Section carrément anti-Le Pen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Section carrément anti-Le Pen
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Réseau informel
But Opposition à l'extrême droite contemporaine
Zone d’influence France
Fondation
Fondation
Origine Toulouse
Identité
Structure Autogérée
Publication No pasaran
Site web nopasaran.samizdat.net

Les Sections carrément anti-Le Pen (abrégées en SCALP) — qui donneront naissance au Réseau No Pasaran — constituent un réseau antifasciste[n 1],[n 2] radical[n 3] et libertaire[n 4], positionné à l'extrême gauche[n 5],[1].

Le premier SCALP apparait en juin 1984[2] à Toulouse[3] et est issu de la mouvance autonome[4],[5].

Militant, le Réseau No Pasaran promeut la confrontation physique avec les membres des partis ou groupes d'extrême droite[n 6].

Origines et idéologie[modifier | modifier le code]

En 1984, conçue à l'origine pour être un sigle éphémère à l'occasion d'une manifestation, la « Société contre les amis de Le Pen » voit le jour à Toulouse[6]. Le succès médiatique de la manifestation du contre la venue du président du Front national à Toulouse à l'occasion des élections européennes[7],[8] inspire la création de groupes dans une douzaine[7] de villes de France, qui en reprennent l'acronyme[9].

Ce SCALP première manière, qui se développe en même temps que la scène rock alternative, s'éteint en même temps qu'elle, à la fin des années 1980. En novembre 1989, un engin explosif est découvert à la permanence du Front national de Toulouse. La tentative d'attentat est revendiquée par le SCALP. La fédération des différents groupes au sein de la CNAF (Coordination nationale antifasciste) ne fonctionna jamais vraiment, le groupe parisien finissant par exploser en 1990, et les SCALP des différentes villes qui continuent à exister ne sont plus, ou que peu et mal coordonnés au plan national[6].

Selon un rapport des Renseignements généraux baptisé « Gauche 2000 », les SCALP ont de l'antifascisme une conception extensive qui les conduisent à « lutter contre le système ultra-libéral et ses conséquences sociales, économiques, sécuritaires... »[7]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le logo du Réseau No Pasaran[10].

Après un ou deux ans de sommeil, les éléments du SCALP Paris "première manière" qui animaient en parallèle la revue REFLEXes (pour la plupart d'anciens étudiants qui s'étaient connus à la faculté de Nanterre[11]) redonnent vie au SCALP en utilisant le sigle et son aura pour essayer de regrouper les jeunes qui se reconnaissent dans la lutte antifasciste radicale. Dans le même temps, le SCALP nouvelle manière s'éloignait de la mouvance autonome pour se rapprocher des organisations libertaires traditionnelles.

En 1993, le nouveau SCALP s'organise en réseau national : le Réseau No Pasaran, qui fédère une trentaine de groupes locaux[12]. Le groupe parisien est connu sous le nom de SCALP-REFLEX (Réseau d'étude, de formation et de lutte contre l'extrême droite et la xénophobie)[n 7].

L'objectif principal du réseau est de répondre à la dérive droitière de la gauche française et aux convergences croissantes entre la droite et l'extrême droite, en élargissant le combat antifasciste pour englober la dénonciation de la répression, des bavures policières et des dérives sécuritaires du système capitaliste, ainsi que le système lui-même[13]. Chaque collectif du réseau est autonome et une structure changeant chaque trimestre assure la coordination de l’ensemble[6].

En 2004, des individus quittent le groupe SCALP-REFLEX pour fonder plus tard le groupe Offensive libertaire et sociale[14],[15].

En 2006, dans le mouvement anti-CPE, les membres du Scalp-Reflex ont participé aux assemblées générales dans les universités et aux manifestations. Ils étaient présents lors de l'occupation de l'EHESS.

En 2007, pour la campagne présidentielle, le Scalp-Reflex initie la candidature « Patate »[n 8]

En février 2013, le groupe parisien SCALP-REFLEX annonce sa dissolution "face aux limites de la lutte antifasciste et à l'évolution de la société moderne"[16], toutefois, le réseau No Pasaran continue à perdurer.

Effectifs[modifier | modifier le code]

L'actrice Ovidie, le dessinateur Manu Larcenet[17], ainsi que Florent Grospart qui deviendra adjoint au maire Vert de Vendôme et dirigeant d'Attac, ont fait partie du SCALP.

Publications[modifier | modifier le code]

Le réseau publie une revue mensuelle intitulée No Pasaran !. Imprimée à 2000 exemplaires, elle est disponible dans les lieux militants et de nombreuses librairies[12].

Le réseau No Pasaran a également publié de nombreux ouvrages sur l'extrême droite dont « GUD, autopsie d'un moribond »[18], « Bêtes et Méchants, petite histoire des jeunes fascistes français »[19] et « Rock Haine Roll, origines, histoires et acteurs du rock identitaire français, une tentative pour contrer la culture d’extrême droite »[20].

