Robert Conquest

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

George Robert Ackworth Conquest, né le à Malvern dans le Worcestershire, est un historien britannique. Ses travaux portent sur l'URSS, en particulier sur l'histoire de l'URSS sous Staline. Membre de l'Académie américaine des arts et des sciences, la Royal Society of Literature, la British Academy (1994) ainsi que de la British Interplanetary Society.

Biographie[modifier | modifier le code]

Robert Conquest, fils d'une Anglaise et d'un homme d'affaires américain, a étudié au Winchester College, à l'université de Grenoble et à Magdalen College (Oxford), où il a soutenu sa thèse sur l'histoire soviétique. En 1937, après une année à l'université de Grenoble au cours de laquelle il voyage en Bulgarie, il retourne à Oxford et rejoint le Parti communiste de Grande-Bretagne

Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il s'engage en tant qu'officier du renseignement, signe de sa prise de distance avec le Parti communiste. En 1942, il obtient un poste à la School of Slavonic Studies, puis vit en Bulgarie de 1942 à 1948.

De retour en Angleterre, Conquest rejoint le ministère des Affaires étrangères de l'Information Research Department (IRD), une unité créée dans le but de lutter contre l'influence communiste et de promouvoir activement les idées anti-communistes, en favorisant les relations avec les journalistes, les syndicats et autres organisations culturelles et politiques. En 1956, Conquest quitte officiellement l'IRD et devient écrivain indépendant et historien. Certains de ses livres ont été en partie distribués par Praeger Press, une société américaine qui a publié un certain nombre de livres à la demande de la CIA.

En 1962-63, il a été directeur littéraire du Spectator, mais a démissionné après avoir découvert que celui-ci critiquait ses écrits historiques. Ses premiers livres, Pouvoir et la Politique de la Déportation et de l'URSS soviétique des nationalités, ont été publiés en 1960. Ses autres œuvres de jeunesse de l'Union soviétique des nationalités soviétiques inclus politique en pratique, les travailleurs industriels en URSS, de la justice et le système juridique de l'URSS et des travailleurs agricoles de l'URSS. Il a été une des figures, avec Philip Larkin et Kingsley Amis, du mouvement littéraire connu sous le nom de « The Movement », il a publié des poèmes ainsi qu'un roman de science-fiction. Ses premiers livres sur l'URSS, Power and Politics in the USSR et Soviet Deportation of Nationalities, parurent en 1960.

Robert Conquest souhaitait éviter l’écueil qui consiste à idéaliser la révolution, « habitude à laquelle les Anglais qui n’en ont pas connu eux-mêmes sont peut-être particulièrement enclins[1] ». À partir de la fin des années 1970, Conquest rapporte qu'il a « conseillé Margaret Thatcher lorsqu’elle était chef de l’opposition puis Premier ministre, rédigeant même l’ébauche de son premier discours [sur les relations internationales][2].

En 1994, il reçoit le Prix national Taras Chevtchenko pour le livre Sanglantes moissons : la collectivisation des terres en URSS écrit en 1986 (The Harvest of Sorrow: Soviet Collectivisation and the Terror-Famine) consacré au Holodomor. En 1996, il est décoré de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges. En 1997, on lui attribue le prix littéraire de l'Académie américaine des arts et des lettres. En 2005, George W. Bush lui remets la Médaille présidentielle de la liberté.

Polémiques[modifier | modifier le code]

Le travail de Conquest a été remis en cause par plusieurs historiens[3], qui lui reprochent une exagération du nombre des victimes de la répression stalinienne ou une analyse biaisée de certains faits historiques. Par exemple, sa lecture de l'assassinat de Sergueï Kirov en décembre 1934 (« le crime du siècle » selon Conquest) l'a longuement opposé à Alla Kiralina, auteur d'un ouvrage fouillé sur l'assassinat de Kirov. Dans la nouvelle édition de La Grande Terreur, Conquest, qui a eu connaissance des critiques de l'historienne russe, annonce qu'il maintient son interprétation[4].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Grande Terreur, p. 412.
  2. Le Féroce XXe siècle. Réflexions sur les ravages des idéologies, p. 161.
  3. Dans Le Livre noir du communisme, p. 217-218, on trouve un bref compte rendu de ces querelles.
  4. Conquest 1987, p. 424.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Traduits en français[modifier | modifier le code]

  • La Grande Terreur : les purges staliniennes des années 30, Paris, 1970 (New York, 1968).
  • Sanglantes moissons : la collectivisation des terres en URSS, Paris, 1995 (New York, 1986).
  • Staline, Odile Jacob, 1999, (ISBN 2-7381-0174-7)
  • Le Féroce XXe siècle. Réflexions sur les ravages des idéologies, Paris, Ed. des Syrtes, 2001, 319 p. (préface de Guy Sorman).

Non traduits[modifier | modifier le code]

  • (en) Power and Politics in the USSR, 1960.
  • (en) Soviet Deportation of Nationalities, 1960.
  • (en) Courage of Genius : The Pasternak Affair, 1961.
  • (en) Industrial Workers in the USSR, 1967.
  • (en) Soviet Nationalities Policy in Practice, 1967.
  • (en) Agricultural Workers in the USSR, 1968.
  • (en) The Soviet Police System, 1968.
  • (en) Religion in the USSR, 1968.
  • (en) The Soviet Political System, 1968.
  • (en) Justice and the Legal System in the USSR, 1968.
  • (en) The Nation Killers : The Soviet Deportation of Nationalities, 1970.
  • (en) Where Marx Went Wrong, 1970.
  • (en) Lenin, 1972.
  • (en) Kolyma : The Arctic Death Camps, 1978.
  • (en) Inside Stalin's Secret Police : NKVD Politics, 1936-1939, 1985.
  • (en) What to Do When the Russians Come : A Survivor's Guide, 1985.
  • (en) Tyrants and Typewriters : Communiques in the Struggle for Truth, 1989.
  • (en) Stalin and the Kirov Murder, 1989.
  • (en) Stalin: Breaker of Nations, 1991.
  • (en) History, Humanity, and Truth, 1993.
  • (en) The Dragons of Expectation, 2004.

Publication en français[modifier | modifier le code]

  • Robert Conquest (trad. de l'anglais par Marie-Alyx et Claude Seban), La Grande Terreur, précédée de Sanglantes moissons, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ (1re éd. 1968), 1046 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]