Violeta Barrios de Chamorro

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Violeta Chamorro
Violeta Barrios de Chamorro en novembre 1993.
Violeta Barrios de Chamorro en novembre 1993.
Fonctions
Présidente de la République du Nicaragua
Vice-président Virgilio Reyes Godoy
Julia de la Cruz Mena Rivera
Prédécesseur Daniel Ortega
Successeur Arnoldo Alemán
Biographie
Nom de naissance Violeta Barrios Torres
Date de naissance (87 ans)
Lieu de naissance Rivas
Nationalité nicaraguayenne
Parti politique UNO
Conjoint Pedro Joaquín Chamorro Cardenal (veuve)

Violeta Barrios de Chamorro
Présidents de la République du Nicaragua

Violeta Barrios de Chamorro (née le à Rivas) a été présidente de la République du Nicaragua de 1990 à 1996, élue en 1990 sous la bannière de la coalition Unión Nacional Opositora (Union nationale d'opposition) opposée aux Sandinistes.

Première femme élue à cette fonction au Nicaragua, Chamorro est la seconde femme à être élue de plein droit à la tête du gouvernement en Amérique du Nord (à la suite de Eugenia Charles à la Dominique), et la seconde d'Amérique latine (après Lidia Gueiler Tejada[1]).

Elle est la veuve du journaliste Pedro Joaquín Chamorro Cardenal (1924-78).

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Elle est née dans le sud-ouest de la ville de Rivas. En 1952, le mari de Chamorro, Pedro Joaquín Chamorro Cardenal, prit la tête du journal opposé à la dictature de Anastasio Somoza Debayle, La Prensa, ce qui lui valut des emprisonnements récurrents. Après l'assassinat de son mari le , qui entraîna le début de l'insurrection contre Somoza, Violetta Chamorro prit la tête du journal.

Après le renversement de la dictature de Somoza en 1979, Chamorro devint membre par intérim de la Junte nationale de reconstruction. En avril 1980, elle démissionna de la junte en raison de différends avec les sandinistes. Pendant les années 1980, Chamorro et La Prensa s'opposèrent vigoureusement à ces derniers. À leur tour, ils l'accusèrent d'être financées par les États-Unis et de soutenir leur politique anti-sandiniste. La Prensa fut ainsi censurée par le gouvernement à diverses reprises [réf. nécessaire].

Présidence de la République[modifier | modifier le code]

En 1990, après presque une dizaine d'années de sanctions économiques (les États-Unis déclarent un embargo total en 1985[2]) et d'une insurrection menée par les Contras, soutenus par Washington, Chamorro devint la candidate présidentielle de l'Union d'opposition nationale (UNO), une coalition de quatorze partis politiques de l'opposition. Chamorro obtint 54,7 % des suffrages lors des élections générales du organisées par le pouvoir sandiniste. Porté par une campagne politique prônant la « concorde nationale » et la suppression du service militaire obligatoire[2], Chamorro succède alors au président Daniel Ortega, qui n'a recueilli que 41,5 % des voix. L'UNO, quant à elle, recueille 51 sièges de députés contre 31 pour les sandinistes[2].

La coalition se rompit rapidement après les élections ; les anti-sandinistes les plus radicaux, emmenés par Arnoldo Alemán, reprochaient à la nouvelle présidente de ne pas poursuivre suffisamment loin les purges contre les membres du Front sandiniste (dont deux des fils de Violeta Chamorro étaient eux-mêmes proches) dans l'administration. Elle enclenche néanmoins de nouvelles purges sur injonction des États-Unis, qui menaçaient de bloquer l'aide économique[3].

Chamorro permit à un pays divisé de retrouver l'ordre. Le service militaire obligatoire fut supprimé, les militaires furent réduits de 25 % et des milliers d'armes furent détruites. Elle libéralisa aussi l'économie et réforma les institutions politiques. Ses opposants de gauche lui reprochent les licenciement massifs d’employés du secteur public, la réduction des moyens alloués à l'éducation, la suppression de la gratuité de l'accès aux soins et son absence de réaction face à la corruption.

En 1992, elle ratifie un projet de loi réintroduisant la pénalisation de l’homosexualité.

Les années de pouvoir de Violeta Chamorro amorcent une période de déclin économique et social important pour le Nicaragua. De 1990 à 2001, le pays a reculé de la 60e à la 116e position mondiale en termes de développement humain, et est devenu le plus pauvre d'Amérique après Haïti, selon la PNUD[4].

En août 1993, le président vénézuélien Carlos Andrés Pérez sera destitué par la Cour suprême, accusé d'avoir détourné 17 millions de dollars d'un fonds secret en faveur, notamment, de Chamorro, ce qui lui vaudra d'être condamné et assigné à résidence pendant plus de deux ans[5].

En octobre 1996 la coalition de Chamorro, l'UNO, est battue à l’élection présidentielle par Arnoldo Alemán, du parti libéral constitutionnaliste (PLC). Outre les multiples fraudes qui entachèrent l’élection et favorisèrent le PLC, la principale cause de cet échec se retrouve dans la corruption de plus en plus manifeste du gouvernement. De nombreux politiciens et parents proches de Chamorro ayant fait l'acquisition de propriétés et de sociétés en puisant dans les fonds publics[6].

Chamorro quitte la politique et vit désormais à Managua.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Isabel Martínez de Perón, présidente de la Nation argentine, avait accédé à cette fonction en succédant à son mari défunt, Juan Perón, ayant elle-même été élue en tant que vice-présidente lors des élections de 1973
  2. a, b et c Élection de Violeta Chamorro à la présidence du Nicaragua, Perspective Monde, Université de Sherbrooke, Canada
  3. « Rapport d'information des groupes d'amitié France-El Salvador, Nicaragua et Honduras, juin 2001 », sur www.assemblee-nationale.fr
  4. « RISAL.info - Nicaragua, chronique d'une révolution perdue », sur risal.collectifs.net
  5. Ancien président du Venezuela, Carlos Andrés Pérez, nécrologie du Monde (éd. papier) datée du samedi 1er au lundi 3 janvier 2010
  6. Carol Wood, Nicaragua, Ulysse, , 361 p.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]