre 2001
  3. (en) « Black Sea crash wreckage located », BBC News,
  4. (he) Attila Shumpleby, « עצרת: שנה לקורבנות האסון בים השחור (Rassemblement : Un an après pour les victimes de la catastrophe de la mer Noire) », Ynet,‎
  5. Tupolev : c'était un missile - Geoffroy Tomasovitch, Le Parisien, 13 octobre 2001
  6. 10 avions abattus en vol qui ont marqué l'histoire - Radio-Canada, 17 juillet 2014
  7. (en) Associated Press « Israel, Ukraine sign agreement on compensation for Russian jet victims » [Israel et l'Ukraine signent un accord d'indemnisation pour les victimes de l'avion russe] Haaretz, 20 novembre 2003.
  8. (uk) « Российский "Ту-154" сбили не мы »
  9. (en) « Defense minister fired over plane crash » The Topeka Capital-Journal, 25 octobre 2001.
  10. « Accident-Prone Ukraine » sur news.kievukraine.info, 23 juillet 2007
  11. (en) Russia agrees airliner payout - BBC News, 14 juin 2004
  12. Serhiy Solodky (29 October 2002). "Ministry of Foreign Affairs promises payment for the Tu-154 incident next year". www.day.kiev.ua.
  13. (ru) ВИСНОВОК ЕКСПЕРТІВ... (Archive) (Hand-signed and stamped "Experst Conclusion" of the Kyiv Forensics Scientific and Research Institute with the Ministry of Justice of Ukraine issued on May 21, 2010, with number of court case in question) (en ukrainien)
  14. (en) « Ukrainian court rules investigators failed to prove missile downed Russian passenger jet » Kyiv Post, 21 août 2007
  15. Maria Danilova (22 August 2007) « Ukrainian Court Decides Missile Not Behind Crash » New-York Times
  16. (en) « Kiev court: Proof lacking that missile downed Russian airliner » Haaretz. AP. 22 août 2007.
  17. (en) « Ukraine Court Upholds Dismissal of Airline Shoot-Down Claim » en.ria.ru, 11 décembre 2012
  18. (en) « Kiev court rejects S7 Airlines' appeal in case on Tu-154 crash in 2001 » KyivPost. Interfax-Ukraine. 29 mai 2012
  19. (ru) В России и Израиле вспоминали погибших в авиакатастрофе 2001 года 04.10.2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]