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Robert Labarthette

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Robert Labarthette
Description de l'image Robert Labarthette.png.
Fiche d'identité
Nom complet Robert Justin Labarthette[1]
Naissance
Gan (France)
Décès (à 84 ans)
Pau (France)
Taille 1,65 m (5 5)
Surnom Lou Tahet
Poste Arrière, demi de mêlée
Carrière en junior
PériodeÉquipe 
1943-1946 Section paloise
Carrière en senior
PériodeÉquipeM (Pts)a
1943-1946
1946-1950
1950-1959
1959
Section paloise
FC Lourdes
Section paloise
Gan olympique
Carrière en équipe nationale
PériodeÉquipeM (Pts)b
1952
1952
France A
France
1+ (0+)
1 (0)[2]

a Compétitions nationales et continentales officielles uniquement.
b Matchs officiels uniquement.
Dernière mise à jour le 31 décembre 2025.

Robert Justin Labarthette, parfois également orthographié Robert Labarthète, né le à Gan (Basses-Pyrénées) et mort le à Pau (Pyrénées-Atlantiques), est un joueur international français de rugby à XV, évoluant principalement aux postes de demi de mêlée et d’arrière.

Issu du football, qu’il pratique dans sa jeunesse avant de se tourner vers le rugby à XV, il effectue l’essentiel de sa carrière en club avec la Section paloise, entrecoupé d’un passage marquant au FC Lourdes, avec lequel il remporte le championnat de France en 1948, le premier de l’histoire du club. Il compte une sélection en équipe de France, acquise en 1952 lors du Tournoi des Cinq Nations. De petite taille mais doté d’un fort tempérament, il est surnommé Lou Tahet.

Début à la Section paloise (1943-1946)

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Natif de Gan, dans le Béarn[3], Robert Labarthette commence sa carrière sportive par le football au sein de l’Avant-Garde de Gan[4], avant de se tourner vers le rugby à XV[5]. Il rejoint ensuite le Gan olympique, où il effectue ses débuts ovales[6], à l’instar de son frère ainé et d’autres joueurs issus du village, dont Jean-Roger Bourdeu[5]. Malgré un gabarit modeste, il fait rapidement montre de vitesse et d’une bonne lecture du jeu, en complément d’un jeu au pied sûr[5].

Repéré pour sa vivacité et son intelligence de jeu, il rejoint ensuite la Section paloise, où il rejoint les équipes de jeunes[7]. Initialement formé au poste de demi de mêlée, la concurrence à ce poste, notamment celle de Théo Cazenave, l’amène à évoluer également à l’arrière, où il s’impose par sa couverture défensive et son jeu au pied[7].

Passage au FC Lourdes (1946-1950)

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À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint le FC Lourdes, alors dirigé par Antoine Béguère. Il participe à l’essor du club bigourdan et remporte le championnat de France 1948 en tant que demi de mêlée. Il se distingue notamment lors de la finale, livrant une prestation remarquée face au Racing[7].

Il fait également partie de l’effectif vainqueur de la Coupe de France 1950.

Retour à la Section paloise (1950-1959)

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La saison suivante, le retour à Lourdes de Jean Prat et l’arrivée de François Labazuy modifient l’équilibre de l’équipe[7]. Robert Labarthette choisit alors de revenir à la Section paloise, où la présence de Théo Cazenave, demi de mêlée confirmé, l’incite à se fixer à l’arrière, poste qu’il affectionne et qu’il occupe durablement[7].

En 1952, il fait partie de l’effectif palois qui remporte le Challenge Yves du Manoir, disputé exceptionnellement sous l’appellation de Challenge de l’Amitié. Au cours de la saison, il s’impose comme un buteur fiable et régulier[8].