En 2005, le SCALP sort un livre : Comme un indien Métropolitain, sur l'histoire du mouvement de 1984 à 1992[n 9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Action antifasciste.

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Ras le Front, ou les SCALP (Section carrément anti-Le Pen) développent les mobilisations en matière d'antifascisme », Georges Ubbiali, De l’associationnisme sectoriel à la radicalité politique ?, Territoires contemporains, revue en ligne publiée sur le site du Centre Georges Chevrier, Université de Bourgogne, 2008, page 36 ou en ligne.
  2. (en) « Section carrément anti-Le Pen (SCALP), which fights against the extreme Right », William Safran, The French Polity, Routledge, 2015, page 178.
  3. « Le réseau No pasaran se définit comme « issu du mouvement antifasciste radical. Son analyse de la montée de l’extrême droite et des idéologies xénophobes, sécuritaires et autoritaires, et son expérience de lutte antifasciste l’ont amené à élargir son champ d’intervention. Le Réseau No pasaran combat toutes les formes de domination : capitalisme, racisme, patriarcat, aliénation, apartheid social, répression. » », Groupe Histoire des femmes, Myriam Cottias, Cécile Dauphin, Arlette Farge, Nancy L. Green, Danielle Haase-Dubosc, Danièle Poublan et Yannick Ripa, Entre doutes et engagements : un arrêt sur image à partir de l’histoire des femmes (2e partie), Clio, Histoire‚ femmes et sociétés, 21|2005, [lire en ligne], DOI:10.4000/clio.1474.
  4. « Dans les années 1980, l’antifascisme s’incarne dans l’engagement libertaire/radical (avec les Sections carrément anti Le Pen puis le réseau RÉFLEXes/No Pasaran) », Sylvain Boulouque, Manifestation hommage à Clément Méric : quel avenir pour l'antifascisme ?, L'Obs, 23 juin 2013, [lire en ligne].
  5. (en) « This is mostly the case for networks whose members come from anarchist groups, such as the Section carrément anti-Le Pen (SCALP), Reflex or No Pasaran », Stefano Fella, Carlo Ruzza, Anti-Racist Movements in the EU : Between Europeanisation and National Trajectories, Palgrave Macmillan, 2012, page 92.
  6. « Certaines sont plus militantes et promeuvent la confrontation physique avec les membres des partis ou groupes d'extrême droite: en France, on pense au S.C.A.L.P (Section Carrément Anti-Le Pen) ou au réseau No Pasaran, dont les équivalents britanniques gravitent autour d'Anti-Fascist Action (Action Antifasciste). », Jeremy Tranmer, La droite radicale vue par ses opposants : l'antifascisme en Grande-Bretagne et en France, traduit de l'anglais par Olivier Esteves, in Philippe Vervaecke (dir.), À droite de la droite : Droites radicales en France et en Grande-Bretagne au XXe siècle, Presses universitaires du Septentrion, 2012, page 196.
  7. (en) « The anarchist anti-fascist group SCALP (Section Carrément Anti-Le Pen; in English, Section Completely Anti-Le Pen) formed in Toulouse in 1984. SCALP's aesthetic incorporated the rebellious image of Geronimo and Native American resistance [...] In 1986, anarchist students formed the group REFLEX, and their journal REFLEXes continues to monitor the Far Right to this day. [...] Efforts at national “radical anti-fascist” coordination culminated in the creation of the No Pasaran network in 1992—a clear homage to the defense of Madrid during the Spanish Civil War.” Yet, although French anarchist antifa of the 1980s and '90s were certainly inspired by the legacy of the Spanish revolution, they were also influenced by innovative “autonomous” strategies and politics emanating from Italy, West Germany, the Netherlands, and elsewhere in the 1970s and '80s. », Mark Bray, Antifa : The Antifascist Handbook, en:Melville House Publishing, 2017, pp. 50-51.
  8. « En 2007, les libertaires du réseau No Pasaran présentent l'élection de manière sarcastique en posant, sur leurs affiches « électorales », la question : « endive (Ségolène Royal) ou navet (Nicolas Sarkozy) ? », et en y répondant par un "Ni l'une ni l'autre, votez « patate », le seul vrai candidat qui ne se présente pas" », Les Désobéissants, Désobéir par le rire, Le passager clandestin, 2010, page 39.
  9. « Sur cette période nous conseillons de lire Scalp 1984-1992, comme un indien métropolitain, où l’on retrouve également une interview de Marsu, le manager des Bérurier Noir et de deux anciens membres des Red Warriors », Nicolas Lebourg, « Rencontre avec “REFLEXes” : qu’est ce que l’antifascisme ? », Fragments sur les temps présents, 15 juin 2013.
