Archigram

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Archigram, association des termes architecture et télégramme, est à la base une revue d’architecture avant-gardiste britannique des années 1960. La revue, dont 9 numéros sortiront de 1961 à 1974, est initiée par six architectes, Peter Cook, David Greene, Mike Webb, Ron Herron, Warren Chalk et Dennis Crompton[1].

Le collectif dominera l’architecture radicale des décennies 1960 et 1970. Influencé par les utopies urbaines de la première moitié du XXe siècle, il cherche à renouveler l’architecture et l’urbanisme[2].

La forte iconographie d'Archigram puise dans la science-fiction et la BD, ouvrant ainsi l'architecture et les concepts environnementaux à la culture pop naissante[1].

Concepts[modifier | modifier le code]

Ce mouvement est anglais. Il développe une architecture sans fondation, purement théorique, et se concrétise principalement par la parution d’une revue d’architecture[3]. Celle-ci sert de média, entre 1961 et 1974, à un jeune groupe d’architectes[4] : Peter Cook[5] (1936), Ron Herron (1930 - 1994), David Greene[6] (1937), Warren Chalk (1927-1988), Dennis Crompton (1935), Mick Webb (1937). Leur principale inspiration vient d’un projet de décor de film de Cedric Price, Fun Palace, 1960-1961 [réf. souhaitée] .

Ce sont les premiers, après les brutalistes, à réagir à l’ère de la consommation [réf. souhaitée] . Effectivement, l’effervescence du Pop Art, qui s’approprie la culture populaire, les mass médias, l’univers électronique et informatique ainsi que la conquête spatiale, se répercute dans les projets d’Archigram. L’habitat devient – comme les concepts appliqués à la ville – jetable, ludique, consommable, éphémère, préfabriqué et évolutif ; leurs projets urbains combinent réseaux, câbles, structures gonflables, mobile home, drive-in, informatique, robotique et reflètent la société de consommation hyper-technologique qui se développe. Ils prétendent également revenir aux fondements de l'architecture moderne (deuxième partie du XXe siècle) et remettent la vie au cœur de la cité. Pour eux, ce qui fait une ville c’est avant tout les gens et leurs inter-relations. Ils y associent comme les Situationnistes ou les Métabolistes les principes d’indétermination et de mobilité et reprennent à leur compte les mégastructures mais avec une vision poétique, ironique ou provocatrice. Ils développent ainsi l’idée d’une circulation dans laquelle vient se greffer des cellules. Celles-ci se « pluguent », se branchent les unes aux autres. La ville est itinérante et elle suit les flux de l’événement et de la circulation de l’information.

Le travail d'Archigram avait une orientation futuriste influencée par l'œuvre d'Antonio Sant'Elia, les recherches de Buckminster Fuller, ou encore, plus près d'eux, celles d'Yona Friedman ou de Constant Nieuwenhuis [réf. souhaitée] . Une autre source d'inspiration majeure fut le mouvement Pop art, dont ils reprirent les couleurs acidulées, l'ironie désarmante, l'intérêt pour la culture populaire et banalisée, en rapport avec la société de consommation. [réf. souhaitée]
Leur travail fut en retour une source d'inspiration pour le mouvement high-tech, notamment le centre Pompidou (1977) de Piano et Rogers, ainsi que le travail de Norman Foster, Gianfranco Franchini, ou même encore maintenant avec certaines réalisations de Future Systems.

Les revues Archigram[modifier | modifier le code]

  • Archigram 1, 1961, format A3.
  • Archigram 2, 1962. Ce projet est plus évocateur et moins architecturé. L’esthétique s’inspire de l’accumulation d’éléments et les programmes d’Apollo sont la principale influence. L’unité de vie devient la capsule.
  • Archigram 3, 1963. Les principaux concepts développés sont : l’obsolescence, le consumable planifié, le produit jetable, la durée de vie limitée.
  • Archigram 4, 1963, présenté sous forme de « comics ». Ce numéro est charnière dans le mouvement.
  • Archigram 5, 1964. Les villes sont-elles encore nécessaires ?
  • Archigram 6, 1965.
  • Archigram 7, 1967.
  • Archigram 8, 1968. Ils définissent ici, huit concepts :
1 - la notion de métamorphose
2 - la notion de nomade
3 - la notion de goodies ; de confort
4 et 5 - la notion d’opposition entre hard/soft
6 - la notion d’émancipation
7 et 8 - la notion d’échange et de réponse.
  • Archigram 9, 1970.
  • Archigram 9 ½, 1974. Ce 9 ½ signifie que le mouvement ne sera jamais achevé même si celui-ci ne publie plus rien.

Principaux travaux[modifier | modifier le code]

  • Sin Center, 1961, Mike Webb.
  • Living City et City interchangeable, 1963, Warren Chalk et Ron Herron. Idée de prolifération, de schématisation en 3D des neurones et du cerveau. L’accent est mis sur la complexité des connexions et des réseaux.
  • Plug-in City, (1964) de Peter Cook. La ville devient un organisme.
  • Walking City, 1965, Ron Herron. Ce projet est quasiment l’antithèse des projets d’Archigram basés sur des mégastructures urbaines. Ce sont des villes zoomorphiques nomades qui se déplacent et s’interconnectent.
  • Instant City, 1968, Peter Cook. Projet d’une ville nomade, qui se déplace, élément par élément, héliporté par des dirigeables ou des montgolfières. Instant City, se pose sur une ville déjà existante. Ville-réseau ou premier village global, elle n'est plus assujettie à une logique de localisation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marion Michaut, « Archigram », sur fresques.ina.fr, (consulté le 25 janvier 2018)
  2. Alexandre Boza, « Une nouvelle pensée de l'urbanisme : Archigram », sur fresques.ina.fr, (consulté le 25 janvier 2018)
  3. [1]
  4. centre pompidou virtuel
  5. notice du frac centre|
  6. notice du frac centre|

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dance with Archigram, catalogue de l'exposition de Séoul de 2003.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]