Longtemps ignoré par les sélectionneurs, il ne figure pas initialement parmi les joueurs convoqués pour la tournée hivernale de 1952[9]. Son appel en équipe de France intervient finalement à la suite du forfait de l’arrière viennois Georges Brun, malade à la veille de la rencontre. Labarthette est alors convoqué in extremis. Âgé de 27 ans, Robert Labarthette honore sa seule sélection en équipe de France le , lors du Tournoi des Cinq Nations, face à l’Écosse à Murrayfield[10],[11],[12]. Cette rencontre se solde par une victoire française, la première de l’histoire du XV de France sur le sol écossais[10]. Néanmoins, après sa prestation remarquée face au Combined Services la semaine précédente avec l’équipe de France A[13], Labarthette, joueur dont la presse nationale attendait beaucoup[14], livre une performance contrastée, se montrant fautif sur l’essai inscrit par l’ailier Gordon (en)[10],[15]. Celui-ci prend publiquement sa défense à l’issue de la rencontre[16]. Cette titularisation inattendue valide a posteriori le choix de son repositionnement à l’arrière, longtemps défendu par ses proches, et lui vaut une reconnaissance tardive mais durable dans l’histoire du rugby béarnais[7].

A partir du milieu des années 1950, désormais agé de trente ans, il est une référence au poste d’arrière en France[17],[18], et encadre une nouvelle génération paloise[19], permettant l’émergence de joueurs comme Jean Piqué[20]. En 1954, en raisons de blessures, il est repositionné à la . décalant l’emblématique Théo Cazenave à l’ouverture[21]. Pressenti pour la tournée en Argentine de 1954, il doit toutefois y renoncer pour des raisons médicales[22]. Au poste d’arrière, il doit désormais compter avec la concurrence du dacquois Pierre Albaladéjo[23].

En 1956, il dispute les phases finales du championnat, étant utilisé à la fois comme titulaire à l’arrière et comme remplaçant à la mêlée[20]. Il est notamment demi-finaliste cette saison-là[20].

En 1958, aux cotés de Jean-Pierre Saux, Jean Piqué et Claude Mantoulan il fait partie d’une sélection régionale qui affronte les Wallabies de Jim Lenehan (en) devant 10000 personnes au stade de la Croix du Prince (défaite 14-17)[24],[25].

Il est également Finaliste du Challenge Yves du Manoir avec la Section paloise en 1959[26].

Fin de carrière à Gan (1959)

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En 1959, Robert Labarthette termine sa carrière de joueur au Gan olympique, où il retrouve Fernand Bourdeu[27]. Il s’investit parallèlement dans la formation et entraîne les équipes de jeunes du club[27]. En 1962, la presse locale évoque une possible signature au FC Oloron, qui ne se concrétise pas.

Vie privée

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Son frére ainé Xavier évolue à la Section paloise au poste d’ailier de 1933[28] à 1939[5], se forgeant une solide réputation[29],[30].

En dehors des terrains, Robert Labarthette exerce la profession de négociant[14]. Très attaché à sa région natale, il est réputé pour sa discrétion et son goût pour la pêche à la ligne, qu’il pratique régulièrement[14].

Avec sa taille de 1m65, il est sans doute le plus petit arrière de l’histoire du XV de France[31], alors que son vis à vis ce jour-là, IHM Thomson est également un des joueurs les plus petits sur le terrain[32].

