Hervé de Portzmoguer

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Hervé de Portzmoguer
Primauget
Buste imaginaire d'Hervé de Portzmoguerexposé au château de Brest.
Buste imaginaire d'Hervé de Portzmoguer
exposé au château de Brest.

Naissance vers 1470
au manoir de Porsmoguer en Plouarzel.
Décès
sur La Cordelière au large de la pointe Saint-Mathieu.
Mort au combat
Origine Drapeau du duché de Bretagne Duché de Bretagne.
Arme marine.
Années de service 15031512.
Conflits guerre de la Ligue de Cambrai,
guerres d'Italie.
Commandement La Cordelière.
Faits d'armes bataille de Saint-Mathieu.

Hervé de Portzmoguer (Plouarzel, ca. 1470 - au large de la pointe Saint-Mathieu, ), dit « Primauguet », est un officier de marine et pirate breton de la Renaissance. Il commande la nef La Cordelière lors de la bataille de Saint-Mathieu, au cours de laquelle il trouve une mort héroïque en combattant l'Amiral Howard (en).

Biographie[modifier | modifier le code]

Pirate et corsaire[modifier | modifier le code]

Hervé de Portzmoguer naît entre 1473 et 1478[1]. Originaire du Léonais, pointe extrême du nord Finistère, il descend d'une famille de la petite noblesse bas bretonne[1]. Sa devise est « Var vor a var zouar » ((br) Sur mer et sur terre). Elle possède à proximité du Conquet un manoir dans la paroisse de Plouarzel, le manoir de Porsmoguer, qui domine le chenal du Four[1].

Le premier document qui mentionne son nom ne date que de 1503. Le jeune breton est alors un capitaine d’une trentaine d’années lorsque le roi Louis XII décide d’affréter ses navires, et de lui confier la protection d'un convoi pour l'Espagne. Il se trouve à la tête de cinq bâtiments, qui lui appartiennent en propre, au milieu d’une petite division composée de seize navires. Pour subvenir aux dépenses ainsi engagées, une taxe spéciale est levée sur les marchandises transportées[1].

Hervé semble également s'être livré à la piraterie. Toutefois, des services rendus lui valent la reconnaissance de la duchesse Anne de Bretagne. En 1505, parvenue à Morlaix à l’occasion du pèlerinage de cette dernière à Saint-Jean-du-Doigt, elle demande à visiter la Cordelière, dont elle suit les navigations avec intérêt depuis qu'elle l'a engagée dans l’expédition de Mytilène[1] contre les Ottomans. Elle désire aussi rencontrer Hervé, mais celui-ci, craignant sans doute les conséquences de la réputation qu’il s’est forgée a, dit-on, pris la mer pour ne pas subir les reproches de sa souveraine. Elle le fait chercher et lui confie le commandement de la Cordelière.

Gentilhomme turbulent[modifier | modifier le code]

Veuf de Jehanne de Coatmanac'h, une lointaine parente des Bohic, Portzmoguer épouse en seconde noce Françoise de Kergoulouarn, « pennherez » originaire de Ploeven.

Ses activités antérieures ont tôt fait de rattraper l'amiral. En 1506, il est condamné avec plusieurs de ses compagnons pour avoir pillé un navire battant pavillon écossais et appartenant à Jehan Abreton et Georges Yvon. La sentence est appliquée avec d’autant plus de rigueur que l’Écosse est alors l’alliée de la France[1].

Quelques années plus tard, en 1510, une autre affaire, plus sérieuse, lui vaut de recevoir un mandement du Procureur général. Il semble bien que Jehan de Keraret a trouvé la mort à la suite d’un duel ou d’une rixe[1].

À la même époque ses incursions depuis Morlaix sur la côte d'outre Manche lui valent l’inimitié tenace des Anglais. Le capitaine Conhort, qui commande le Nicolas de Hamptoncourt, vient témoigner avec l'ambassadeur d'Angleterre et se plaindre au roi de France que « plus de trente navires ont esté à ces dernières vendanges prins et pillés par le capitaine Portzmoguer. » La rancune des anglais lui vaudra de voir son manoir brûlé par les troupes de l'Amiral Howard (en) au printemps 1512[1].

