Action antifasciste Paris-Banlieue

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Action antifasciste Paris-Banlieue
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Aucune (Association de fait)
But Combattre toutes idées ou personnes assimilées à « l'extrême droite »
Surnom AFA Paris-banlieue
Zone d’influence Paris et agglomération parisienne - Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 2008
Identité
Structure Collectif autonome indépendant de toute autre organisation se réclamant de l’Action Antifasciste.
Méthode Action directe de terrain et militantisme de fond (édition et diffusion de tracts, rencontres, débats, et confrontations avec des militants d'extrême droite)
Site web Page Facebook officielle

Action antifasciste Paris-Banlieue (AAPB) est un groupe autonome d'extrême gauche de la mouvance antifasciste française des années 2010, médiatisé lors de l'affaire Clément Méric (2013).

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Le logo du Réseau No Pasaran (2010)[1].

En France, dans les années 1980 des collectifs antifascistes autonomes (Section carrément anti-Le Pen), souvent non organisés et non institués, se fédèrent en partie dans le Réseau No Pasaran qui s'est dissout en 2013.

En 1990, est créé le réseau associatif Ras l'front dont le but est de lutter contre le Front national et ses idées. Fin des années 2000, le réseau disparait.

L'antifascisme contemporain n'est pas à proprement parler un mouvement unifié et structuré. Selon Gilles Vergnon, professeur d’histoire contemporaine à l’Institut d'études politiques de Lyon et auteur de l’Antifascisme en France : « le mouvement antifasciste n’est plus du tout organisé au niveau national comme c’était le cas dans les années 1990[2] », et par ailleurs, « c’est une mouvance qui postule un antifascisme radical, c’est-à-dire qu’il n’est pas question d’avoir des alliances larges contre le Front national : ils ne s’allient ni avec la droite modérée ni avec la gauche du gouvernement »[3].

Dans les années 2000, il n’existe plus d’organisation nationale active et coordonnées.[réf. souhaitée] Pour Guillaume Origoni, docteur en histoire contemporaine à Paris X, spécialiste des groupes radicaux, depuis le début des années 2000 les modes d’action ne se réfèrent pas à un grand projet de transformation de la société mais plutôt à des combats précis. En ce moment[Quand ?], ce sont les violences policières[4].

Origines et idéologie[modifier | modifier le code]

Créée en 2008, Action antifasciste Paris-Banlieue serait le groupe qui compterait le plus de militants antifascistes à Paris et en banlieue parisienne, avec beaucoup d’anciens de la tribune Auteuil du Parc des princes[2],[5].

L’Action antifasciste Paris banlieue, avec une centaine de membres[6], plutôt jeunes, qui se définissent comme des « antifas radicaux », s'organise en structure horizontale et par un système de parrainage[7]. Sur son site internet, le groupe pose les bases de son fonctionnement : des groupes « autonomes », cooptés de l'intérieur, cherchant à lutter contre la « culture fasciste »[8].

Action antifasciste Paris-Banlieue se manifeste notamment par l’action directe dans des affrontements de rue[9] et refuse d’être « récupéré par la sphère politique »[10].

Selon le Réseau d'étude, de formation et de lutte contre l'extrême-droite et la xénophobie (REFLEXes) interviewé par le politologue Nicolas Lebourg, « c’est un groupe avec une existence et une activité militante bien réelle, avec pas loin de 60-80 militants/sympathisants. Ils proviennent de différents milieux dont le milieu antifa radical libertaire, les stades, mais aussi du rap. »[11].

Selon Action antifasciste Paris-Banlieue, « La lutte antifasciste ne repose pas sur les violences de rue [...] Le but de l'antifascisme n’est pas de se battre avec l’extrême droite. Ça, c’est leur vision à eux. Une vision basée sur le conflit en désignant des ennemis, à savoir l’étranger, l’homosexuel ou l’antifasciste [...] Mais, à partir du moment où vous combattez des gens qui se nourrissent de la violence, que voulez-vous qu’il se passe ? Oui, la violence existe. »[12].

