Situations II

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Situations II
Auteur Jean-Paul Sartre
Pays Drapeau de la France France
Genre Essai
Éditeur Gallimard
Collection Blanche
Lieu de parution Paris
Date de parution 1948/ nouvelle édition refondue 2012
Nombre de pages 230
ISBN 2-07-076880-5
Chronologie

Situations II est un recueil d'articles de Jean-Paul Sartre publié en 1948 et réédité dans une édition revue et augmentée par Arlette Elkaim-Sartre en 2012.

Arlette Elkaim-Sartre a entrepris, depuis 2010, une nouvelle édition des Situations afin de publier dans l'ordre chronologique les textes de Sartre dont certains ne figuraient pas dans les Situations. Situations II a désormais pour sous-titre septembre 1944 - décembre 1946. C'est pour cette raison que Qu'est-ce que la littérature ? publié en 1947 ne figure plus dans ce volume II des Situations.

Ce volume contient cependant des articles auparavant difficiles à trouver: les articles que Sartre a rédigé pour Combat et Le Figaro en 1945. Sur l'invitation d'Albert Camus, Sartre se rend aux États-Unis avec un groupe de journalistes français. Il y écrit alors des articles sur la condition ouvrière dans le pays ainsi que sur le racisme dont sont victimes les Noirs. Avec Réflexions sur la question juive, ces articles sur "le problème noir aux États-Unis" montrent que Sartre s'engage désormais aux côtés des minorités. Ce volume contient également "La République du silence"

Les articles[modifier | modifier le code]

La République du silence[modifier | modifier le code]

Ce célèbre texte, publié dans Les Lettres françaises en septembre 1944, s'ouvre par cette non moins célèbre phrase de Sartre : "Jamais nous n'avons été plus libres que sous l'occupation allemande[1]."

Cette phrase délibérément paradoxale renvoie à la définition sartrienne de la liberté, longuement développée dans L'Être et le Néant publié en 1943 : durant l'occupation les libertés politiques avaient disparu, mais la liberté de réfléchir et de choisir sa position demeurait[2].

Pour Sartre la liberté est liée à l'engagement. Par son horreur, l'occupation obligeait toute personne à prendre parti, et il y avait là une urgence : "La cruauté même de l'ennemi nous poussait jusqu'aux extrémités de notre condition en nous contraignant à nous poser ces questions qu'on élude dans la paix[3]."

La liberté est aussi liée chez Sartre à la responsabilité, et durant la guerre, davantage qu'en temps de paix, chaque acte, chaque choix est déterminant et peut avoir des conséquences personnelles comme sociales graves, les unes étant à mettre en balance avec les autres. C'est aussi dans cette responsabilité que se découvrait la liberté : "Cette responsabilité totale dans la solitude totale, n'est-ce pas le dévoilement même de notre liberté[3]?"

Ce texte fait aussi l'apologie de la Résistance pour son esprit de fraternité : "Il n'est pas d'armée au monde où l'on trouve pareille égalité de risque pour le soldat et le généralissime. Et c'est pourquoi la Résistance fut une démocratie véritable : pour le soldat comme pour le chef, même danger, même responsabilité, même absolue liberté dans la discipline[4]." Cette vision de la Résistance annonce le groupe en fusion que Sartre théorisera dans la Critique de la raison dialectique.

Enfin, dans cette véritable république où tous sont égaux et libres car menacés, la liberté est nécessairement réciproque : "[...] en se choisissant lui-même dans sa liberté, [il] choisissait la liberté de tous[4]."

« Reportages aux États-Unis »[modifier | modifier le code]

« Retour des États-Unis »[modifier | modifier le code]

I. Ce que j'ai appris du problème noir

II. Le problème noir aux États-Unis

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Sartre, Situations II, Gallimard, Paris, 2012, [1946], p. 11. Sauf indication, les notes font référence à cette édition.
  2. l'instruction populaire empêchait par ailleurs que fût altérée tout de suite la liberté philosophique
  3. a et b Jean-Paul Sartre, Situations II, p. 12
  4. a et b Jean-Paul Sartre, Situations II, p. 13