Sémillante

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La Sémillante était une frégate de la marine française du XIXe siècle. Dans son voyage depuis l'arsenal de Toulon vers la guerre de Crimée, elle fait naufrage au large des îles Lavezzi.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cimetière où sont inhumés les naufragés de la Sémillante.
Jules Noël : Monument commémoratif du naufrage de la Sémillante (1873, gravure)
Pyramide de granite construite en hommage aux victimes du naufrage.

La Sémillante quitte le port de Toulon le 14 février 1855, commandée par le capitaine Jugan, à destination de la Crimée (mer Noire) pour apporter aux forces françaises des vivres, des renforts en troupe et en matériel pour faire la guerre à la Russie.

Son équipage est de 293 hommes, outre son état-major. À son bord, a pris place un détachement plus de 400 militaires de l’armée de terre avec un matériel important (canons, mortiers, munitions, vivres…).

Elle est prise dans une violente tempête au large de la Sardaigne et son commandant décide de passer par les bouches de Bonifacio, aux îles Lavezzi, dans une zone de brisants et d’écueils. Poussée par une rafale de sud, elle heurte à une vitesse estimée à 12 nœuds un haut-fond rocheux signalé par une bouée. Broyée par le choc, elle coule par le fond dans la nuit du 15 au 16 février 1855, corps et biens ; tout a été instantanément englouti.

Le 18 février, les premiers cadavres, certains complètement déchiquetés, sont ramenés sur les grèves par les courants. Ils sont tous inhumés sur l’île, faute de moyens de transport, par une corvée de 50 soldats, détachés en renfort des marins. Le 20, le nombre de corps inhumés s’élève à 250. Les corps du capitaine Jugan et de l’aumônier ont pu être identifiés.

Il n'y eut aucun survivant sur les 773 hommes à bord de la Sémillante. 560 corps reposent dans les deux cimetières de l’île. Les autres corps ne seront pas retrouvés.

La plaque sur le bâtiment des cimetières sur les îles Lavezzi indique :

« À la mémoire des officiers des armées de terre et de mer qui ont trouvé la mort dans le naufrage de la Sémillante le 15 février 1855 vers midi. Leurs restes sont confondus ici avec ceux de leurs hommes unis dans le repos éternel comme ils l'étaient dans le devoir. Que leurs noms soient connus pour nous permettre d'honorer leur mémoire. »

Cet incipit en la mémoire des naufragés est suivi par une succincte liste de noms dont les restes sont enterrés ici. Les cimetières comprennent d'autres plaques exhortant à prier pour tel ou tel naufragé…

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Alphonse Daudet, dans la nouvelle L’Agonie de la Sémillante issue des Lettres de mon moulin, 1869. (lire sur wikisource)
  • Guy de Maupassant, Une vendetta. Dans cette œuvre dont le décor est Bonifacio, Maupassant nous parle d'une chienne ayant le même nom que le bateau ayant fait naufrage.
  • Jérôme Lorenzi, Du sang dans les voiles (Journal de bord) [roman], Borgo, éd. Mediterranea, 1998. (ISBN 2-910698-19-X)
  • Danielle Favereau, La Véritable Histoire de la « Sémillante » [roman], Bastia, éd. Anima Corsa, 2003. (ISBN 2-912819-27-X)
  • Frédéric Zurcher et Elie Margollé, Les Naufrages célèbres, chapitre XX : Naufrage de la Sémillante, Paris : Librairie Hachette, 1873 & éditions L'Ancre de Marine, 1997. (ISBN 2-84141-104-4)
  • Dominique Milano, ancien maire de Bonifacio, Le Naufrage de la « Sémillante », ed.1980

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