Rudolf Friemel

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Rudolf Friemel
Surnom Rudi Friemel
Naissance
Vienne, Autriche-Hongrie
Décès (à 37 ans)
Auschwitz, Troisième Reich
Première incarcération
Prison de Stein (Autriche)
Camp de Gurs
Camp de concentration d'Auschwitz
Origine Autriche
Allégeance KPÖ
Type de militance Parti communiste d'Autriche
Brigades internationales
Groupe de combat d’Auschwitz
Cause défendue Résistance contre le nazisme
République espagnole
Hommages
  • Plaque commémorative Ernst-Ludwig-Gasse 8/1, à Vienne
  • Une rue porte son nom dans le 10e arrondissement de Vienne

Rudolf Friemel, surnommé Rudi Friemel, né le à Vienne et mort le (à 37 ans) au camp de concentration d’Auschwitz, est un communiste autrichien qui s’est engagé dans la résistance contre l’austrofascisme, a combattu en Espagne dans les Brigades internationales et a participé à la résistance à Auschwitz.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rudolf Friemel, mécanicien automobile de profession, est membre de la jeunesse ouvrière socialiste. À partir de 1925, il se syndicalise et en 1926 il adhère au Parti social-démocrate d'Autriche (SDAP). Il devient membre du Republikanischer Schutzbund (organisation paramilitaire du SDAP) et se bat lors du soulèvement armé de la mi-février 1934 contre le régime austrofasciste d’Engelbert Dollfuss[1]. À la suite de quoi, Friemel s’enfuit en Tchécoslovaquie. À son retour fin juillet 1934, il est arrêté et interné pour avoir participé au soulèvement et, le , condamné à sept ans de prison[2].

Interné à la prison de Stein, il bénéficie d’une libération anticipée le . Peu de temps après, il adhère au Parti communiste d'Autriche (KPÖ)[1]. À la mi-janvier 1937, il émigre en France puis en Espagne le . À partir de mars 1937, il combat dans les rangs des Brigades internationales pour empêcher l’instauration d’une dictature fasciste. Après la défaite des Républicains espagnols, il se réfugie début 1939 en France, où il est interné au camp de Gurs. Là, il se porte volontaire pour le service civil du travail et trouve un emploi de mineur à Carmaux. Il vit à Arthès dans le Tarn avec sa compagne espagnole Margarita Ferrer Rey. Leur fils Eduard naît le à Albi. Au moment de l’occupation de la France par les nazis, Friemel demande à être rapatrié à Vienne fin juillet 1941 et il est remis à la Gestapo, en même temps que Margarita et leur fils, à Vierzon sur la ligne de démarcation[2].

Rudolf Friemel est envoyé au camp de déportation d’Auschwitz le , où il est enregistré sous le matricule 25173[1]. Il se joint au groupe de résistance autrichien qui s’est formé en 1942 et auxquels appartiennent Ernst Burger, Hermann Langbein, Ludwig Vesely, Alfred Klahr, et Ludwig Soswinski[3]. En mai 1943, le groupe de résistance autrichien et un groupe de résistance de la gauche polonaise fusionnent et forment le Groupe de combat d'Auschwitz (Kampfgruppe Auschwitz)[4]. Comme il connaît le français, c’est lui qui assure la liaison avec le groupe de résistants français du camp[5].

En , Rudolf Friemel apporte son concours à la préparation d’une évasion qui échoue. Lui-même, et ses camarades impliqués — Ludwig Vesely, Ernst Burger, Piotr Piąty et Bernard Swierczyna —, sont mis au cachot dans le Block 11 et torturés. Le , ils sont tous les quatre exécutés par pendaison, sur la place d’appel devant les 15 000 déportés rassemblés[4]. Face aux bourreaux, Rudolf Friemel s'est écrié : « Nieder mit dem Mordpest ! » (À bas la peste brune !)[6].

Mariage à Auschwitz : un cas unique[modifier | modifier le code]

Rudof Friemel est l’unique détenu d’Auschwitz à avoir eu l’autorisation de se marier pendant son internement. Il en avait fait la demande, de même que son père et sa future épouse. Le mariage est conclu au bureau de l’État-civil du camp le . Pour cette occasion, Friemel a pu se laisser pousser les cheveux et revêtir un vêtement civil. Une photo des mariés prise par le photographe du camp Wilhelm Brasse témoigne de l’événement[7].

Hommages[modifier | modifier le code]

Une plaque commémorative a été apposée au no 8/1 de la Ernst-Ludwig-Gasse (10e arrondissement des Favoriten de Vienne), où a vécu Rudolf Friemel.

En 2004, la ville de Vienne a décidé d’honorer la mémoire de Friemel en donnant son nom à une rue également dans l'arrondissement des Favoriten.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Österreicher im Widerstand, sur JKU.at
  2. a et b Friemel, Rudolf, sur doew.at
  3. Rudolf Kropf, Die Befreiung von Auschwitz, p. 3, in : auschwitz information, 67. Ausgabe, Jänner 2005, Institut für Sozial- und Wirtschaftsgeschichte, Johannes Kepler Universität Linz (pdf; 82 kB)
  4. a et b Hermann Langbein, Menschen in Auschwitz. 1980, p. 304 et s.
  5. Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, 2005, Éditions Autrement, p. 202 (témoignage de Roger Abada)
  6. Manfred Mugrauer, Ernst Burger (1915-1944), p. 223
  7. « Photo du mariage conservée au Centre de documentation de la Résistance autrichienne », sur doew.at (consulté le 24 octobre 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hermann Langbein (trad. Denise Meunier), Hommes et femmes à Auschwitz [« Menschen in Auschwitz »], Paris, Tallandier, coll. « Texto », , 532 p. (ISBN 978-2-847-34815-6)
  • (de) Erich Hackl : Die Hochzeit von Auschwitz, eine Begebenheit, Diogenes-Verlag, Zürich, 2002 (ISBN 3-257-06324-5)
  • (de) Hermann Langbein : Menschen in Auschwitz, Ullstein-Verlag, Frankfurt am Main; Berlin; Wien, 1980 (ISBN 3-548-33014-2)
  • (de) Manfred Mugrauer, Ernst Burger (1915–1944) : Funktionär des Kommunistischen Jugendverbandes und führendes Mitglied der „Kampfgruppe Auschwitz“, Vienne, Dokumentationsarchiv des österreichischen Widerstandes : Feindbilder, (ISBN 978-3-901142-65-9, lire en ligne)