Le dernier combat de la Cordelière[modifier | modifier le code]

Son dernier combat, Portzmoguer le livre à bord de la Cordelière au cours de la fameuse bataille de Saint-Mathieu, qui s'est déroulée le à l'entrée de la rade de Brest. Il ne réussira à entraver le débarquement ennemi qu'au prix du sacrifice de son navire et de sa vie.

En avril 1512, le roi Henri VIII charge Edward Howard (en) d'organiser avec dix huit navires le blocus de la Manche et de piloter un corps expéditionnaire jusqu'en Guyenne. Howard occupe et incendie la presqu'île de Crozon et la région de la pointe Saint-Mathieu. Le manoir de Portzmoguer n'est pas épargné. L'Anglais tient ainsi fermée la rade de Brest, où est rassemblée la flotte normande du roi de France et celle de la Duchesse.

Le combat de la Cordelière par Pierre-Julien Gilbert.

Howard choisit de pénétrer dans le goulet de Brest au cours d'une cérémonie célébrant l'alliance brittofrançaise en présence du maire de Morlaix et de l'Amiral de France par intérim. Portzmoguer, alerté, rompt les amarres précipitamment et aborde Le Régent, caraque de mil tonneaux embarquant six cents soldats. Le premier duel d'artillerie de l'histoire navale s'engage. Les deux bâtiments s'accrochent l'un à l'autre. Les équipages se battent au corps à corps.

Portzmoguer entrevoit alors la défaite et décide de faire sauter son navire et par là même celui des Anglais. Il aurait préparer son équipage et ses invités à mourir avec panache par cette phrase « Nous allons fêter Saint Laurent qui périt par le feu ! ». Le feu est mis à la sainte barbe de la Cordelière. Environ mil cinq cent victimes sont à déplorer, dont les deux tiers du côté breton. Parmi celles ci, le capitaine, Hervé de Portzmoguer, ses invités et leurs compagnes, qui n'ont pas eu le temps de débarquer.

L'historien Étienne Taillemite écrit:

« Ce désastre eut un retentissement considérable en Bretagne, et il ne faut pas s'étonner qu'il ait pris, avec le temps, des dimensions presque mythiques. Certains, parmi lesquels le poète Théodore Botrel, ont voulu voir dans l'explosion un acte d'héroïsme désespéré. En réalité, comme l'explique clairement Max Guérout dans l'excellent ouvrage qu'il a publié cette année, on ne connaît pas les causes exactes du drame, et on ne sait pas grand-chose non plus sur Portzmoguer ni sur la Cordelière, à part qu'elle a été construite à Morlaix. Même son épave, malgré plusieurs campagnes de fouilles, n'a pu être localisée. Notre marine en tout cas a conservé le souvenir de Portzmoguer, quoique, on ne sait pourquoi, son nom ait été francisé en Primauguet. »

Hommages[modifier | modifier le code]

Navires[modifier | modifier le code]

Son surnom Primauguet a été donné à plusieurs navires[2] de la marine française, le dernier en date étant la frégate anti-sous-marine Primauguet, lancée en 1984.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Comédie dramatique mettant en scène la rencontre romancée d'Anne de Bretagne et Hervé de Portzmoguer en 1506. Pièce écrite pour la commémoration des cinq cents ans de la disparition de Hervé de Portzmoguer et du Marie La Cordeliére. Première le 12 Mai 2012, jouée par la troupe T.I.P.I. (Théâtre Itinérant en Pays d'Iroise).

Sources[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h M. Guérout, « Hervé de Portzmoguer », in Le dernier combat de la Cordelière, Le Télégramme, Morlaix, 2002 (ISBN 9782848332697).
  2. Primauguet sur www.defense.gouv.fr

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]