Selon le politologue Philippe Lamy, il s'agit d' « un antifascisme radical, pour qui la lutte anticapitaliste contre l'État libéral et l'extrême droite est prioritaire [...] Le groupe [...] est assez sectaire, autonome, on y entre uniquement par cooptation. Pas plus de cent, ils sont les seuls à mener une action concrète et violente contre les groupuscules d'extrême droite. »[13]

En 2017, lors du deuxième tour de l'élection présidentielle française opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen, le collectif Action antifasciste Paris-Banlieue refuse de rejoindre le front républicain et appelle aux manifestations « Ni Le Pen ni Macron »[14].

En 2017, quatre ans après la mort de Clément Méric, selon le quotidien Le Monde, l’Action antifasciste Paris-Banlieue, manifeste aux côtés de l'UNEF et du Mouvement des jeunes communistes dans une démarche de rapprochement[15].

Histoire[modifier | modifier le code]

Affaire Clément Méric[modifier | modifier le code]

Article connexe : Affaire Clément Méric.

Le 6 juin 2013, Clément Méric, militant à l'Action antifasciste Paris-Banlieue[16],[17] et à Solidaires Étudiant-e-s[18],[19],[20], meurt à la suite d'une altercation survenue la veille avec un groupe de skinheads d'extrême droite[21],[22].

Cette mort déclenche un fort émoi au sein de la scène politique française[23],[24],[25]. Des dizaines de personnes approchent alors les antifas, surtout l’Action antifasciste Paris Banlieue, qui a longuement réfléchi à la possibilité d’accueillir de nouveaux membres avant de les renvoyer vers le Collectif antifasciste Paris Banlieue, plus ouvert vers l’extérieur[7].

Affaire de la voiture brûlée[modifier | modifier le code]

Les 18 et 19 mai 2016, après l'attaque puis l'incendie d'un véhicule de police dans lequel se trouvaient deux agents, en marge d'une manifestation interdite « contre les violences policières »[26], cinq personnes, décrites par le parquet et les enqueteurs, comme membres de la mouvance radicale d'ultragauche et appartenant aux « anarchos-autonomes » et à l'Action antifasciste Paris-Banlieue, sont placées en garde à vue[27],[28],[29],[30]. Le 21 mai, quatre sont mises en examen notamment pour tentative de meurtre[31].

Malgré les démentis et la mise en avant par les avocats, Irène Terrel et Antoine Comte, d'un dossier « vide »[32] fondé uniquement sur un témoin anonyme dont le nom apparaît finalement dans un procès-verbal et « qui se trouve être un policier des renseignements généraux de la Préfecture de police »[33],[34],[35], le procès abouti à la condamnation de sept des neuf inculpés à des peines allant jusqu'à 7 ans de prison[36]. Deux des condamnés sortent en novembre 2017.

Au cours de l'enquête, la police saisit lors des perquisitions chez les suspects, des tracts antifascistes, un poing américain, une matraque et des bouteilles de gaz.[37] L’enquête révèle également que, parmi eux, certains, étudiants en première année d'histoire, de sociologie ou de géographie, sont issus de bonnes familles[26]. L'un d'entre eux, Angel Bernanos, est par ailleurs fiché S pour son appartenance à « la mouvance contestataire antifasciste susceptible de se livrer à des violences »[38].

Affaire « Théo »[modifier | modifier le code]

En février 2017, l'AFAPB appelle à plusieurs rassemblements en soutien à Théodore Luhaka, qui aurait été victime d'un viol de la part de policiers[39] au cours d’une interpellation à Aulnay-sous-Bois. Le collectif parvient ainsi à rassembler près de 250 personnes le 8 février à Paris[40].

En janvier 2018, une vidéo captée par les caméras de surveillance contredit le témoignage de Théo : alors que celui-ci avait affirmé qu’un des policiers avait baissé son pantalon volontairement avant de le violer avec une matraque, la vidéosurveillance indique que le vêtement de Théo a glissé pendant qu'il se débattait[41].

Défilés des Gilets jaunes[modifier | modifier le code]

Des affrontements ont lieu entre ultra-gauche et ultra-droite pour la tête de cortège des défilés parisiens des Gilets jaunes. Plusieurs membres de l'ultra-droite sont blessés. Une dizaine de membres de l'ultra-gauche sont arrêtés pour ces violences, dont Antonin Bernanos incarcéré à Fresnes le 18 avril 2019[42].

