Serge Lancel

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Serge Lancel, né le 5 septembre 1928 à San Miguel del Padrón (La Havane) et mort le 9 octobre 2005 à Grenoble, est un philologue, archéologue et historien français[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Serge Lancel naît à Cuba où son père est architecte-décorateur. Il fait ses études secondaires à Cannes, à Rochefort et au lycée Louis-le-Grand à Paris, avant d'entrer à l'École normale supérieure en 1949 et à la Sorbonne[2].

Agrégé de grammaire en 1952, membre de l'École française de Rome de 1953 à 1955, auteur d'une thèse d'État consacrée à la traduction et à l'édition des actes du concile de Carthage (411), dirigée par Henri-Irénée Marrou, il enseigne successivement au lycée d'Alger (1954-1958), à la Sorbonne, à l'université d'Antananarivo, à l'université d'Alger (1963-1965), puis à l'université de Grenoble à partir de 1965[3], où il est nommé professeur d'histoire ancienne à l'université Stendhal-Grenoble 3 (1975-1997). Il est par ailleurs professeur délégué auprès de l'Institute for Advanced Study de Princeton (1978-1979) et professeur invité au département d’études anciennes de l’université d'Ottawa (1983)[2].

Directeur des Antiquités historiques de la région Rhône-Alpes entre 1973 et 1975, il dirige des chantiers de fouilles à Tipaza en Algérie et en Tunisie, dont la mission qui a opéré sur le flanc sud de la colline de Byrsa (dégagement d'un habitat punique tardif appelé « quartier Hannibal ») entre 1974 et 1981, dans le cadre de la vaste campagne internationale lancée par l'Unesco[3]. En 1961, il lance avec Jehan Desanges la Bibliographie analytique de l'Afrique antique, dont ils rédigent 19 fascicules[1].

Professeur émérite, il est membre du Comité des travaux historiques et scientifiques, de la Société des antiquaires de France et de l'Académie delphinale. Il est également directeur de la mission archéologique française à Carthage de 1973 à 1978 et cofondateur puis premier président de la Société d'étude du Maghreb préhistorique, antique et médiéval[4].

Correspondant français de l’Académie des inscriptions et belles-lettres à partir de 1997, il est élu le 19 février 2001 comme membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, reprenant le fauteuil d'André Vernet[5].

Activité archéologique[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Principales publications[modifier | modifier le code]

Spécialiste de l'Afrique du Nord antique, il est l'auteur de plusieurs ouvrages et articles fondamentaux pour la connaissance historique de cette région[7] :

  • Tipasa de Maurétanie, Alger, Ministère de l’Éducation nationale, 1966[8]
  • Verrerie antique de Tipasa, Paris, De Boccard, 1967
  • Actes de la conférence de Carthage en 411, 4 tomes, coll. Sources chrétiennes, Paris, éditions du Cerf, 1972-1991
  • [sous la dir. de] Byrsa I. Mission archéologique française à Carthage, Tunis/Rome, INAA/École française de Rome, 1979
  • [sous la dir. de] Byrsa II. Mission archéologique française à Carthage, Tunis/Rome, INAA/École française de Rome, 1982 (ISBN 2728300372)
  • Introduction à la connaissance de Carthage. La colline de Byrsa à l'époque punique, Paris, Recherches sur les civilisations, 1983
  • Carthage, Paris, Fayard, 1992[9] (ISBN 2213028389)
  • Hannibal, Paris, Fayard, 1995[10] (ISBN 221359550X)
  • Saint Augustin, Paris, Fayard, 1999[11] (ISBN 2213602824)
  • Appien. Le livre africain (texte établi, traduit et commenté en collaboration avec Paul Goukowsky), Paris, Les Belles Lettres, 2001
  • Pax et concordia : chrétiens des premiers siècles en Algérie (IIIe-VIIe siècles) avec Paul Mattei, Paris, Marsa, 2001
  • Histoire de la persécution vandale en Afrique (texte établi, traduit et commenté), Paris, Les Belles Lettres, 2002
  • [sous la dir. de] Saint Augustin : la Numidie et la société de son temps, Bordeaux, Ausonius, 2003
  • L'Algérie antique. De Massinissa à saint Augustin, Paris, Mengès, 2003 (ISBN 285620421X)
  • Rutilius Namatianus. Sur son retour (texte établi, traduit et commenté en collaboration avec Joëlle Soler et Étienne Wolff), Paris, Les Belles Lettres, 2007
  • Une saison en Numidie, Paris, Tchou, 2007
  • [sous la dir. de] Lettres 1-30 de Saint Augustin (texte établi, traduit et commenté), Paris, Institut d'études augustiniennes, 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Paul Morel, « Serge Lancel, historien de l'Afrique antique », sur lemonde.fr,
  2. a et b Noël Duval, « In memoriam Serge Lancel (1928-2005) », Revue d'Etudes Augustiniennes et Patristiques, vol. 51,‎ , p. I-V (lire en ligne)
  3. a et b Claude Lepelley, « In memoriam Serge Lancel (1928-2005) », Antiquités africaines, no 42,‎ , p. 5-8 (lire en ligne)
  4. Mohamed Arbi Nsiri, « Serge Lancel, portrait d’un savant admirateur de la Tunisie », sur leaders.com.tn,
  5. a et b « Lancel Serge, Henri », sur aibl.fr
  6. « Serge Lancel », sur academie-francaise.fr
  7. « Bibliographie de Serge Lancel », Antiquités africaines, vol. 42,‎ , p. 9-13 (lire en ligne)
  8. « Serge Lancel, Tipasa en Maurétanie », Revue archéologique du Centre, vol. 6, no 3,‎ , p. 268-269 (lire en ligne)
  9. Gabriel Camps, « Serge Lancel, Carthage », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, vol. 63, no 1,‎ , p. 274-276 (lire en ligne)
  10. Gabriel Camps, « Serge Lancel, Hannibal », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, vol. 75, no 1,‎ , p. 305-306 (lire en ligne)
  11. Hervé Savon, « Serge Lancel, Saint Augustin », L'antiquité classique, vol. 69, no 1,‎ , p. 375-377 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]