Pierre Hubermont

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Pierre Hubermont
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Pierre Hubermont de son vrai nom, Joseph Jumeau, né à Wihéries en 1903 et mort à Bruxelles en 1989, est un écrivain prolétarien et journaliste belge ainsi qu'un militant wallon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans un village agricole où les revenus du travail de la terre sont insuffisants, situé à proximité du bassin houiller borain, il est le petit-fils et le fils d’ouvriers mineurs socialistes. Son père Nicolas Jumeau fonde en 1901 la section locale de la fédération syndicale du Borinage. Il sera ensuite conseiller communal en 1908, puis bourgmestre de son village en 1921.

Pierre Hubermont à cependant la possibilité de suivre les cours de l’école moyenne jusqu’à l’âge de quinze ans. Par la suite, tout en suivant les cours du soir de sténographie, il travaille deux années en tant que manœuvre et aide-maçon.

Très jeune, il adhère au Parti ouvrier belge. En 1920, il publie un premier conte dans L’Avenir du Borinage, le journal régional du parti. Peu de temps plus tard, il y entre en qualité de rédacteur, il y restera trois ans avant de devenir journaliste au journal Le Peuple.

En 1923, il publie son premier recueil poétique.

Il fréquente Charles Plisnier et les écrivains prolétariens belges, le mineur Constant Malva, le poète-paysan Francis André, l’instituteur Albert Ayguesparse et le journaliste communiste, fils de cheminot Augustin Habaru. Ils fondent ensemble la revue Tentatives (1928-1929), dans laquelle ils publient le « Manifeste de l’équipe belge des écrivains prolétariens de langue française », puis, avec Albert Ayguesparse, Prospections (1929-1931) et Esprit du temps (1933).

En 1930 parait un roman salué par la critique, Treize hommes dans la mine, récit d’un éboulement, drame des charbonnages, ou les hommes toutes classes confondues, sont les perdants, impuissants fasse aux éléments. Il sera traduit dans plusieurs langues.

En fin d’année, il se rend à Moscou et participe à une conférence internationale d’écrivains prolétariens et révolutionnaires (Congrès de Kharkov. Il est question d’une adaptation cinématographique de l’une de ses nouvelles « Au fond de la veine 6 », il refusera finalement de signer en raison des modifications que l’on veut apporter au texte. La presse collaborationniste écrira plus tard qu’on avait voulu faire de l’ouvrage un « instrument de propagande communiste » et qu’il revint d’Union Soviétique « profondément bouleversé, car il lui avait été donné de voir dans quel dénuement atroce, tant matériel que moral, on laissait le malheureux peuple russe[1]

La collaboration[modifier | modifier le code]

Pierre Hubermont refuse de signer le manifeste des treize intellectuels pour la neutralité et contre la guerre. En 1940 il quitte Le Peuple pour divergence d’opinion. Mobilisé, il apprend à son retour en août, après les combats de la campagne des dix-huit jours, la dissolution du POB par Henri De Man, il est influencé par ce dernier, théoricien du néo-socialisme, et séduit par l'Ordre nouveau, il tombe dans la collaboration intellectuelle. Il fonde un journal collaborationniste, La Wallonie et préside la « Communauté culturelle wallonne » subventionnée par les Allemands. Il collabore au Nouveau journal de Robert Poulet, à Voilà et à La Légia, quotidien édité par l’occupant. Il y défend une Wallonie rattachée à la race germanique.

Arrêté en septembre 1944, il est condamné à la détention perpétuelle, peine ramenée ensuite à 16 années de prison. Il est finalement libéré à la fin de l’année 1950.

Sa condamnation ne met cependant pas fin définitivement à son activité publique et littéraire.

Pourquoi la collaboration ?[modifier | modifier le code]

Les explications de la conduite de Pierre Hubermont ne sont pas différentes de celles que l'on a données du comportement d'un autre écrivain prolétarien Constant Malva (même si celui-ci ne s'est engagé que bien plus faiblement : il fut payé comme concierge d'un local du syndicat créé par Henri De Man après 1940, l'Union des travailleurs manuels et intellectuels (UTMI). Voici ce qu'en dit Paul Delforge :

«  Soutenu jusqu'en 1944 par la Propaganda abteilung, désavoué par l'ensemble du Mouvement wallon, Hubermont ne paraît pas conscient de ses choix politiques. D'aucuns expliquent d'ailleurs son orientation par une forme de dépit dont il aurait eu à souffrir dans l'entre-deux-guerres et que la sollicitude "allemande" aurait dissipé[2]. »

L'Encyclopédie du Mouvement wallon signale que Pierre Hubermont contribuera après la Grève générale de l'hiver 1960-1961 au journal Combat du Mouvement populaire wallon créé après ce mouvement social important et cela sous le pseudonyme de René Lapierre. Il avait créé dans cette publication une chronique hebdomadaire intitulée Vérité de Granit où il développe l'idée d'une Wallonie terre d'accueil, surtout aux Flamands qui ne lui rendent pas [3] réfutant tout racisme wallon.

Œuvres de Pierre Hubermont[modifier | modifier le code]

  • Synthèses poétiques d’un rêve 1923
  • La Terre assassinée 1928
  • Les Cordonniers 1929
  • Treize Hommes dans la mine 1930
  • Hardi ! Nontarchain 1932
  • Marie des Pauvres 1934
  • Du côté des anges 1934
  • L’Arbre creux 1938
  • J’étais à Katyn, témoignage oculaire 1943

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans Voilà 16 janvier 1942
  2. P.Delforge, article Pierre Hubermont in Encyclopédie du Mouvement wallon (qui lui consacre une notice importante), Tome II, p. 820
  3. P.Delforge, ibidem

Source[modifier | modifier le code]

  • Jacques Cordier, Lecture et Pierre Hubermont et la collaboration dans l'édition de 1993 de Treize hommes dans la mine - édition Labor, coll. Espace Nord

Liens externes[modifier | modifier le code]