Superstudio

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Le collectif d'architecture italien d'avant-garde Superstudio est fondé en 1966 à Florence par Adolfo Natalini et Cristiano Toraldo di Francia. Le projet de Superstudio consiste en des concepts qui se situent à la croisée de l'architecture, du design, de l'art et de l'anthropologie. Cette aventure pousse les associés du mouvement a tenter des approches de réflexion sur les façons d'habiter le monde transformé en tenant compte de différents critères et notamment les évolutions techniques[1]. Ce groupe d’architectes, nourris de la contre-culture et de Marx, et de l’écologie avant l'heure, revendiquaient une pratique conceptuelle et iconoclaste de l’architecture[2] qui tentaient de trouver des réponses aux questions existentielles de l’urbanisation galopante ainsi qu'à la société de consommation naissante[3].

En 1967, Natalini établit trois catégories de recherche future : l'« architecture du monument », l'« architecture de l'image » et l'« architecture technomorphique ». Beaucoup de leurs projets furent publiés dans le magazine Casabella, allant de la fiction à la séquence illustrée ou aux photomontages[4]. Le travail de l'agence eut un impact prépondérant dans l'évolution du Design radical.

Superstudio n’a jamais rien construit, sauf des meubles « encombrants ». Un refus de produire que le chercheur en histoire de l’art Ross K. Elfline, dans l’article « Superstudio and the “Refusal to Work” » (revue Design and Culture, 8:1, 2016), a proposé de relier à l’« opéraïsme » et au « refus du travail » de Toni Negri[5].

Natalini écrivait en 1971 : « ...si le design est plutôt une incitation à consommer, alors nous devons rejeter le design ; si l'architecture sert plutôt à codifier le modèle bourgeois de société et de propriété, alors nous devons rejeter l'architecture ; si l'architecture et l'urbanisme sont plutôt la formalisation des divisions sociales injustes actuelles, alors nous devons rejeter l'urbanisation et ses villes... jusqu'à ce que tout acte de design ait pour but de rencontrer les besoins primordiaux. D'ici là, le design doit disparaître. Nous pouvons vivre sans architecture. »[6].

Officiellement le collectif s’est dissous en 1982[2]. Après cette expérience, les deux architectes ont fait des choix de carrière différents. Ils se sont retrouvés grâce aux expositions organisées comme la rétrospective « Superstudio 50 » présentée au MAXXI de Rome en 2016 et à la Power Art Station de Shanghai en 2018[7].

Projet[modifier | modifier le code]

Le monument continu : un modèle architectural pour une urbanisation totale, 1969-1971

Les douze villes idéales, 1971

Supersuperficie, 1971

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. dieter, « Superstudio Migrazioni », sur C.I.II.III.IV.A, (consulté le )
  2. a et b « Superstudio, le monde envahi d’une grille unique », La Libre,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. « L’architecture fictionnelle des radicaux de Superstudio s’expose à Bruxelles », sur Télérama (consulté le )
  4. (en-US) « SUPERSTUDIO, 1969 : Le monument continu : un modèle architectural pour une urbanisation totale. | TRAAC.INFO » (consulté le )
  5. Ross K. Elfline, « Superstudio and the “Refusal to Work” », Design and Culture, vol. 8, no 1,‎ , p. 55–77 (ISSN 1754-7075, DOI 10.1080/17547075.2016.1142343, lire en ligne, consulté le ).
  6. (en) Cindy Hinant, « Grids Next Door », Gnome, vol. 1 Winter, no 1,‎ , p. 48.
  7. (it) « Adieu à l’architecte Adolfo Natalini fondateur de Superstudio | Floornature », sur Floornature.com (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]