Syndrome d'épuisement professionnel par l'ennui

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Le syndrome d'épuisement professionnel par l'ennui ou boreout (parfois orthographié bore-out), [ˈbɔɹaʊt], est un trouble psychologique qui engendre des maladies physiques.

Ce syndrome est déclenché par le manque de travail, l'ennui et, par conséquent, l'absence de satisfaction dans le cadre professionnel. Il affecterait couramment les individus travaillant en entreprise et notamment les travailleurs du secteur tertiaire. Cette théorie a été présentée en 2007 dans Diagnosis Boreout, un livre par deux consultants d'affaires suisses, Peter Werder et Philippe Rothlin.

Description[modifier | modifier le code]

Selon Werder et Rothlin[1],[2], c'est l'absence de tâches signifiantes, plutôt que le stress, qui constitue le principal problème d'un grand nombre de travailleurs. Le syndrome d'épuisement professionnel par l'ennui se caractérise par trois éléments : l'ennui, l'absence de défis et le désintérêt.

Les auteurs s'opposent à l'opinion commune selon laquelle l'employé démotivé serait paresseux ; bien au contraire, ils affirment que l'employé a perdu tout intérêt pour ses tâches et a été placardisé donc les personnes souffrant de ce syndrome sont « insatisfaites de leur situation professionnelle » et souffrent énormément de cette situation et du manque de solidarité du management et des collègues.

Leur frustration peut trouver sa source dans leur incapacité à contribuer au développement de leur entreprise, à utiliser leurs compétences et connaissances ou à pouvoir faire des efforts reconnus.

Les auteurs affirment que ce phénomène a été négligé par les chercheurs comme par les employeurs en raison de la stigmatisation sociale attachée au bore out et aux pathologies extrêmement graves que ce phénomène va déclencher avec l’automatisation des tâches.

Le syndrome d'épuisement professionnel par l'ennui peut survenir pour différentes raisons.

Les auteurs notent que le bore out n'apparaît pas en général dans les métiers dont le principe est de mener à bien une tâche spécifique (par exemple : chirurgien) ou d'aider des personnes dans le besoin (par exemple : travailleur social ou assistante maternelle).

En termes d'effet de groupe, le bore out peut apparaître lorsque le personnel d'encadrement ou les employés les plus voraces ou les plus ambitieux accaparent les travaux les plus intéressants et ne laissent que quelques tâches parmi les plus ennuyeuses aux autres (ce qui provoque l'ennui et le désœuvrement chez les victimes).

D’après Isabelle Gernet, le bore-out désigne un syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui, manque de travail, confrontation à des tâches sans contenu significatif.[3]

Elle dit que les signaux du bore-out prennent la forme de plaintes concernant le fait de n’avoir strictement rien à faire et éventuellement, de n’avoir aucune relation professionnelle sur le lieu de travail[3].

L’auteur explique ensuite comment l’ennuie se présente : « L’ennui se présente d’abord comme une forme de souffrance spécifique, ce qui n’en fait pas l’équivalent de l’angoisse, bien que l’ennui, en tant qu'épreuve, soit susceptible de déclencher des mouvements d’angoisse. L’ennui, comme souffrance dans sa dimension phénoménologique, exprimait d’abord une expérience du corps singulière née de la rencontre avec le réel et les contraintes matérielles de travail. »[3]

Elle explique également que l’ennui au travail qu’il soit lié à des tâches répétitives ou encore à l’inactivité forcée est tout d’abord à comprendre comme la conséquence d’un travail inutile dans lequel la personne ne se reconnaît[3].

« Cette situation est souvent décrite au sein d’activités tertiaires se déroulant au sein du secteur public, particulièrement dans les collectivités territoriales. Cette situation est aussi souvent décrite dans les périodes de restructuration du secteur public, quand on ne peut pas licencier, que le poste demeure et qu’on attend le départ en retraite de l’agent, pour supprimer son poste. Pendant tout ce temps, l’agent touche son salaire mais demeure sans activité. »[3]

L’auteur dit ensuite que la personne étant privé de la possibilité d’apporter une contribution, privé des jugements de reconnaissance formulés par les autres, il perd l’occasion de s’engager dans son travail[3].

Le temps professionnel est décrit comme vide et interminable.

Ces salariés disent qu’on ne leur demande rien, qu’on ne leur confie rien, que leur poste est vidé de tout intérêt, que leur vie professionnelle devient insensée et que leur vie psychique en est fortement ébranlée, parfois proche de l’acédie.

