Gudō Wafu Nishijima

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Gudō Wafu Nishijima

Nishijima Kazuo, en religion Gudō Wafu Nishijima (西嶋愚道和夫, Nishijima Gudō Wafu?) né le à Yokohama, et mort le [1], est un bonze et enseignant bouddhiste zen japonais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Très jeune, il découvre dans la pratique de l'athlétisme son premier aperçu de l'importance de l'équilibre intérieur. À 16 ans, il découvre le Shōbōgenzō de Dōgen, et s'étonne de ne pouvoir comprendre un livre pourtant écrit en japonais. En , à l'âge de 21 ans, il participe à une première retraite au temple de Daichūji sous la direction du maître zen Kodo Sawaki (Sawaki Kōdō) (1888-1965), dont il suivra les enseignements jusqu'à la mort de ce dernier.

Peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Nishijima sort diplômé de l'école de droit de l'Université de Tokyo et entreprend une carrière dans les finances. Maître Sawaki décédé, il décide, suivant la tradition zen, de se trouver un maître d'apprentissage qui lui confèrerait l'ordination. Il choisit donc un de ses aînés, condisciple de son lycée de Shizuoka 14 ans auparavant, Zuigaku Renpō Niwa Zenji qui sera par la suite le supérieur général de l'école Sōtō et le soixante-dix septième abbé du monastère d'Eihei-ji. Quatre ans plus tard, Niwa lui transmit le shiho, le reconnaissant ainsi formellement comme un de ses successeurs. Nishijima poursuivit sa carrière professionnelle jusqu'en 1979.

Au cours des années 1960, Nishijima commença à donner régulièrement des conférences publiques sur le bouddhisme et la méditation zen. À partir des années 1980, il a donné des conférences en anglais et s'est ainsi attaché un certain nombre d'étudiants étrangers, dont l'américain Brad Warner. Une partie de ses étudiants se regroupent dans le Dogen Sangha. Notons aussi l'enseignant et auteur français Eric Rommeluère à qui Nishijima a voulu transmettre le shiho en 2001, considérant, sur la base de leurs échanges à propos du Shōbōgenzō, qu'il était un digne successeur de son Dharma.

À sa retraite, il reprend du service en rétablissant une entreprise de cosmétiques, Ida Ryōgokudō, qui pour le remercier, lui fournit un immeuble où établir un dojo, à Ichikawa, banlieue de Tōkyō. C'est de là que, pendant plusieurs années jusqu'à la fermeture du dojo en 2005, il poursuivra la diffusion de son enseignement, qui repose sur deux aspects essentiels: l'interprétation du Shōbōgenzō, et l'équilibre du système nerveux autonome, induit par la pratique de zazen.

Nishijima est l'auteur de plusieurs livres en japonais et en anglais. Son grand œuvre reste cependant sa traduction en 13 volumes, en japonais moderne du Kana Shōbōgenzō en 95 fascicules de maître Dōgen, avec ses commentaires. Sur la base de cette dernière, et en collaboration avec son élève anglais Mike Cross, il a également publié en anglais une version souvent considérée comme la plus exacte et fidèle qui soit de cet ouvrage. Depuis , il travaillait à une traduction anglaise de Versets fondamentaux de la Voie du Milieu de Nāgārjuna (Mūlamadhyamakakārikā).

Trois philosophies et une réalité[modifier | modifier le code]

À partir de son étude du Shōbōgenzō, Nishijima a développé une théorie appelée « trois philosophies et une réalité », qui présente son interprétation spécifique des Quatre Nobles Vérités, tout en expliquant la structure de l'œuvre de Dōgen. Selon Nishijima, Dōgen a soigneusement construit son Shōbōgenzō sur une structure quadripartite, où chaque problème est décrit selon quatre différentes perspectives. La première est « idéaliste, abstraite, spirituelle et subjective »; Nishijima dit qu'il s'agit là de l'interprétation correcte de la Première Noble Vérité, (généralement appelée dukkha). La seconde perspective est « concrète, matérialiste, scientifique et objective » (généralement appelée samudaya). La troisième perspective est décrite comme intégration des deux premières, ce qui produit une synthèse « réaliste "; (généralement appelée nirodha). La quatrième perspective est la réalité elle-même, dont Nishijima soutient qu'elle ne peut être décrite ni philosophiquement ni en mots, mais que Dōgen tente de suggérer par la poésie et le symbolisme. Dans le bouddhisme, on parle généralement pour la Quatrième Vérité, de Noble Octuple Sentier.[1]

Le Shōbōgenzō[modifier | modifier le code]

Dans son œuvre, maître Dōgen traite de l'herméneutique du temps, mentionne les « innombrables expansions et contractions de l'Univers », la structure atomique des choses, mais surtout le fait que « avant d'étudier, les montagnes ne sont que des montagnes, et les fleuves que des fleuves. Après avoir commencé à étudier, les montagnes ne sont plus des montagnes et les fleuves ne sont plus des fleuves » (c'est-à-dire qu'ils tendent à se réduire aux éléments qui les constituent et les font exister). « Une fois l'étude complétée, les montagnes sont à nouveau des montagnes, et les fleuves à nouveau des fleuves » (C'est-à-dire qu'ils ne se réduisent pas à une somme d'éléments). (Genjō kōan).

L'équilibre du système nerveux[modifier | modifier le code]

Quant au système nerveux autonome, c'est sa curiosité pour l'aspect éminemment pratique du bouddhisme qui l'a amené à s'interroger sur cet aspect des choses. En bref, lorsque le système nerveux sympathique, qui conditionne les réactions d'agressivité, et le système nerveux parasympathique, qui conditionne les réactions de fuite et de passivité, sont en équilibre, nous fonctionnons alors à notre optimum. C'est cet état que l'on retrouve chez les musiciens, les peintres et autres artistes, ainsi que chez les sportifs de haut niveau, lorsqu'ils sont à leur meilleur. C'est cet état qui est celui de zazen.

Livres en anglais[modifier | modifier le code]

  • How to Practice Zazen (1976), avec Joe Langdon
  • To Meet the Real Dragon: Seeking the Truth in a World of Chaos (1992), avec Jeffrey Bailey (Windbell Publications)
  • A Heart to Heart Chat on Buddhism with Old Master Gudo (2004), avec James Cohen

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • Face au vrai dragon (2006), avec Jeffrey Bailey, traduction de Michel Proulx.
  • Divers textes en téléchargement sur le site du Dogen Sangha

Source[modifier | modifier le code]

Notes et Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  • Introducing Master Gudo Wafu Nishijima. Dogen Sangha. 12 mars 2005.
  • Nishijima Gudo Wafu (1987). essays/three philosophies.pdf Introducing Master Gudo Wafu Nishijima (pdf). Windbell Publications, Tokyo. 12 mars 2005.

Références[modifier | modifier le code]

Autres lectures[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]