Société commerciale de l'Ouest africain

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La Société commerciale de l'Ouest africain (SCOA) est une entreprise commerciale française active aux XIXe et XXe siècles, qui opérait dans les pays d'Afrique de l'Ouest dans le contexte de la colonisation française.

Histoire[modifier | modifier le code]

La SCOA est créée par deux commerçants suisses associés, Hans O. Ryff et Wilhem F. Roth qui installent dès 1898 quelques factoreries dans la colonie anglaise de Sierra-Leone (dont la factorerie de Bonthe dans le district de Sherbro) et en Guinée française dont la première factorerie est celle de Dubreka. Ryff, Roth et Cie se transforme en société anonyme, société au capital de 3 millions de francs. La SCOA est constituée le 4 avril 1907. Les 2 comptoirs et 7 factoreries exploités en 1907 vont essaimer dans toute l'Afrique occidentale au Sénégal, Guinée portugaise, Guinée française, Soudan, Haute-Volta, Sierra-Leone, Côte d'Ivoire, Togo, Dahomey, Nigeria.

La SCOA vend dans ses comptoirs d'Afrique tous les objets de fabrication européenne consommés par la population ou par les colons. Elle importe en Europe les produits agricoles et les matières premières issus du sol africain : arachides (Sénégal), huile et amandes de palme (régions de la côte), cacao (Gold Coast - ancien Ghana- et Côte d'Ivoire), peaux de bœuf, de moutons et de chèvres, caoutchouc, gomme copale (Guinée et Soudan), coton (Togo, Côte d'Ivoire, Niger) nécessaires à l'industrie et au commerce. En 1927, la SCOA dispose de 23 comptoirs principaux et de 200 factoreries. En 1940 elle dispose de 250 comptoirs.

Son principal concurrent est la Compagnie française de l'Afrique occidentale (actuelle CFAO).

Le 22 janvier 1921, le Tribunal des conflits rend à propos de la SCOA un arrêt devenu par la suite notable sous le nom d'arrêt « Bac d'Eloka » ou « Société commerciale de l'Ouest africain », par lequel il estime qu'un service entier de l'administration peut travailler dans les mêmes conditions qu'une entreprise privée, décision qui est à l'origine de la notion de service public industriel et commercial[1].

La SCOA a été dissoute en 1998[2].

Madame Danielle LEROY (née DESVEAUD) en a été la Secrétaire générale de 1973 à 1976.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêt Société commerciale de l'Ouest africain, sur Lexinter. Page consultée le 8 mai 2013.
  2. Fiche du Fonds de documents concernant la Société Commerciale de l'Ouest Africain sur le site du Centre national pour la numérisation de sources visuelles du CNRS. Page consultée le 8 mai 2013.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1907-1927 Société commerciale de l'Ouest Africain. Brochure éditée à l'occasion des 20 ans de la Société. 72 pages. Imprimerie Lafayette, 1927.
  • Elsa Assidon, Le commerce captif. Les sociétés commerciales françaises de l'Afrique noire, L'Harmattan, Paris, 190 p. [CFAO, SCOA et OPTORG]
  • Dominique Barjot, Jacques Frémaux, Les sociétés coloniales à l'âge des empires, des années 1850 aux années 1950. Sedes, 2012.
  • Hubert Bonin, « Les maisons de négoce françaises (SCOA, CFAO) en Afrique anglaise puis anglophone », in Hubert Bonin et Michel Cahen (dir.), Négoce blanc en Afrique noire. L'évolution du commerce à longue distance en Afrique noire du 18e au 20e siècles, Société française d'histoire d'outre-mer, Alterna, Paris, 2001, 422 p.
  • Philippe Lemarchand, L'Afrique et l'Europe : Atlas du XXè siècle. Editions Complexe, 1994. p.94.
  • Catherine Coquery-Vidrovitch, « L'impact des intérêts coloniaux : SCOA et CFAO dans l'ouest africain, - », The Journal of African History, vol. 16, no 4,‎ , p. 595-621 (DOI 10.1017/S0021853700014572, JSTOR 180499).
  • Marina ANCA, Le safari du papillon au Nigeria Périples entre indigence et abondance, edition l'Harmattan 2017, p. 161 ; 197 ; 214

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]