L’ennui peut être généré par l’absence d’activité, voire l’inactivité forcée et la mise en impasse de l’engagement subjectif dans le travail.

Werder et Rothlin citent une étude sur le gaspillage du temps au travail, menée par AOL et salary.com en 2005[4]. L'enquête, qui porte sur 10 000 employés, montre que le travailleur moyen, sur une journée de travail de huit heures et sans prendre en compte les pauses réglementaires, gaspille 2,09 heures à accomplir des tâches sans rapport avec son emploi. La principale raison évoquée pour 33 % des personnes interrogées est l'absence de tâches attribuées.

Les auteurs de l'étude montrent que beaucoup d'entreprises répondent à ce problème (dont elles sont à l’origine) en accroissant la surveillance en premier lieu.

L'utilisation de l'Internet peut être contrôlée et l'accès à un certain nombre de sites (jeux vidéo, réseaux sociaux…) peut être bloqué... pour que les collaborateurs souffrent et craquent plus rapidement.

Cependant, les auteurs soutiennent que ces méthodes ne sont pas efficaces et qu'elles ne créent pas un bon environnement de travail.

Les employés les plus au fait de la technique peuvent contourner ces restrictions. Si l'employeur interdit l'accès à Facebook ou Hotmail, ceux des employés qui disposent de smartphones peuvent les utiliser pour envoyer leurs courriels personnels. De même, si l'employeur surveille les appels téléphoniques (selon les numéros appelés ou la durée des communications), les employés peuvent toujours utiliser leurs propres téléphones portables, à leur poste de travail comme dans les couloirs.

Stratégies[modifier | modifier le code]

Les symptômes du bore out peuvent amener les employés à adopter des stratégies, telle qu'une apparence de stress et d'activité, afin de masquer adroitement leur évitement de tout travail ennuyeux supplémentaire.

« L'objectif de l'employé atteint de bore out est de paraître occupé, malgré la parfaite connaissance du problème par les managers des victimes.

Parmi les stratégies de bore out, on trouve :