Statistiques en équipe nationale

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Notes et références

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  1. « Finales Rugby - LABARTHETTE Robert Justin », sur finalesrugby.fr (consulté le )
  2. (en) « Robert Labarthette », sur ffr.fr (consulté le ).
  3. « Etat-Civil du 4e trimestre 1924 », sur Gallica, L'Indépendant des Basses-Pyrénées, (consulté le )
  4. « Gan - Carnet Rose », sur Gallica, L'Indépendant des Basses-Pyrénées, (consulté le )
  5. a b c et d Loys Van Lee, « Roger Bourdeu et Robert Labarthette furent baptisés au Jurançon! », sur Gallica, L'Équipe, (consulté le )
  6. « Gan, village de 2395 hab. a fourni 5 séléctionnés au rugby... qui dit mieux? », sur Numistral, France-Soir, (consulté le )
  7. a b c d e et f Marcel Bordenave, « Robert Labarthette ou l’international malgré lui », La République des Pyrénées,‎ (lire en ligne)
  8. « Dans les concours de « L’Équipe », buteurs : Labarthette en tête », sur Gallica, L'Équipe, (consulté le )
  9. Georges Duthen, « Invité à jouer contre l’Écosse le 12 janvier, Labarthette, arrière, chasse Brun à l’aile », sur Gallica, L'Équipe, (consulté le )
  10. a b et c Un joueur, Jean Prat, et un jeu typiquement français ont battu en brèche le rugby méthodique des Écossais (13-11)., « Louis Ferdinand », sur Gallica, L'Équipe, (consulté le )
  11. Henri Garcia, Fabuleuse histoire du rugby, Éditions De La Martinière, (ISBN 978-2-7324-5794-9, lire en ligne)
  12. (en-GB) « FRENCH GAIN FIRST VICTORY AT MURRAYFIELD By defeating Scotland 13-11 French gain first victory at Murrayfield for fifty years. », sur British Pathé (consulté le )
  13. E. Dassieu, « La France B a triomphé des Combined Services (14-3) », sur Gallica, Libération, (consulté le )
  14. a b et c Les rugbymen français qui matcheront l’Écosse, « Loys Van Lee », sur Gallica, L'Équipe, (consulté le )
  15. J.M., « Georges BRUN, sans doute arrière le 26 contre l’Irlande », sur Gallica, Le Soir, (consulté le )
  16. Loys Van Lee, « Fulton responsable de la défaite? », sur Gallica, L'Équipe, (consulté le )
  17. René Hégoburu, « ROBERT LABARTHETTE - le " Pipette ” palois a changé son style de buteur », sur Gallica, L'Équipe, (consulté le )
  18. Réné Hégoburu, « FRAÏSSE, LABARTHETTE, TRESARIEU, vedettes de la Croix-du-Prince », sur Gallica, L'Équipe, (consulté le )
  19. Georges Duthen, « P. Aristouy commandera à la Section Paloise un pack d’assaut renforcé par Salzet », sur Gallica, L'Équipe, (consulté le )
  20. a b et c « Derby Pau Lourdes à Bordeaux », Sud Ouest,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. « Nouveam tandem à Pau », sur Gallica, L'Équipe, (consulté le )
  22. « Labarthette forfait pour l’Argentine », Sud Ouest,‎ (lire en ligne, consulté le )
  23. André Thierry, « Duel d'arrières à Pau - Labarthette transcendant n'éclipsa (toutefois) pas Albaladejo », sur Gallica, France-soir, (consulté le )
  24. René Hégoburu, « Les Wallabies ont eu du mal à imposer leur rugby athlétique et direct face à une Sélection Régionale qui renversa même, un moment, la situation », La République des Pyrénées,‎ (lire en ligne)
  25. « Résultats des matchs », sur Gallica, Rugby, (consulté le )
  26. « Finales Rugby - CHALLENGE YVES DU MANOIR SENIORS », sur finalesrugby.fr (consulté le )
  27. a et b Guy Pécoste, « Gan ouvre l'armoire à souvenirs », La République des Pyrénées,‎ (lire en ligne)
  28. C.F., « Section Paloise (2) bat Union Sportive de Pontacq (1) par 16 à 8 », sur Gallica, L'Indépendant des Basses-Pyrénées, (consulté le )
  29. Charles Lagarde, « Le grand match Perpignan Pau », sur Gallica, L'Indépendant des Basses-Pyrénées, (consulté le )
  30. « Joueurs en forme », sur Gallica, France olympique, (consulté le )
  31. Loys Van Lee, « « Plus on est petit… plus on est près des chevilles adverses ! » prétend Robert Labarthette », sur Gallica, L'Équipe, (consulté le )
  32. (en) Roy McKelvie, « France has advantage at forward », sur Gallica, Daily Mail, (consulté le )

Liens externes

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