Sophie-Louise de Mecklembourg-Schwerin

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Sophie-Louise de Mecklembourg-Schwerin
Sophie-Louise de Mecklembourg-Schwerin (vers 1710).
Sophie-Louise de Mecklembourg-Schwerin (vers 1710).
Titre
Reine consort de Prusse et électrice consort de Brandebourg

(4 ans, 2 mois et 28 jours)
Prédécesseur Sophie-Charlotte de Hanovre
Successeur Sophie-Dorothée de Hanovre
Biographie
Dynastie Maison de Mecklembourg
Date de naissance
Lieu de naissance Grabow
Date de décès (à 50 ans)
Lieu de décès Schwerin (Mecklembourg-Schwerin)
Père Frédéric de Mecklembourg-Grabow
Mère Christine-Wilhelmine de Hesse-Hombourg
Conjoint Frédéric Ier de Prusse

Sophie-Louise de Mecklembourg-Schwerin, née le à Grabow et décédée le à Schwerin, fut la seconde reine consort de Prusse.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'ombre de l'enfance[modifier | modifier le code]

Frédéric-Guillaume, duc de Mecklembourg-Schwerin, frère tuteur et protecteur de Sophie-Louise

Petite-fille du duc Adolphe-Frédéric Ier de Mecklembourg-Schwerin, le duchesse Sophie-Louise est le quatrième enfant et unique fille de Frédéric de Mecklembourg-Grabow et de Christine Wilhelmine de Hesse-Hombourg (en) (1653-1722).

Orpheline de père à l'âge de trois ans, elle vécut sous la tutelle de son frère aîné, le duc Frédéric-Guillaume de Mecklembourg-Schwerin (1675-1713), qui accéda au trône à l'âge de 17 ans à la mort de leur oncle Christian-Louis Ier de Mecklembourg-Schwerin en 1692. La duchesse Sophie-Louise avait alors sept ans.

Son enfance fut confrontée aux violentes querelles de succession qui opposèrent son frère à leur oncle le duc Adolphe-Frédéric de Mecklembourg-Strelitz à l'extinction de la lignée Mecklembourg-Güstrow.

Seule fille dans ce monde d'hommes, la jeune duchesse vécut dans l'ombre, recevant l'éducation princière d'une jeune fille de son rang mais limitée aux nécessaires connaissances du français et de la musique et marquée par un luthéranisme intransigeant. Cependant, sa beauté la fit surnommer la « Vénus du Mecklembourg. »

L'ombre de la reine morte[modifier | modifier le code]

Frédéric Ier, roi de Prusse

Veuf pour la seconde fois en 1705 et n'ayant qu'un seul fils, le roi Frédéric Ier de Prusse, sur les conseils de son tout puissant ministre le comte Johann Kasimir Kolbe von Wartenberg, chercha à se remarier afin de consolider sa dynastie. Le choix se fixa sur Sophie-Louise et le monarque quinquagénaire et malade épousa à Berlin en 1708 la jeune princesse de 23 ans.

La jeune souveraine, très belle mais sérieuse et introvertie, n'était pas prête à affronter la vie et les intrigues de la cour de Berlin. Peu cultivée, elle vécut dans l'ombre de sa prestigieuse devancière, la feue reine Sophie-Charlotte de Hanovre, surnommée la « reine philosophe » qui correspondait avec l'Europe entière.

L'empreinte de la reine défunte affectait non seulement l'Europe et la cour mais la famille royale elle-même. En arrivant à Berlin, Sophie-Louise n'eût pas seulement à faire connaissance avec un mari qui avait l'âge d'être son père mais aussi son beau-fils, héritier du trône que son mari avait eu de son second mariage avec la défunte Sophie-Charlotte, et l'épouse de celui-ci, une princesse de Hanovre, nièce de la défunte Sophie-Charlotte .

L'ombre de la stérilité[modifier | modifier le code]

Son beau-fils et sa belle-fille ne cherchèrent pas à créer des liens avec cette jeune belle-mère qui avait leur âge et qui devait se sentir bien seule dans cette cour étrangère.

Le prince héritier était un rustre sans culture, uniquement occupé de son armée, ses chasses et son tabac. Violent jusqu'à l'hystérie, ses premières victimes étaient sa femme et ses enfants qui naissaient à période rapprochée tandis que Sophie-Louise espérait en vain apercevoir les signes d'une première grossesse.

Le mariage resta stérile.

L'ombre de Luther[modifier | modifier le code]

Tabagie à la cour de Prusse (au centre le roi et la reine)

Très pieuse, la reine fit édifier en 1712 à Berlin l'église qui porte son nom : Sophienkirche.

Elle essaya même mais en vain de convertir son vieil époux calviniste au luthéranisme. Cette maladresse lui valut les foudres de son mari.

L'ombre du roi[modifier | modifier le code]

Vaincue, elle se résigna au rôle silencieux de garde-malade d'un époux vieillissant supportant même de l'assister pendant ses inévitables soirées de tabagie où la jeune reine était la seule femme au sein d'une ambiance typiquement masculine, enfumée et rustique.

L'ombre de la Dame blanche[modifier | modifier le code]

Luthérienne convaincue dans une cour calviniste, réputée stérile, maladroite, timide, la jeune reine devint l'objet de la haine de la cour, trouvant sa plus virulente ennemie en l'épouse du ministre qui l'avait choisie pour reine, la comtesse Kolbe von Wartenberg - qui était également la maîtresse du roi.

La reine Sophie-Louise

Elle souffrit de dépression, se réfugia dans le Piétisme et peu à peu sombra dans la folie, effrayant le vieux roi en se prétendant la « Dame blanche » et lui prédisant sa mort.

En janvier 1713, le roi se résolut à se séparer de son épouse. Il la fit interner dans le château de Perwenitz. Il mourut quelques semaines plus tard laissant le trône au fils qu'il avait eu de Sophie-Charlotte de Hanovre : Frédéric-Guillaume Ier.

L'ombre de la mort[modifier | modifier le code]

Celui-ci, sans souci des personnes, mit immédiatement en œuvre une politique d'économie et d'austérité. Il renvoya sans ménagement la jeune reine-douairière dans son pays d'origine.

Le frère de la reine-douairière lui offrit pour résidence le palais de Grabow où elle était née. Plus tard, elle eut pour résidence le château de Neustadt-Glewe puis celui de Schwerin.

Elle mourut à Schwerin vingt-deux ans après son mari le 29 juillet 1735 à l'âge de 50 ans. Sa dépouille fut inhumée dans l'église Saint-Nicolas de Schwerin.

Sources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Cet article est librement inspiré des articles Sophie-Luise von Mecklenburg-Schwerin du Wikipédia en allemand et Sophia Louisa of Mecklemburg-Schwerin du Wikipédia en anglais lesquels s'inspirent notamment de :

Biographie der königin Sophie Luise (auf preussen.de)