  • la stratégie de l'étirement des tâches, qui consiste à les faire durer beaucoup plus de temps que nécessaire. Par exemple, si la seule tâche pour une semaine donnée est la rédaction d'un rapport prenant normalement trois jours, l'employé étirera ces trois journées de travail sur la semaine entière. Les stratégies d'étirement sont variables de personne à personne. Certains employés rédigeront leur rapport dans les trois premiers jours, puis passeront les jours restants à naviguer sur l'Internet, à préparer leurs vacances, à acheter en ligne, à envoyer des courriels personnels, etc., tout en s'assurant que leur poste informatique de travail donne toutes les apparences d'une activité intense (fichiers professionnels prêts à être affichés à l'écran). D'autres employés agiront différemment en fragmentant leur travail sur la semaine entière, se ménageant de multiples pauses pour envoyer des courriels personnels, fumer une cigarette, boire un café, bavarder avec des collègues, voire se rendre aux toilettes pour un somme de dix minutes.
  • La stratégie de placardisation est une mise à l’écart progressive, dans un ingénieux crescendo de petites vexations quotidiennes. Le but ? Vous pousser à quitter l’entreprise de vous-même. Un phénomène qui n’épargne personne, et surtout pas les cadres : 80% des personnes victimes de cette forme de harcèlement sont en effet des managers*. Certains épisodes de la vie d’une entreprise sont particulièrement bénin à la mise au placard : le rachat par un concurrent conduisant à des doublons de postes, une restructuration importante effaçant des services entiers, un changement de direction générant un “grand ménage”, etc. Mais si la placardisation est soumise plus souvent à des logiques d’organisation, les motifs sont parfois plus personnels : mésentente avec un manager, nouveau poulain à placer ou encore désaccord au sujet de la stratégie du groupe. Alors comment s’en protéger ? Le point commun entre toutes les personnes qui subissent une mise au placard est de ne pas avoir fait de “personal branding”. Très populaire aux États-Unis, le marketing de soi consiste à se faire connaître en entreprise, à mettre en avant ses projets. Car il est plus compliqué d’écarter une personne dont tout le monde connaît le nom, qu’un illustre inconnu. Les signes avant-coureurs sont nombreux, parfois abstrait et souvent successif. Sans céder à la paranoïa au moindre doute, leur convergence doit être prise au sérieux. Le but est souvent de vous pousser à la démission en vous enlevant ce qui fait l’intérêt de votre travail.
    • Vous êtes écarté des réunions. On a “oublié” de vous convier à la réunion de service ? Vous êtes le seul à ne pas être au courant des dernières décisions de votre manager ? Vous n’êtes plus dans la boucle des mails ?
    • Vous êtes dénigré régulièrement. Votre supérieur conteste constamment vos idées ? Il vous met publiquement en porte-à-faux ?
    • On vous retire petit à petit les moyens de travailler. Personne ne vient améliorer les fonctionnalités de votre ordinateur ou mettre à jour vos logiciels ? Vous n’avez plus accès au réseau social interne, aux serveurs partagés ?
    • On vous retire des responsabilités. On “allège votre charge de travail” en vous déchargeant d’une mission importante ? On demande subitement à une personne de contrôler tous vos dossiers ?
    • Vous êtes isolé géographiquement. Le “nouveau bureau flambant neuf” que l’on vous propose se trouve être au dernier sous-sol de l’entreprise ? Ou celui qui est tout au bout du couloir, éloigné de vos collègues ou de votre équipe ? Dans les grandes entreprises, la mise au placard peut s’étaler sur plusieurs mois, voire plusieurs années. La disgrâce est alors difficile à détecter.
  • L’ennui, dans ce contexte, peut s’avérer particulièrement dangereux au regard de l’efficacité de l’activité. Il devient alors nécessaire de le combattre, en ayant recours à des activités qui mobilisent fréquemment la motricité, mais diffèrent en profondeur des « procédés autocalmants » (Fain, 1993) et de leur visée anesthésiante du fonctionnement psychique il s’agit essentiellement d’introduire des objectifs quantitatifs à atteindre, en vue d’apprécier des performances également quantitatives, à travers la mise en œuvre de dispositifs spécifiques comme l’évaluation individualisée des performances objectives, les critères de qualité totale, la flexibilité de l’emploi, la normalisation et la standardisation des différentes activités, en particulier les activités de soin. Isabelle Gernet apporte une réflexion avec le point de vue de la clinique du bore-out[5] : La clinique du bore out met également en évidence la fatigue qui résulte d’une recherche éperdue d’activité visant à contre-investir le vide, alors que souvent d’autres, dans le même temps, sont débordés.
  • Dans le magazine Psychologies, Christian Bourion donne quelques conseils destinés aux personnes qui souffrent d’ennui au travail: il est souvent difficile de changer les choses sans quitter son poste. La première étape pour limiter les risques de bore-out, c’est prendre consciences de la situation. Passer son temps à ne rien faire au bureau, emprisonne la personne dans une forme de "normalité" qui n’a rien de normal ! Prendre du recul est essentiel et salvateur. Les personnes touchées par le burn-out s’enferment dans un travail incessant, celles confrontées au bore-out s’enferment dans l’ennui. Pour une personne qui a été placardisée, hormis la démission, il n’y a malheureusement pas beaucoup d'échappatoire. Pour les autres, et notamment les jeunes, qui sont parfois employés à des postes “inutiles” au début de leur carrière, il est possible d’apprendre de cette situation. Il faut en profiter pour se développer malgré tout, sonder quelles sont ses aspirations professionnelles réelles, ce que l’on souhaite vraiment réaliser à travers son travail[6]. Cela permet, bien souvent, de mettre en place des stratégies pour faire évoluer les choses, instaurer un dialogue avec sa hiérarchie et signaler que l’on mérite mieux qu’un poste vide de sens. Pour continuer à avancer,  à  s’épanouir, il faut refuser de se laisser emmurer dans l’ennui professionnel. Si vous repérez le moindre symptôme chez l'un de vos collaborateurs, ou que l'un d'entre eux évoque le sujet de lui-même, n'hésitez pas à en discuter afin de comprendre ce qui est à l'origine du mal-être. Consulter son supérieur hiérarchique pour l'informer du problème est également indispensable.
  • Les salariés en situation de bore-out n’osent pas en parler par honte ou par peur de perdre leur emploi et par conséquent leur salaire. “La peur fait résister. Or, aujourd’hui la peur de perdre son emploi et de se retrouver au chômage est tellement présente que les salariés en oublient leur propre bien-être", constate le spécialiste. Et pourtant le seul moyen d’en sortir c’est d’en parler. Signaler sa situation à un collègue permet d’avoir le point de vue de quelqu’un d’autre et de faire réagir. L’autre personne peut faire prendre conscience au salarié en bore-out que ce qu’il subit dans l’entreprise n’est pas normal et que cela doit changer. La prise de conscience de sa propre situation permet de mettre en place des mesures pour faire changer les choses et mettre fin à l’ennui professionnel. Pour cela, il est nécessaire d’avertir sa hiérarchie de son mal-être lié à un poste sans intérêt. Dans une telle situation, susceptible d’entraîner des conséquences psychosociales graves, l’employeur se doit d’intervenir pour améliorer le bien-être de son salarié. Mais l’intervention de l’employeur doit être plus globale, notamment grâce à la prévention du bore-out en concertation avec les salariés, la médecine du travail et les représentants du personnel. Si rien n’est fait dans l’entreprise et que la situation ne s’améliore pas, il est préférable pour le salarié en bore-out de trouver un autre emploi qui répondra à ses attentes et dans lequel il se sentira bien et utile.
  • la stratégie du pseudo-investissement, qui consiste à simuler l'engagement professionnel en étant présent et assis à son bureau, parfois après les horaires[5]de travail. Ainsi, des employés démotivés peuvent prendre leur repas de midi au bureau pour donner l'impression qu'ils travaillent sans arrêt, alors qu'ils s'occupent de leurs courriels personnels ou lisent des magazines. Un employé qui consacre l'après-midi à passer des appels téléphoniques personnels peut aisément parvenir à le masquer par des dialogues au ton professionnel et sérieux.

