Rosemarie Trockel

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Rosemarie Trockel
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Naissance
Nationalité
Allemande
Activités
Maître
Werner Schriefers
Distinctions

Rosemarie Trockel, née le à Schwerte en Rhénanie-du-Nord-Westphalie[1], est une artiste allemande.

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1974 à 1978, elle étudie à l'école d'art de Cologne auprès du professeur Werner Schriefers.

Son travail artistique aux multiples facettes est composé de photographies, de dessins, de sculptures et d'objets, mais aussi de vidéos et d'installations. Depuis son exposition en solo à Cologne en 1982, son œuvre attire l'attention, particulièrement aux États-Unis (Museum of Modern Art de New York, Museum of Contemporary Art de Chicago, Institute of Contemporary Art de Boston).

Son travail imposant est également reconnu en Europe, par sa participation, en 1997 à la Documenta X à Kassel où elle expose Ein Haus für Schweine und Menschen (Maison pour porcs et humains) avec Carsten Höller, ou bien par sa participation au Synagogenprojekt de Stommeln en 2003.


Travail[modifier | modifier le code]

Dans son travail, l'artiste porte un regard subversif sur la société et emploie très souvent beaucoup d'ironie. Elle utilise différents média tels que la photographie, le dessin, le collage, la sculpture et la vidéo. Rosemarie Trockel est particulièrement connue pour ses peintures en tricot, où elle tend des mailles sur un châssis comme si elle tendait un toile. La particularité de ce tricot c'est qu'il est réalisé industriellement et non pas artisanalement. Rosemarie Trockel évoque la notion de genre et interroge le rôle de la femme ouvrière dans la société contemporaine. "Sa démarche artistique dépasse néanmoins le geste féministe. Fascinée par des théories ethnographiques et sociologiques, elle s’intéresse à la transformation, à la métamorphose et à la mutation en tant que témoignage de l’instabilité des conventions sociales." [1]

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 1995, elle est élue membre de l'Académie des arts de Berlin[1].

En 1999, elle reçoit le prix d'art international par la fondation culturelle de la caisse d'épargne de Munich (1). Le 26 octobre 2004 la Société d'art moderne (die Gesellschaft für Moderne Kunst) lui décerne le prix Wolfhang-Hahn 2004 au musée Ludwig de Cologne pour sa « stratégie artistique hautement subtile qui dépasse les frontières ». Elle reçoit le prix Wolf en art en 2011.

En 2013, elle reçoit le prix Haftmann.

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

Rosemarie Trockel: Less Sauvage than Others (Weniger wild als andere) (2006)
  • Sans titre (1991, bronze, cheveux artificiels, 140×56×20 cm)
  • Painting and 56 brush strokes (1990 fer, cheveux)
  • Hydrocephalus (1992, plâtre et graphie peints, ht : 45 cm)
  • Maisons/Haüser (Minibus aux moustiques) (1996) (exposition à L’ARC Paris 1999)
  • Prunelle :maison pour pigeon, humains et rats (1999, vidéo projection et maquette - projet pour l’exposition 2000 - Hanovre)
  • Paare (1998, 7 photographies, épreuve laser, verre acrylique)
  • Paare (vidéo)
  • Balaklava (1986, 5 cagoules tricotées)

Balaklava[modifier | modifier le code]

Balaklava est une œuvre crée par l'artiste allemande Rosemarie Trockel. Ce sont des cagoules au format standard possédant des ouvertures uniquement pour les deux yeux. Elles existent au nombre de 5 cagoules distinctes. Elles ont été produites au nombre de dix exemplaires et de trois "Artist's proof" (AP). Chaque cagoule possède une étiquette où il est écrit:

BALAKLAVA

ES & T (ES pour Esther Schipper, le nom de l'éditeur, T pour Trockel)

1986 (Année de production)

NR _ VON 10 (Le numéro de l'exemplaire sur dix)

SIGNATURE (la signature de Rosemarie Trockel)

La cagoule est un vêtement d'abord utilisé pour les sports d'hiver servant de protection contre le froid mais elle est également utilisée aujourd'hui pour de se camoufler le visage, c'est un vêtement qui rend anonyme. Utilisée pour les cambriolages et les effractions par exemple, elle est devenue un symbole de violence et de peur.

Chaque Balaklava réalisées par Rosemarie Trockel porte un logo qui est répété et qui crée le motif de la cagoule. Chacun de ces motifs dépeint les codes visuels portant sur des éléments historiques ou culturels. La première cagoule porte le logo de la Svastika, la seconde porte le logo de la marque Playboy, la troisième porte le symbole + d'un côté et le symbole - de l'autre, la quatrième porte un motif de Bridget Riley et enfin la cinquième cagoule porte le symbole du communisme avec la faucille et le marteau. Elle décontextualise ces symboles. En effet, le logo sur chacune des cagoules n'identifie plus le symbole représenté, mais il devient tout simplement un élément décoratif. Sur la cagoule avec le motif répété du marteau et la faucille par exemple, on y trouve une dépréciation de l'idéologie, liée à l'identification des logos qui joue un rôle dans une propagande du produit et donc la représentation des ces symboles idéologique est brouillée.

Balaklava, 1986

L'œuvre Balaklava revisite non seulement l'appropriation d'images existantes et la production d'un matériau fonctionnel plutôt que conceptuel mais également des éléments du travail de la femme, et ainsi elle redéfinit l'utilisation conventionnelle de la laine et du tricot. La femme pour qui la violence de la cagoule est "travail". En effet, Rosemarie Trockel évoque la notion de genre et interroge le rôle de la femme dans la société contemporaine. Elle renvoie à l’image de la femme ouvrière, dont la production économique a été marginalisée par les conventions qui la réduisent à la sphère domestique. C'est pourquoi Rosemarie Trockel a décidé de fabriqué des objets en tricot, tout en supprimant l'aspect artisanal étant donné que ses œuvres sont générées par ordinateur et réalisées par des tricoteuses électriques. L'artiste souhaite questionner si en supprimant cet aspect là, elle pourrait vaincre un « cliché négatif» sur l'art des femmes. Du fait qu'elle soit produite industriellement, cette œuvre témoigne également de son exploitation emblématique des phénomènes de production de masse et de sérialité.

Dans les expositions, elles sont régulièrement présentées portées par des têtes de mannequins. En effet, elles ont besoin de la tête humaine pour leur donner forme et sens. Elles sont également présentées parfois dans leur emballage. Comme si elles représentaient un produit vendu en grande surface.

Elles ont été présentée dans diverses expositions. The Syz Collection possède une série des 5 cagoules, Zwirner et Wirth et La Kunsthalle de Hambourg possède également une série.

Le mot Balaklava, signifiant cagoule est utilisé dans diverses langues telles que l'anglais, l'allemande l'espagnol et bien d'autres. Elle trouve ses racines dans la guerre de Crimée où a eu lieu la bataille de Balaklava en octobre 1854 durant laquelle des cagoules tricotées ont été envoyées à des troupes britanniques, pour leur permettre de se protéger du froid.


Il y a la cagoule tricotée avec deux trous pour les yeux et un troisième pour la bouche. Un père de famille rentre le soir du travail. La télévision est allumée, les deux enfants sont en train de jouer, un poulet rôtit dans le four. Sa femme tricote. Au moment où il se penche pour l’embrasser sur le front, il découvre ce qu’elle tricote. Il se fige. Le choc lui coupe le souffle. Sa femme prépare-t-elle un hold-up ? Jean-Christophe Ammann, parlant de l'œuvre Balaklava de Rosemarie Trockel [2]

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]