  10. « Certains post-anarchistes créent en 1984 à Toulouse des Sections carrément anti-Le Pen (SCALP), qui se situent au carrefour de l'antifascisme, de la culture « punk » et d'une sensibilité communiste libertaire. En 1986, des militants proches du SCALP fondent le Réseau d'étude, de formation et de liaison contre l'extrême droite (REFLEX), qui édite à partir de juin la revue Réflexes. SCALP et REFLEX vont ensuite constituer une coordination nationale antifasciste, qui donnera elle-même naissance au réseau No Pasaran. Il s'agit d'élargir la lutte antifasciste au combat anticapitaliste global. Le courant semble pourtant s'étioler dans les années quatre-vingt. », Christophe Bourseiller, Extrémismes : enquête sur une grande peur contemporaine, CNRS Éditions, 2012, page 132, [lire en ligne]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême gauche, Paris, Larousse, 2007, p.  77-79.
  2. Thierry Blin, L'invention des sans-papiers : Essai sur la démocratie à l'épreuve du faible, Presses Universitaires de France, 2010, page 34.
  3. « La première Section carrément anti-Le Pen (SCALP) est par exemple créée en 1984 à Toulouse », Stéphanie Chauveau, Au-delà du cas Soral. Corruption de l’esprit public et postérité d’une nouvelle synthèse réactionnaire, Agone, 2014/2, n°54, pp. 95-122, [lire en ligne].
  4. Christophe Bourseiller, Le temps des révolutions minuscules, Le Monde, 6 juin 2009, [lire en ligne].
  5. Nelly Haudegand, Pierre Lefébure, Dictionnaire des questions politiques : 60 enjeux de la France contemporaine, Éditions de l'Atelier, 2000, page 102.
  6. a, b et c Simon Luck, Sociologie de l’engagement libertaire dans la France contemporaine. Socialisations individuelles, experiences collectives et cultures politiques alternatives, Science politique, Université Panthéon-Sorbonne, Paris I, 2008, page 147, [lire en ligne].
  7. a, b et c Rapport des Renseignements généraux baptisé « Gauche 2000 », [lire en ligne] et [lire en ligne].
  8. Hélène Amiraux, Il y a 20 ans, Bagnols a connu son « affaire Méric », Midi libre, 26 juin 2017, [lire en ligne].
  9. À propos de l'histoire du SCALP et de la stratégie antifasciste radicale, par un des fondateurs du SCALP originel de Toulouse, Actualité de l’anarcho-syndicalisme, 14 avril 2007.
  10. Fédération internationale des centres d'études et de documentation libertaires : Réseau No Pasaran - solidaires - égalitaires- libertaires.
  11. « Ce groupuscule de lutte contre le racisme et la xénophobie, qui regrouperait au maximum une centaine de personnes dans la région parisienne, est plutôt bien implanté à la faculté de Nanterre », Retour sur l'affaire Rey-Maupin : les tueurs de la Nation, Le Monde, 2 juin 1995, [lire en ligne].
  12. a et b Xavier Crettiez, Isabelle Sommier, La France rebelle, Éditions Michalon, 2002, pages 254 et 257.
  13. Rédaction, « Manifestation à Toulouse à l'occasion du meeting de Le Pen », sur L'Obs, .
  14. Serge Cosseron Dictionnaire de l'extrême gauche - À présent, Éditeur Larousse, 2007 (ISBN 9782035826206), 286 pages, p. 218
  15. « Offensive libertaire et sociale (OLS, issue d’une scission de 2003 avec le réseau antifasciste No Pasaran) », Simon Luck, Sociologie de l’engagement libertaire dans la France contemporaine. Socialisations individuelles, experiences collectives et cultures politiques alternatives, Science politique, Université Panthéon-Sorbonne, Paris I, 2008, page 146, [lire en ligne].
  16. [Paris Auto-dissolution du SCALP-Reflex]
  17. Manu Larcenet - Que de la BD, brain-magazine.com, 15 juillet 2006
  18. Xavier Renou, Le GUD, autopsie d'un moribond. Histoire et analyses d'un groupuscule d'extrême droite (1975-1995), Éditions Reflex, 1998, en note.
  19. Collectif, Bêtes et méchants: petite histoire des jeunes fascistes français, Réseau no pasaran / Éditions Reflex, 2002, présentation en ligne.
  20. Collectif, Rock Haine Roll, origines, histoires et acteurs du rock identitaire français, Paris, No Pasaran, 2004, en note dans Jean-Paul Gautier, Les extrêmes droites en France : De 1945 à nos jours, Syllepse, 2009.
  21. Consultable partiellement et modifié sur Gauche 2000 et scribd.com.
  22. Laurent Valdiguié, 155 personnalités « fichées » à l'extrême gauche, Le Parisien, 8 juin 2001, [lire en ligne].
  23. « Sections carrément anti-Le Pen (Scalp) qui englobent, selon les RG, "des éléments se signalant par une propension à la violence" », Patricia Tourancheau, Les RG en fichent pas mal, Libération, 9 juin 2001, [lire en ligne].