Vendredi ou les Limbes du Pacifique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Vendredi ou les Limbes du Pacifique
Auteur Michel Tournier
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur Éditions Gallimard
Collection Blanche
Date de parution
Nombre de pages 273
ISBN 2070263126
Chronologie

Vendredi ou les Limbes du Pacifique est un roman de Michel Tournier publié le aux éditions Gallimard et ayant reçu le Grand prix du roman de l'Académie française la même année.

Vendredi ou les Limbes du Pacifique propose une variante sur le mythe de Robinson Crusoé, initialement écrit par Daniel Defoe. Il base cette version sur la relation entre le naufragé Robinson et le sauvage Vendredi.

Michel Tournier reprit en 1971 le thème de ce roman et en fit une adaptation pour la jeunesse, sous le titre de Vendredi ou la Vie sauvage.

Résumé[modifier | modifier le code]

Robinson Crusoé, rescapé du naufrage de La Virginie (avec Tenn le chien du commandant de bord), échoue sur une île déserte, qu'il baptise Speranza (« Espérance »). Épuisé par la solitude et le désespoir, Robinson cède à la tentation de « la souille », le bain de boue, où il oublie sa condition d'homme et se laisse aller à la nostalgie. Pour ne plus se rabaisser à ce niveau, Robinson décide de revenir à l'humain, en s'entourant de cérémonials dont la démesure fait le grotesque : il tente d'abord de soumettre à sa volonté d'homme les bêtes et les terres de l'île, avant de se proclamer gouverneur de l'île, et de créer tout un système de codes, de lois et de sanctions pour la régir. Dans sa solitude il philosophe, se remémore des souvenirs d'enfance, tente de combler le vide qui l'entoure malgré la présence du chien Tenn.

Robinson traverse plusieurs périodes de réconciliation avec la nature. Lors de sa « période tellurique », il descend dans une cavité rocheuse, et devient ainsi le noyau de Speranza, son fœtus. Il quitte cette situation lorsqu'il comprend qu'il est un homme mûr, et entre alors dans une « période végétale », où il entretient une sexualité avec l'île, enfantant par là des mandragores.

Ces expérimentations ontologiques prennent fin le jour où Robinson sauve fortuitement un Indien que ses congénères avaient condamné à mort. Il le nomme Vendredi, d'après le jour de la semaine où il l'a recueilli, car ce nom n'est ni un nom d'objet, ni un nom d'homme. Il considère donc que Vendredi n'a pas tout à fait le statut d'homme, étant donné sa condition de métis. Il le bat d'ailleurs à de nombreuses reprises, notamment lorsqu'il le surprend en train d'enfanter des mandragores rayées dans la plaine où lui-même satisfait ses pulsions sexuelles. Le jeune arrivant devient l'esclave de Robinson, lequel veille toujours à faire de son île un reflet de la civilisation occidentale.

Mais Vendredi, en fumant en cachette la pipe de son maître, provoque l'explosion de la grotte où se trouvaient quarante tonneaux de poudre à canon, détruisant ainsi toutes les constructions de Robinson. Robinson échappe à l'éboulement, mais l'équilibre fragile qu'il avait instauré vole en éclats. Les limbes peuvent se transformer en vent et en soleil, en cohésion avec la terre-mère de l'île de Speranza. Robinson devient alors l'élève de Vendredi : apprenant la liberté, il le considère à présent comme son frère. C'est le début de la troisième période de Robinson, la période « héliophane », où il s'expose au soleil et le contemple longuement.

Dans ce petit îlot perdu du Pacifique, les jeux d'amitié d'égal à égal, et le repos, deviennent le quotidien, jusqu'au jour où un navire arrive, le navire qu'avait tant espéré Robinson auparavant. Pourtant, face à ces hommes qui lui semblent dénués d'humanité, Robinson prend conscience du bonheur qu'il a connu sur l'île, et décide de demeurer sur Speranza. Mais Vendredi le quitte à son insu. L'espoir d'une nouvelle série de bonheurs renaît pour Robinson avec l'arrivée sur son île d'un petit mousse qui s'est enfui du bateau. Robinson l'initie d'abord à la contemplation du soleil, puis lui fera découvrir, on l'imagine, la vie sauvage.

Analyse[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Éditions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arlette Bouloumié, Vendredi ou les Limbes du Pacifique, Gallimard, 1997.
  • Arlette Bouloumié, « La conversion dans Vendredi ou les Limbes du Pacifique, Le Roi des Aulnes et Les Rois Mages de Michel Tournier », dans Didier Boisson et Élisabeth Pinto-Mathieu (dir.), La conversion : textes et réalités, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 419 p. (ISBN 978-2-7535-3344-8, lire en ligne), p. 69-79.
  • Ludovic Fauvel, « Les symboles thériomorphes dans Vendredi ou les Limbes du Pacifique de Michel Tournier », Recherches sur l'imaginaire, Angers, Université d'Angers, Centre de Recherches en Littérature et Linguistique de l'Anjou et des Bocages de l'Ouest, no XXVI « Les mythes de l'ogre et de l'androgyne »,‎ , p. 35-50 (lire en ligne).
  • Stéphanie Gaultier, « Lecture durandienne d'une page de Vendredi ou les Limbes du Pacifique de Michel Tournier », Recherches sur l'imaginaire, Angers, Université d'Angers, Centre de Recherches en Littérature et Linguistique de l'Anjou et des Bocages de l'Ouest, no XXVI « Les mythes de l'ogre et de l'androgyne »,‎ , p. 51-64 (lire en ligne).
  • Ronan de Poulpiquet, « L'androgynie dans Vendredi ou les Limbes du Pacifique de Michel Tournier », Recherches sur l'imaginaire, Angers, Université d'Angers, Centre de Recherches en Littérature et Linguistique de l'Anjou et des Bocages de l'Ouest, no XXVI « Les mythes de l'ogre et de l'androgyne »,‎ , p. 11-33 (lire en ligne).

Adaptations[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]