La plupart des responsables hiérarchiques sont complices.

Symptômes et conséquences[modifier | modifier le code]

Les premiers symptômes de l'ennui au travail sont la démotivation, l'anxiété et la tristesse. Sur le long terme, va s’installer le bore-out engendrant un fort sentiment de dévalorisation de soi, qui peut se transformer en une dépression. Le bore-out peut avoir les mêmes conséquences sur la santé que le burnout, à savoir la dépression, le stress, la fatigue chronique, les troubles du sommeil, des angoisses, la boule au ventre avant d’aller au travail[7].

Le bore-out est également appelé syndrome d'épuisement professionnel par l'ennui. Celui-ci s'installe progressivement, les premiers signes sont généralement assez légers.

Les conséquences du bore out pour les employés sont nombreuses aussi bien sur le plan psychologique que sur plan physique et plus ou moins grave. Sur le plan psychologique l'ennui, l'insatisfaction et la frustration permanente entraînent peu à peu la victime de bore out dans un cercle vicieux. Celle-ci perd peu à peu la volonté d'agir au niveau professionnel et ainsi qu'au niveau personnel. À la perte d'estime de soi s'ajoute l'angoisse permanente d'être découvert. La victime de bore out vit avec la peur constante que son supérieur hiérarchique, ses collègues et même ses amis ne découvrent son inactivité et sa duplicité. Un état de tristesse constant s'empare de l'employé provoquant des crises de larmes sans raisons particulières. Les collègues s'éloignent du collaborateur (trice) concerné(e). Étant confronté en permanence au vide de sa vie professionnelle et à son inutilité dans la société, le salarié est en grande souffrance. Souffrance d'autant plus accentuée qu'elle ne peut être partagée et si elle l'est, n'est pas comprise. Ceci peut engendrer des troubles psychiques graves tels que la destruction de la personnalité, la dépression ou le suicide. Le bore out est également déclencheur de maladies physiques telles que certains types d'épilepsie générées par le stress ou l'épuisement, troubles du sommeil graves, tremblements des mains et de la voix, zona, ulcères et parfois le suicide.

Sur le plan physique, selon l'étude anglaise « Bored to death », les salariés qui s’ennuient au travail présentent deux à trois fois plus de risque d'être victime d’accidents cardiovasculaires que ceux dont l’emploi est stimulant[8]. L'angoisse permanente dans laquelle vit le salarié l'épuise physiquement. La fatigue est constante malgré l'inactivité physique. La victime de bore out peut comme pour le burnout développer des troubles du sommeil. Le bore out peut engendrer des troubles de l'alimentation tels que le grignotage intempestif ou la perte d'appétit. Certaines personnes peuvent avoir recours à l'alcool ou à la drogue pour pallier leur mal-être et ainsi développer une dépendance nocive.

Les conséquences sont également négatives pour l'employeur : charge financière, risque élevé de congé maladie, faible loyauté à l'entreprise. Le paradoxe du bore out est que, malgré le dégoût de leur situation, les employés se sentent incapables de demander des tâches plus stimulantes, de soulever le problème avec leurs supérieurs, ni même de chercher un nouveau travail. Le bore out est analogue au comportement passif-agressif en ceci que le sujet atteint oppose une attitude passive à sa situation problématique. Werder et Rothlin proposent cependant une méthode : l'analyse de la situation professionnelle, la recherche d'une solution au sein de l'entreprise, et, en dernier lieu, la recherche d'un autre emploi.

