Rickettsialpox

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La rickettsiose vésiculeuse ou varicelliforme ou fièvre vésiculeuse (en anglais rickettsialpox ou rickettsial pox)[1] est une maladie causée par la bactérie Rickettsia akari du genre Rickettsia, et de ce fait appartenant au groupe de maladies infectieuses appelé rickettsioses, dont le principal représentant historique est le typhus épidémique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le médecin Robert Huebner et l'entomologiste autodidacte Charles Pomerantz (en) ont joué un rôle majeur dans l'identification de l'étiologie de la maladie, après l'apparition d'un cas en 1946 dans les faubourgs de New York.

Épidémiologie et classification[modifier | modifier le code]

La bactérie responsable Rickettsia akari est transmise à l'homme par un acarien parasite : Liponyssoides sanguineus de la famille des Dermanyssidae. Il s'agit d'un pou qui parasite normalement les petits rongeurs domestiques, comme la souris Mus musculus[2].

La maladie sévit sous forme de petites épidémies en milieu urbain ou péri-urbain (New-York à partir de 1946). Elle existerait également dans des régions de l'ex-Union Soviétique[2], et en Corée[3].

Les souris, rats et autres rongeurs domestiques constituent le réservoir naturel de la bactérie responsable. Il existerait une transmission transovarienne (la femelle infectée du pou transmet la bactérie à ses propres œufs) faisant de l'acarien lui-même une partie du réservoir naturel possible[2].

Même si elle n'est pas transmise par une tique, la maladie fait partie d'un même sous-groupe de rickettsioses, celui des fièvres des morsures de tiques ou fièvres boutonneuses (en anglais spotted fever) dont le principal représentant en Amérique est la fièvre pourprée, dans l'ancien monde la fièvre boutonneuse méditerranéenne[4].

Clinique[modifier | modifier le code]

La période d'incubation probable est de 7 à 10 jours[3], jusqu'à 24 jours[5].

Maladie relativement bénigne, elle se caractérise par un début brutal de type pseudo-grippal, avec photophobie et une fièvre à 40° pendant sept jours avec une lésion au point d'inoculation. Cette lésion commence comme une papule, évoluant en vésicule, puis en escarre (petit ulcère noirâtre) , avec une adénite régionale (ganglion proche).

Au bout d'une semaine, apparait un érythème d'abord maculo-papuleux puis vésiculeux et enfin croûteux, disséminé sur tout le corps, respectant la paume des mains et la plante des pieds[3],[5]. Cette éruption est similaire à celle de la varicelle[4], mais qui, à son début, peut poser un problème de diagnostic différentiel avec la variole.

Sans traitement, la maladie guérit spontanément en trois semaines[3].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

La méthode de référence est la mise en évidence d'anticorps, notamment par immunofluorescence indirecte.

La PCR détecte les séquences d'ADN spécifiques de l'agent infectieux.

Traitement[modifier | modifier le code]

Les tétracyclines représentent les antibiotiques de référence, faisant chuter la fièvre en moins de trois jours[4].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Garnier et Delamare, Dictionnaire illustré des termes de médecine, Maloine, (ISBN 978-2-224-03434-4), p. 826.
  2. a, b et c F. Rodhain, Précis d'entomologie médicale et vétérinaire, Maloine, (ISBN 2-224-01041-9), p. 337-338.
  3. a, b, c et d Vitorio Delage, « Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine », sur dictionnaire.academie-medecine.fr (consulté le 12 septembre 2017)
  4. a, b et c Fritz H. Kayser, Manuel de poche de microbiologie médicale, Flammarion Médecine-Sciences, (ISBN 978-2-2571-1335-1), p. 348-350.
  5. a et b A. Manuila, Dictionnaire français de médecine et de biologie, t. III, Masson, , p. 575.