Rurice de Limoges

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Saint Ruricius
image illustrative de l’article Rurice de Limoges
Naissance v. 440
Décès 507 

Saint Ruricius (né vers 440 ; mort en 507 ou peu après 507), évêque de Limoges en Haute-Vienne (485507), lié aux gentes gallo-romaines des Avitii et des Anicii[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

On connaît peu de choses sur la vie de Ruricius. Originaire des environs de Gourdon, au nord de Cahors, chez les Cadurques (actuel Quercy), où sa famille devait détenir une grande propriété, il faisait partie des aristocrates gallo-romains des Ve et VIe siècles dont certains écrits furent conservés, tels Sidoine Apollinaire, préfet de Rome en 468 et évêque de Clermont (mort en 485), Alcimus Ecdicius Avitus, évêque de Vienne (mort en 518); et Magnus Felix Ennodius, (mort en 534), évêque de Ticinum, (aujourd'hui Pavie). Tous étaient liés aux grandes familles gallo-romaines dont étaient issus les évêques de la Gaule[2].

Dans le cadre d'une coutume qui consistait pour les populations à choisir comme évêques des personnages importants qui pourraient les protéger, Ruricius a été élu par les Lémovices à cette fonction en 485 et l'est resté jusqu'à son décès. Il ne s'est pas limité à ses activités spirituelles et administratives, mais, d'après une épitaphe que lui a dédiée le poète Venance Fortunat (Poèmes, IV, 5), il a fait construire à Limoges une église placée sous le vocable de saint Pierre ou de saint Augustin.

Il avait connu au temps de sa jeunesse le rhéteur Hesperius, ami de Sidoine Apollinaire, et qui exerçait à Clermont. Il a inscrit ensuite un de ses fils au nombre des étudiants de celui-ci[3].

Écrits[modifier | modifier le code]

Il nous est parvenu un ensemble de 83 lettres écrites par Ruricius, que nous ne connaissons que par un seul manuscrit, le Codex Sangallensis 190. Elles y sont précédées de 16 autres qui lui ont été adressées par divers auteurs, dont Faustus de Riez et Sidoine Apollinaire. Elles couvrent une période d'environ trente ans. Nous y trouvons un aperçu de ce que pouvait être, sous la domination barbare, la vie des gens cultivés de la haute société gallo-romaine. Mais elles ne fournissent aucune information directe sur les grands événements de cette période, et presque aucune sur les effets du pouvoir des Wisigoths concernant la vie et les activités locales. La plupart des lettres de Ruricius étaient adressées à des membres de sa famille et à des amis, ainsi qu'à des évêques voisins ou plus lointains.. Certains de ses correspondants restent mal connus de nous.

Ce sont des lettres d'art, au style très recherché et très précieux, comme l'exigeait la correspondance de l'époque. Certaines expriment ses préoccupations familiales, évoquent des pensées amicales ou des actes d'amitié, se consacrent à de la consolation ou du réconfort. D'autres demandent ou offrent un soutien spirituel et une direction de conscience. Plusieurs ont pour thème les aspects administratifs de ses fonctions épiscopales.

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Harald Hagendahl, « La correspondance de Ruricius », dans Acta Universitatis Gotenburgensis 58.3 (Göteborg) 1952.
  • Bruno Krusch, « Ruricii Epistolae », dans Mon. Ger. Hist. AA8 (Berlin) 1887 — Consulter l'index.
  • A. Engelbrecht, ed., Ruricii Epistolarum Libri Duo, Vienne, 1891.
  • Jacques Paul Migne (dir.), « Ruricius Lemovicensis Episcopus — Epistolae [0447-0507 »]
  • M. Neri (dir.), Ruricio di Limoges. Lettere, Pise, Edizioni ETS, 2009.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ruricius » (voir la liste des auteurs).
  • D. R. Bradley « Review : The letters of Ruricius », dans The Classical Review, New Series 4, no. 3/4 (1954): 268–269.
  • Frank Gilliard, The senators of sixth-century Gaul, dans Speculum 54, no. 4 (1979): 685–697.
  • Grégoire de Tours, Historia Francorum, Londres, Penguin Books, Ltd., 1974.
  • Ralph W. Mathisen :
    • Ruricius of Limoges and friends : A collection of letters from Visigothic Gaul, Liverpool, Liverpool University Press, 1999, (ISBN 0-85323-703-4). Traduction en anglais des lettres de Rurice.
    • Barbarian Bishops and the Churches « in Barbaricis Gentibus » during Late Antiquity, dans Speculum 72, no 3 (1997), p. 664–697.
    • Roman Aristocrats in Barbarian Gaul : Strategies for Survival in an Age of Transition, Austin, TX: University of Texas Press, 1993.
    • Studies in the History, Literature, and Society of Late Antiquity, Amsterdam: Hakert, 1991.
    • Ecclesiastical Factionalism and Religious Controversy in Fifth Century Gaul, Washington, D.C.: Catholic University of America Press, 1989.
    • [Mathisen 1988]« The theme of literary decline in Late Roman Gaul », dans Classical Philology 83, no. 1 (1988): 45–52.
    • Emigrants, Exiles and Survivors : Aristocratic Options in Visigothic Aquitania, Phoenix 38, no. 2 (1984): 159-170.
    • Epistolography, Literary Circles and Family Ties in Late Roman Gaul, Transactions of the American Philogical Association 111, (1981): 95–109.
    • (avec Danuta Shanzer) Society and culture in Late Antique Gaul : Revisiting the sources, Michigan, Ashgate, 2001.
  • Luíz Paulo Manuel de Menezes de Mello Vaz de São-Payo, A Herança Genética de Dom Afonso I Henriques Porto, Centro de Estudos de História da Família da Universidade Moderna do Porto, 2002.
  • T. Stanford Mommaerts, et David H. Kelley, The Anicii of Gaul and Rome in fifth-century Gaul : A crisis of identity?, sous la direction de John Drinkwater et de Hugh Elton, Cambridge, 1992.
  • Christian Settipani, Les Ancêtres de Charlemagne (Éditions Christian, 1989).
  • Christian Settipani, Ruricius, Ier évêque de Limoges et ses relations familiales
  • Sidoine Apollinaire :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. The Gallic emperor Eparchius Avitus had without doubt the most prominent career among the clan. See: T. S. M. Mommaerts & D. H. Kelley, « The Anicii of Gaul and Rome », dans Fifth-century Gaul : a crisis of identity?, ed. by John Drinkwater and Hugh Elton, (Cambridge University Press, Cambridge & New York, 1992) 111–121.
  2. Ralph W. Mathisen, « Epistolography, Literary circles and family ties in Late Roman Gaul », dans Transactions of the American Philological Association, 111 (1981), p. 95–109 ; M. Heinzelmann, Bischofsherrschung in Gallien, Munich, 1976.
  3. Epistolae, 1.3.5-6, signalé par Mathisen 1988, p. 51.