Lieu[modifier | modifier le code]

Selon le site StreetPress en 2015, le bar Le Saint-Sauveur appartenant à Julien Terzic, ancien des Red Warriors, au pied de la butte de Ménilmontant, est « Le bar antifa de Paris, aux murs tapissés de posters anti-capitaliste ou anti-répression policière, sans parler des stickers de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue. [...] Au Saint-Sauveur, on se revendique de l’antifascisme radical [...] les partis politiques ne sont clairement pas la tasse de thé de la faune libertaire du lieu »[43],[44].

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Abel Mestre, « Le MFC 1871, un club parisien « antifasciste » contre « le football moderne » », Le Monde, 31 mai 2018, [lire en ligne].
  • Mathieu Dejean, « Les antifascistes de nouveau dans le viseur de la justice », Les Inrockuptibles, 20 mai 2019, [lire en ligne].

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fédération internationale des centres d'études et de documentation libertaires : Réseau No Pasaran - solidaires - égalitaires- libertaires.
  2. a et b Tiphaine Le Liboux, « Les antifascistes, des survivants des années 90 », Libération, 6 juin 2013.
  3. Carole Boinet, « De la rue au Web : qui sont les antifa ? », Les Inrocks,‎ (lire en ligne).
  4. Tanguy Youen, « Les "antifa" appellent à manifester pour Théo : de quoi parle-t-on ? », sur LCI, .
  5. Matthieu Goar, La galaxie des nouveaux antifascistes, 20 Minutes, 11 juin 2013.
  6. Philippe Lamy (politologue) : « Pas plus de cent, ils sont les seuls à mener une action concrète contre les groupuscules d'extrême droite », in Clément Méric : "On n'oubliera pas", L'Obs, 13 juin 2013, [lire en ligne].
  7. a et b Willy Le Devin, Quentin Girard, Skins et antifas : l’après-Méric fait bouger les lignes, Libération, 13 septembre 2013.
  8. Samuel Laurent, « Les agressions entre “skins” et “antifa”, résurgence des années 1980 », Le Monde.fr, 6 juin 2013.
  9. Ludovic Pauchant, « Clément, frappé à mort : derrière la tragédie, deux extrêmes qui se haïssent », France bleu, 6 juin 2013.
  10. Catherine Corollier, « L’antifascisme ne prend pas parti », Libération, 25 juin 2013.
  11. Nicolas Lebourg, « Rencontre avec “REFLEXes” : qu’est ce que l’antifascisme ? », Fragments sur les temps présents, 15 juin 2013.
  12. Frédéric Frangeul, « Les “antifa”, ces chasseurs de skinheads », Europe 1, 7 juin 2013.
  13. Marie Lemonnier, Maël Thierry, Clément Méric : "On n'oubliera pas", Le Nouvel Observateur, 19 juillet 2013.
  14. Samuel Hayat, chercheur en Science politique, Pour un nouveau front antifasciste, Libération, 9 mai 2017, [lire en ligne].
  15. Abel Mestre, Les antifascistes veulent sortir de leur isolement, le Monde, 02.06.2017, [lire en ligne].
  16. Pierre Plottu, « Mort de Clément Méric : la bagarre mortelle reconstituée sous haute surveillance policière », France-Soir,‎ (lire en ligne).
  17. Hubert Artus, Le Red Star, l'anti-PSG, Marianne, 17 juillet 2015, lire en ligne.
  18. Marie Piquemal, « Mort de Clément Méric: "Tout ce qui est dit, c’est de la calomnie" », Libération, 25 juin 2013.
  19. Nicolas Theodet, À Saint-Lazare, un rassemblement silencieux en hommage à Clément Méric, Le Figaro, 6 juin 2013.
  20. https://www.sudouest.fr/2013/06/06/agression-de-clement-meric-sud-solidaires-etudiants-bordeaux-appelle-a-un-rassemblement-1076952-2780.php
  21. http://www.europe1.fr/societe/mort-de-clement-meric-cinq-ans-apres-deux-versions-de-la-rixe-devant-les-assises-3746480
  22. https://www.marieclaire.fr/,affaire-meric-vers-une-dissolution-des-groupuscules-d-extreme-droite,20123,693440.asp
  23. Hélène Bekmezian, AFP, « Mort de Clément Méric : droite et gauche s'accusent de récupération », Le Monde, 7 juin 2013.
