Sophie-Charlotte de Hanovre

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Sophie-Charlotte de Hanovre
Illustration.
Sophie-Charlotte de Hanovre.
Fonctions
Duchesse puis reine consort de Prusse, électrice consort de Brandebourg et princesse consort de Neuchâtel

(16 ans, 9 mois et 3 jours)
Prédécesseur Sophie-Dorothée de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg
Successeur Sophie-Louise de Mecklembourg-Schwerin
Biographie
Dynastie Maison de Hanovre
Date de naissance
Lieu de naissance Bad Iburg
Date de décès (à 36 ans)
Lieu de décès Hanovre (Calenberg)
Sépulture Cathédrale de Berlin
Père Ernest-Auguste de Hanovre
Mère Sophie de Hanovre
Conjoint Frédéric Ier de Prusse
Enfants Frédéric-Guillaume
Frederic de Brandebourg en manteau royal (vers 1701)
Le palais de l’Électrice à Lützow

Sophie-Charlotte de Hanovre, née le à Bad Iburg et morte à Hanovre le , est la première reine de Prusse en 1701, suite à son mariage avec Frédéric de Brandebourg en 1679.

Famille[modifier | modifier le code]

Sophie-Charlotte de Hanovre est la fille de Sophie de Palatinat et d'Ernest-Auguste de Brunswick, évêque luthérien d'Osnabrück, duc de Brunswick (1679) puis prince-électeur de Hanovre (1692). Elle est la filleule de sa cousine germaine, la duchesse d'Orléans belle-sœur du Roi-Soleil Louis XIV, l'infatigable épistolière qui a été élevée en partie par la mère de Sophie-Charlotte.

Sophie-Charlotte est le quatrième enfant du couple et l'unique fille d'une fratrie de sept enfants. Elle a trois frères aînés et trois frères cadets. Ses proches la surnomment affectueusement "Figuelotte".

À la suite de l'Acte d'établissement promulgué par le roi Guillaume III d'Angleterre qui exclue les catholiques de la succession au trône Britannique, le frère aîné de Sophie-Charlotte devient le roi Georges Ier de Grande-Bretagne en 1714. Il est l'ancêtre des souverains britanniques actuels.

Une mère très politique[modifier | modifier le code]

Intelligente et non dénuée d'ambition, la duchesse Sophie de Hanovre mène sa fille en France visiter sa marraine qui demeure à la cour de Versailles, officiellement pour voir les jardins du château. Officieusement, la duchesse espère marier sa toute jeune fille au dauphin Louis, héritier du trône.

Nonobstant le très bon accueil que les deux princesses hanovriennes, proches parentes de la belle-sœur du roi reçoivent, l'alliance n'est pas jugée suffisamment brillante pour un futur roi de France et n'aurait apporté aucun profit politique au royaume. Le père de la "jeune fille" (elle n'a que 10 ans) n'est même pas Électeur à l'Empire.

Le roi Louis XIV de France montre clairement ses intentions en faisant asseoir les princesses hanovriennes non sur des fauteuils mais sur des chaises. Un message que la cour et les diplomates du temps comprirent fort bien.

Finalement, Sophie-Charlotte, âgée de 15 ans, épouse le l'électeur de Brandebourg Frédéric III, 27 ans, veuf d'Élisabeth-Henriette de Hesse-Cassel dont il a une fille née en 1680.

Ils ont deux enfants :

  • Frédéric (1685-1686)

Comme la plupart des unions dynastiques, ce mariage n'est pas particulièrement heureux mais l’Électeur laisse à sa femme, qu'il respecte et en qui il a confiance, une grande liberté ce qui fait jaser et on prête faussement des amants à cette jeune, jolie et intelligente jeune femme.

En 1696 Sophie-Charlotte reçoit de son mari la terre de Lützow ce qui est une preuve éclatante de la confiance que l'électeur porte à sa femme. Elle y fait bâtir un château où elle reçoit les écrivains et les artistes de son temps.

En 1692, le père de Sophie-Charlotte est élevé à la dignité d'électeur du Saint-Empire romain germanique en remerciement de ses services par l'empereur Léopold Ier.

La reine-philosophe[modifier | modifier le code]

Le grand philosophie Leibniz, ami et correspondant de l'électrice
Sophie Charlotte reine "en" Prusse
Sarcophage de Sophie-Charlotte de Hanovre au Berliner Dom.

Élevée par une mère intelligente qui lisait Rabelais et admirait Montaigne, Sophie-Charlotte a reçu la même éducation que ses frères ce qui est très original pour l'époque. Aussi a-elle la réputation d'être une princesse très cultivée. Polyglotte, elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien. Musicienne, elle joue du clavecin et œuvre en faveur de l'opéra italien à la cour de Berlin, ce qui n'est pas rien dans ce royaume du nord fortement marqué par le protestantisme.

Comme sa mère également, elle est une correspondante assidue et une amie proche de Leibniz qu'elle reçoit à Lützow. Elle est surnommée la Reine-Philosophe.

Reine malgré elle[modifier | modifier le code]

En 1701, la loi anglaise fait de sa mère septuagénaire l'héritière de la couronne britannique.

La même année, le , son mari se proclame roi en Prusse (la Prusse ne se situant pas dans l'empire et étant dégagée des liens de vassalité qui la lie à la Pologne). Cette proclamation fait rire l'Europe et déplait à son épouse. A l'ambassadeur du nouveau roi, Louis XIV réplique qu'en cette occasion il préférait donner raison à "madame l’Électrice" plutôt qu'à "Monsieur l’Électeur". Nonobstant les railleries de ses pairs, Frédéric Ier franchit la première étape qui mènera les Hohenzollern à la domination de l'espace germanique au siècle suivant. Sophie-Charlotte est couronnée en même temps que son mari à Königsberg.

L’Électrice devenue reine meurt quatre ans plus tard à l'âge de 36 ans, pendant une visite qu'elle rendait à sa mère.

Frédéric Ier, en hommage à cette épouse qu'il estimait, rebaptise son palais de Lützow en Charlottenbourg.

Sophie-Charlotte est la grand-mère de Frédéric II de Prusse.

Hommage[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]