En 2018, l’entreprise Interparfums a été condamnée à payer la somme de 50 000 euros aux prud’hommes pour «licenciement nul » résultant de « l’existence d’un harcèlement moral » avec une « pratique de mise à l’écart »[9].

Tout comme le burn out, le bore out peut avoir de lourdes conséquences sur votre vie. Un ennui profond dans son travail ou une mise au placard ne sont pas faciles. Pour vous sortir de cette situation, des moyens existent. N'hésitez pas à communiquer votre mal-être à une personne de confiance comme l'un de vos collègues de travail ou votre médecin. Vous pouvez également directement en parler à votre chef d'équipe afin de résoudre votre problème. N'ayez pas peur de faire une pause ou de changer de travail si votre état de stress est vraiment trop important. Lancez-vous dans l'entreprenariat ou proposez vos services à des associations afin d'avoir d'autres occupations pour lesquelles vous portez un intérêt réel. Et l'intérim, y avez-vous pensé ? Trouver un poste en intérim vous apportera de nombreux avantages en termes de flexibilité et de rémunération. En enchaînant les missions et en changeant souvent d'environnement, vous n'allez plus vous ennuyer[6].

D’après D.Braunschweig et M.Fain (1975) “Privé de son activité psychique spontanée spolié par l’organisation scientifique du travail, le travailleur est confronté à un rétrécissement de son fonctionnement psychique et à la possibilité de fantasmer, si tant est que l’on accorde au fantasme une valeur « fonctionnelle » pour la vie psychique”.

Les travailleurs, confrontés au travail répétitif, ne se soumettent pas passivement à ces contraintes, comme le pensait à tort F.W. Taylor. Ce faisant, ils vont être conduits à élaborer des défenses en vue de lutter contre la souffrance en rapport avec l’ennui suscité par la confrontation à la monotonie[3].

Dans le cas de l’ennui au travail, et pour combattre la souffrance spécifique qui résulte de l’ennui, le sujet peut développer une activité débordante, dont le risque est paradoxalement l’épuisement.

Face à la complexité des processus psychiques mobilisés en situation de travail, le risque est alors de confondre, par méconnaissance du réel du travail, les défenses mobilisées contre la souffrance avec la souffrance elle-même[3].



Références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Bourion, Stéphane Trébucq, « Le bore-out-syndrom », Cairn.info, Revue internationale de psychosociologie,‎ , p. 376 (DOI 10.3917/rips.041.0319, lire en ligne)
  2. « Faire face à l'ennui au travail: un défi de plus pour la ministre du travail! », sur huffingtonpost.fr, (consulté le )
  3. a b c d e f g et h Isabelle Gernet, « L’ennui au travail : étape ou obstacle à la sublimation ?: », Cliniques, vol. N° 15, no 1,‎ , p. 81–93 (ISSN 2115-8177, DOI 10.3917/clini.015.0081, lire en ligne, consulté le )
  4. Wasted time at work costing companies billions — A Salary.com/AOL survey.
  5. a et b Isabelle Gernet, « L’ennui au travail : étape ou obstacle à la sublimation ? », Cliniques, vol. N° 15, no 1,‎ , p. 81–93 (ISSN 2115-8177, DOI 10.3917/clini.015.0081, lire en ligne, consulté le )
  6. a et b François Daniellou, « Quand le travail rend malade… », dans La Santé, Éditions Sciences Humaines, (lire en ligne), p. 190–196
  7. « Bore out : quand l'ennui au travail vous épuise, que faire ? », sur https://www.passeportsante.net/, (consulté le )
  8. « Le « bore-out » ou l’inemploi dans l’emploi », sur Le Monde, (consulté le ).
  9. « Premier procès du « Bore-out » : Interparfums condamné pour « harcèlement moral » », sur Le Monde, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Bourion et Stéphane Trebucq, « Le bore-out-syndrom », Revue internationale de psychosociologie 2011/41 (Vol. XVII)
  • Annie Britton et Martin J Shipley, « Bored to death? », International Journal of Epidemiology (2010) 39 (2): 370-371.
  • Olivier Berneout, Burn-out, bore-out et RPS : Sortir de l'enfer au travail, 2015, (ISBN 1517685257)
  • Christian Bourion, "LE BORE-OUT SYNDROM (Quand l'ennui au travail rend fou)", Éditions Albin MICHEL, 2016, (ISBN 978-2-226-32011-7)
  • François Baumann, "LE BORE-OUT SYNDROM (Quand l'ennui au travail rend malade) Josette Lyon, (ISBN 978-2-84319-365-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]