Sarah Kane

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Sarah Kane
Naissance
Brentwood (Essex)
Décès (à 28 ans)
Londres (Angleterre)
Activité principale
Dramaturge, écrivaine
Auteur
Langue d’écriture Anglais
Mouvement Théâtre In-Yer-Face, théâtre de l'expérience
Genres
Théâtre

Œuvres principales

Sarah Kane, née le à Brentwood (Essex) et décédée le , est une dramaturge britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est née en 1971 à Brentwood (Essex), dans l'Essex. Son père est journaliste dans la presse people. Elle étudie le théâtre à l'Université de Bristol, puis à l'Université de Birmingham[1].

Ses pièces suscitent un scandale au Royal Court Theatre, et notamment la première, Blasted (Anéantis), montée en janvier 1995, qui évoque de façon crue et surprenante la violence du monde actuel à travers une histoire entre un journaliste grisonnant et une jeune fille naïve dont il abuse. Ce qui choque alors peut-être le plus, c'est le rapprochement entre la violence morale et proche de la scène d'hôtel, et la violence lointaine de la guerre de Bosnie qui fait irruption dans la pièce (même si elle n'est pas explicitement mentionnée) en la personne d'un jeune soldat désabusé, suivi de peu par une bombe qui transforme instantanément le décor, une chambre d'hôtel de Leeds, en un champ de bataille dévasté[1].

Des critiques accablent la pièce et son auteur [2], malgré le soutien d'artistes renommés dont, notamment, Edward Bond[3] et Harold Pinter[4].

Elle écrit ensuite Phaedra's Love (L'Amour de Phèdre), monté en 1996 et librement adapté du Phèdre de Sénèque, puis Cleansed (Purifiés) et Crave (Manque) en 1998[1],[2],[5].

Le 20 février 1999, alors qu'elle vient d'avoir 28 ans, Sarah Kane se pend avec ses lacets dans les toilettes de l'hôpital King's College de Londres, quelques semaines après avoir achevé la rédaction de 4.48 Psychosis (4.48 Psychose), pièce qui est publiée un an plus tard[1],[5].

Depuis quelques années, les critiques reconnaissent quasi-unanimement les erreurs d'appréciation initiale de l’œuvre, désormais complète, de Sarah Kane, et ses pièces connaissent un nouvel engouement. Si sa mort précoce l'a fait accéder à un statut presque iconique — on a comparé son destin à celui de Sylvia Plath —, au point de pousser l'universitaire Aleks Sierz à enjoindre son lectorat et public à se méfier du mythe de « Sainte-Sarah », on commence tout juste, plus de dix ans après sa mort, à prendre conscience de la richesse et de l'unicité de son écriture théâtrale. Elle est considérée comme une autrice importante du XXe siècle[6],[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

1995 :

1996 :

1997 :

1998 :

2000 :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Love Me or Kill Me : Sarah Kane et le théâtre, de Graham Sauders, traduit de l'anglais par Georges Bas (titre original Love Me or Kill Me: Sarah Kane and the Theatre of Extremes), L'Arche éditeur, 2004
  • Outre Scène, la revue du Théâtre national de Strasbourg, numéro 1, février 2003.
  • « Sous le signe de la marge et de la marginalité : le théâtre de Sarah Kane » (Pierre-Louis Fort), in Marginalités et théâtres (S. Jouanny ed.), Librairie Nizet, 2003.
  • P.S. / S.K. Essai sur Sarah Kane, de Vincent Rafis, Les Presses du réel, 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Quentin Girard, « Sarah Kane, hélas ! », Libération,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « Une vie, une oeuvre - Sarah Kane (1971-1999), anéantie », France Culture,‎ (lire en ligne)
  3. Brigitte Salimo, « Sarah Kane, écrivain public du désastre et d'un théâtre du « XXIe siècle » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Simon Hattenstone, « A sad hurrah (part 2) », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  5. a et b (en) Andrew Dickson, « 'The strange thing is we howled with laughter': Sarah Kane's enigmatic last play », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  6. Brigitte Salimo, « Sarah Kane, écrivain public du désastre », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. Agathe Torti-Alcayaga, « L’œuvre de Sarah Kane : le théâtre de la défaite », Cycnos, vol. 18, no 1,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]