  24. https://www.la-croix.com/France/Fin-enquete-mort-militant-antifasciste-Clement-Meric-2016-03-31-1300750239
  25. http://www.europe1.fr/faits-divers/ils-voulaient-venger-clement-meric-deux-antifas-arretes-1348970
  26. a et b Christine Legrand, Voiture de police brûlée : qui sont les jeunes accusés d’avoir participé à l’attaque ?, La Croix, 11 octobre 2017, lire en ligne.
  27. « Tous ces suspects sont des activistes issus de deux mouvances différentes : les Anarchos-Autonomes et le groupe Action Anti-Fasciste Paris-Banlieue (AFA), une structure autonome d’ultra-gauche. »« Voiture de police incendiée : le parquet fait appel de la remise en liberté de trois mis en examen », sur cnews.fr, .
  28. « Âgés de 20 à 40 ans, les prévenus sont étudiants, éducateurs ou sans profession. Certains, militants antifascistes assumés, appartiennent « à la mouvance radicale d'ultragauche », mentionne l'ordonnance de renvoi. », Pascale Égré, Voiture de police incendiée à Paris : le procès de la violence anti-flics, Le Parisien, 19 septembre 2017, lire en ligne.
  29. « Ces étudiants en géographie, sociologie et histoire/sciences politiques sont décrits comme "membres de la mouvance radicale ultra-gauche" par les enquêteurs. », Aurélie Sarrot avec AFP, Voiture de police incendiée à Paris : neuf prévenus jugés et une audience sensible, LCI, 18 septembre 2017, lire en ligne.
  30. « La décision du tribunal fait état d’une note de renseignements décrivant le jeune homme « comme un membre très actif de la mouvance ultra-gauche, proche notamment de la structure de fait Action antifasciste Paris-Banlieue ». », Rédaction, Incendie d'une voiture de police : quatre hommes mis en examen pour tentative de meurtre, Libération, 21 mai 2016, lire en ligne.
  31. « Voiture de police incendiée : le parquet fait appel de la remise en liberté de trois mis en examen », sur cnews.fr, .
  32. Henri Seckel, Au procès de la voiture de police incendiée : Antonin Bernanos et le mystérieux témoin n° 142, Le Monde, 27 septembre 2017, lire en ligne.
  33. Julia Pascual, « Voiture de police incendiée : les avocats dénoncent un dossier « vide » », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  34. SudOuest.fr, « Voiture de police incendiée à Paris : "ce dossier est une farce honteuse" », Sud Ouest,‎ (lire en ligne).
  35. Claire Hache, « Voiture de police incendiée : la mise en examen pour tentative d'homicide controversée », LExpress,‎ (lire en ligne).
  36. J.P. avec AFP, « Voiture de police brûlée : jusqu'à sept ans de prison prononcés », sur leparisien.fr, .
  37. SudOuest.fr, « Voiture de police incendiée : qui sont les agresseurs ? », .
  38. Stéphanie Marteau, « Voiture de police incendiée: les frères Bernanos, ultras de bonne famille », .
  39. Blandine Le Cain, Affaire Théo : la police des polices privilégie la thèse de l'accident plutôt que celle du viol , Le figaro, 10/02/2017,[lire en ligne].
  40. Jérémie Lamothe, Rassemblement de soutien à Théo L. : « On a touché le fond. C’est indigne d’une démocratie... », Le Monde, 13 février 2017, [lire en ligne].
  41. https://www.huffingtonpost.fr/2018/01/29/affaire-theo-la-video-de-son-interpellation-devoilee-par-europe-1_a_23346302/
  42. « Gilets jaunes : trois bagarres en quelques jours entre ultra-gauche et ultra-droite pour la tête des cortèges », sur europe1.fr,
  43. Nima Kargar, Edouard de La Rochefordière, « La carte de la gauche alternative à Paris », sur StreetPress, .
  44. Tiphaine Le Liboux, « Les nazillons sont désinhibés », Libération, 25 juin 2013, lire en ligne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Action antifasciste.

Liens externes[modifier | modifier le code]