Place Ville Marie

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Place Ville Marie
Place Ville Marie.jpg

Place Ville Marie, vue du boulevard René-Lévesque

Histoire
Ancien(s) nom(s)
Édifice de la Banque royale du Canada / Royal Bank of Canada Building
Architecte
Ingénieur
Severud Associates (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Développeur
Construction
1958 - 1962
Usage
Bureaux, commerces, observatoire
Architecture
Style
Moderne
Hauteur du toit
188 m
Étages
47
Superficie
1 612 141 pieds carrées
Nombre dʼascenseurs
32
Administration
Propriétaire
Ivanhoé Cambridge (CDPQ)
Site web
Géographie
Pays
Ville
Quartier
Coordonnées
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Localisation sur la carte de la région métropolitaine de Montréal
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La Place Ville Marie est un complexe immobilier du centre-ville de Montréal constitué de quatre immeubles de bureaux sis au-dessus d'une galerie marchande. Les immeubles sont groupés autour d'une place située sur le toit de cette galerie et portant aussi le nom de place Ville Marie. Elle se situe à l'extrémité sud de l'avenue McGill College, à l'opposé de l'Université McGill dans le district Peter-McGill de l'arrondissement Ville-Marie. Le nom de place Ville Marie désigne toutefois généralement l'immeuble principal de ce complexe, le 1 Place Ville Marie[1], qui est le quatrième plus haut gratte-ciel de Montréal.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue en direction sud, fosse du Canadien National, près de la rue Dorchester, 1930

La phase 1 du complexe de la Place Ville Marie (infrastructure et édifice principal) fut construite entre 1958 et 1962 par le promoteur new-yorkais William Zeckendorf au-dessus de la tranchée de la Gare Centrale du CN. La construction d'un aussi vaste complexe dans ce qui était un lieu difficile à mettre en valeur fut un coup de génie qui contribua à réorienter le développement du centre-ville montréalais. Le promoteur fit cependant faillite avec ce projet quelques années plus tard.

À l'époque, les promoteurs de la Place Ville Marie et de la Tour CIBC se livraient compétition pour le plus haut édifice de Montréal et du Canada. La palme fut remportée par la place Ville Marie. Cette compétition est un peu à l'image de celle que se livraient les promoteurs de New York en 1931 lors de la construction du Chrysler Building et de l'Empire State Building pour le plus haut édifice au monde.

Depuis le début des années 1920, une fosse de 15 m de profondeur ouvrait le centre de la ville sur des voies ferrées et les trains qui les empruntaient. La tranchée longeait la rue Cathcart dans le prolongement de l'avenue McGill College. L'arrivée de Donald Gordon à la tête de la compagnie de chemin de fer allait lancer une série de projets destinés à combler la fosse, avec d'abord l'Hôtel Le Reine Élizabeth, puis avec la Place Ville Marie. Devant la difficulté du projet, Gordon dut se rendre à New York pour recruter l'architecte et le promoteur qui allaient s'attaquer au défi.

C'est William Zeckendorf qui propose d'ériger un complexe immobilier au-dessus des rails sur trois îlots, d'une superficie de 7 acres (28 000 m2). Gordon accepte et Zeckendorf recrute le duo d'architectes Ieoh Ming Pei et Henry N. Cobb. C'est ce dernier qui prend finalement les rênes de la conception et qui propose l'idée d'une tour cruciforme. Ce choix offrait notamment la possibilité d'aménager davantage de bureaux de coin et de mieux répartir la lumière dans l'édifice.

Les travaux débutent le 28 octobre 1958. Le défi était important, car il fallait construire la tour sur le chemin de fer, sans interrompre le trafic ferroviaire. La solution consiste donc à placer des colonnes de soutien entre les rails et sur les quais de gare, colonnes distancées d'environ 7,65 m. La forme en croix constituait également un élément important de complexité pour assurer la stabilité de la tour et la rendre résistante aux vents. Les ingénieurs durent se rendre à Washington pour trouver un ordinateur assez puissant pour calculer les charges.

L'inauguration de la tour a lieu le 13 septembre 1962. Le pianiste de jazz Oscar Peterson y donne un concert gratuit sur l'esplanade.

L'année suivante voit l'amorce de la construction de la phase 2 du projet. L'édifice central portant l'adresse 1 Place Ville Marie, les deux édifices au nord portent les numéros civique 2 et 4. Originellement de cinq étages et terminés respectivement en 1963 et 1964, ils seront rehaussés de trois étages en 1969. Entretemps, l'édifice fermant la place à l'ouest, le numéro 5, est complété en 1969 avec 15 étages et il sera rehaussé de quatre étages en 1981, ce qui complète l'ensemble tel qu'il existe aujourd'hui.

Aperçu de la Place Ville Marie en 1967

Description[modifier | modifier le code]

Place Ville-Marie, vue de l'esplanade.
Place Ville-Marie, vue vis-à-vis l'avenue McGill College.

Structure[modifier | modifier le code]

L'édifice principal, cruciforme, mesure 188,1 m (617 pieds) et possède 42 étages. (La tour devait en contenir 56, mais à cause d'un manque de fonds, les constructeurs ont dû arrêter à 42.) Le complexe a été développé en quatre édifices afin de ne pas être construit trop en hauteur, puisque la Ville de Montréal limite par réglementation la hauteur des gratte-ciels à celle du mont Royal.

Au PH 1 (42e étage), l'édifice central contient une chute d'eau, qui est le point central du système d'aération du complexe.

Le service d'ascenseur a été installé par Otis Elevator Company, mais certains ascenseurs ont été modernisés par Kone.

Malgré son âge, le complexe reste encore aujourd'hui le pivot du centre-ville et le point central du Montréal souterrain, géographiquement et historiquement. À son niveau inférieur, un centre commercial du nom de La Galerie Place Ville-Marie est relié par tunnels au Centre Eaton et à la Gare centrale (ce dernier tunnel passant sous le boulevard René-Lévesque).

Sommet de la structure[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gyrophare de Montréal.

Au sommet de la tour, un gyrophare a été installé par un des locataires, la Banque royale du Canada. Le gyrophare a été déplacé de l'édifice de la banque dans le Vieux-Montréal. Il est équipé de quatre ampoules de 2 500 watts qui s'allument automatiquement à la tombée du jour et qui s'éteignent à 1 h du matin. Devenu un emblème de la ville, les lumières peuvent être vues à 58 km de distance.

Données[modifier | modifier le code]

  • Environ 2 000 tonnes d'aluminium ont servi pour le revêtement des façades de la tour.
  • Environ 49 000 tonnes d'acier ont servi à la construction.
  • Un million de boulons ont été utilisés.
  • La tour contient 261 km de tuyauterie et 1 150 km de conducteurs électriques.
  • La tour compte 32 ascenseurs.
  • Le débit d'eau et la hauteur du jet de la fontaine sur l'esplanade sont ajustés selon la force du vent pour ne pas éclabousser les passants.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le 1, Place Ville-Marie a comme nom officiel Édifice de la Banque royale du Canada / Royal Bank of Canada Building. Cependant, les Montréalais disent habituellement Place Ville Marie pour cet édifice.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Forget, « Quand Montréal voulait toucher le ciel », Québec Science,‎ , p. 38-43.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]