Sergueï Chtemenko

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Sergueï Chtemenko
Sergey Shtemenko 1.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 69 ans)
MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Allégeance
Formation
Académie militaire Frounzé (jusqu'en )
Académie militaire de l'État major des forces armées de la Fédération de Russie (en) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Soldat, militaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Grade militaire
Général d'armée (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflit
Distinctions

Sergeï Matveïevitch Chtemenko (Сергей Матвеевич Штеменко), né le [1] et mort le , est un général soviétique qui a exercé des fonctions au sein de l'État-Major général de l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de devenir le chef de l'État-Major général de l'Armée soviétique de 1948 à 1952.

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Né dans le bourg cosaque d'Ouriupinskaia, dans le Sud de la Russie, sous le nom « Chtemenkov », sa mère change son nom en « Chtemenko », dans le style ukrainien. Sergeï Matveïevitch s'engage dans l'Armée rouge en 1926, puis rejoint le Parti communiste en 1930. Servant d'abord dans l'artillerie anti-aérienne, il est ensuite versé dans les forces blindées. Après une première formation à l'Académie militaire en 1937, il est nommé commandant d'un régiment de tanks, avant d'être envoyé en septembre 1938 à l'Académie d'état-major de Moscou (en).

En septembre 1939, il participe au sein d'un état-major à l'invasion de la Pologne orientale, puis il est affecté à l'État-Major général durant la guerre d'Hiver. Diplômé de l'Académie d'état-major à l'automne 1940, il est affecté à la direction des opérations de l'État-Major général comme aide auprès du général Mikhail Sharokhin (ru)[2].

Grande Guerre patriotique[modifier | modifier le code]

En août 1941, Chtemenko est envoyé comme représentant de l'État-Major général auprès des troupes soviétiques du Moyen-Orient, coordonnant celles-ci lors de l'invasion anglo-soviétique de l'Iran. En juin 1942, il revient à la direction des opérations : il participe à la préparation des combats menés cette année-là en Crimée, autour de Stalingrad et en Ciscaucasie. Il est ensuite envoyé auprès du front de Transcaucasie.

En mai 1943, il est nommé adjoint au chef des opérations de l'État-Major général, travaillant avec le maréchal Alexandre Vassilievski et le général Alexeï Antonov à la préparation de toutes les grandes batailles. Selon ses mémoires, c'est cette direction des opérations qui propose et planifie l'opération Uranus, la contre-offensive décisive lors de la bataille de Stalingrad[3]. Au printemps 1943, il est envoyé avec le maréchal Gueorgui Joukov comme représentant de la Stavka dans le Kouban pour préparer l'attaque de la péninsule de Taman[4]. En novembre 1943, il accompagne Staline à la conférence de Téhéran. En février et mars 1944, il est le représentant de la Stavka auprès du deuxième front de la Baltique pendant l'offensive Léningrad-Novgorod. Au printemps 1944, il participe à la préparation de l'opération Bagration[5], puis reprend son poste à Moscou.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

En temps qu'adjoint du chef de l'État-Major général, c'est Chtemenko qui est le secrétaire du Haut-Conseil militaire le lors de la séance de limogeage de Gueorgui Joukov, c'est lui qui fait la lecture sur ordre de Staline, devant les membres du Politburo et tous les maréchaux de la « confession » du maréchal Alexander Novikov (obtenue par le NKVD sous la torture et après menace sur sa famille) dénonçant l'organisation d'un pseudo-coup d'État par Joukov[6].

Général d'armée, il est nommé en novembre 1948 chef de l'état-major général de l'Armée soviétique. Il est remplacé en juin 1952 par Vassili Sokolovski pour être placé à la tête du groupe des forces d'occupation soviétiques en Allemagne. Après la mort de Staline en 1953, il est démis de ses fonctions et rétrogradé car accusé d'être trop proche de Lavrenti Beria.

En 1955, Joukov (devenu alors ministre de la Défense) le fait entrer comme candidat au Comité central du PCUS, lui obtient le grade de colonel-général et le nomme chef de la Direction générale du renseignement (le GRU) de l'Armée soviétique. À ce poste, il fonde l'école secrète des Spetsnaz (les forces spéciales soviétiques) près de Moscou, qui porte depuis sa mort le nom d'école Chtemenko. En 1957, Nikita Khrouchtchev, dans le cadre du renvoie de Joukov, fait rétrograder Chtemenko au grade de lieutenant-général avec le rôle de commandant du district militaire de la Volga.

Sergeï Chtemenko au début des années 1970.

En juin 1962, il est nommé chef d'état-major des forces terrestres. En août 1968, il retrouve son grade de général d'armée, avec affectation comme chef de l'état-major combiné du pacte de Varsovie, sous les ordres du maréchal Ivan Iakoubovski. Chtemenko meurt finalement à Moscou en 1976 ; son corps est enterré au cimetière de Novodevitchi, une statue de lui dominant sa tombe. En 1977, l'Académie militaire de Krasnodar est renommé en son honneur.

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le calendrier grégorien.
  2. (en) « Shtemenko, Sergei Matveevich », sur http://encyclopedia2.thefreedictionary.com/.
  3. (en) S. M. Shtemenko, The Soviet Général Staff at War, 1941/1945, Honolulu, The University Press of the Pacific, , p. 67-68.
  4. Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri, Joukov : L'homme qui a vaincu Hitler, Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 700), (1re éd. 2013), 927 p. (ISBN 978-2-262-07267-4, présentation en ligne), p. 562-565.
  5. Chtemenko 1971, p. 228.
  6. Lopez et Otkhmezuri 2017, p. 727-728.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sergeï Chtemenko (trad. Jean Champenois), L'État-major général soviétique en guerre, Moscou, Édition du Progrès, (1re éd. 1971), 572 p. (notice BnF no FRBNF34724232).
  • (en) Geoffrey Jukes, « Sergei Matvejevich Shtemenko », dans Harold Shukman, Stalin's Generals, New York, Grove Press, , 394 p. (ISBN 0802114873).