Pierre Brunet (patinage artistique)

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Pierre Brunet
Image illustrative de l’article Pierre Brunet (patinage artistique)
Pierre et Andrée Brunet en 1929
Biographie
Nationalité Drapeau de la France France
Date de naissance
Lieu de naissance Le Quesne (France)
Date de décès (à 89 ans)
Lieu de décès Boyne City (États-Unis)
Parcours
Partenaire Andrée Joly
Retraite 1936
Andrée Joly et Pierre Brunet aux JO de 1924 à Chamonix (caricature de Kelèn).

Pierre Brunet, né le 28 juin 1902 au Quesne (Somme) et mort le 27 juillet 1991 à Boyne City au Michigan aux États-Unis, est un patineur artistique français, époux et partenaire d'Andrée Joly. Ensemble, ils forment le couple de patinage artistique le plus célèbre des années 1920 et 1930. Innovant sur la glace et réalisant les premiers portés à une main, ils sont médaillés à de nombreuses reprises aux Jeux olympiques et aux championnats du monde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Andrée Joly et Pierre Brunet, troisièmes des JO de 1924 à Chamonix.

Pierre Brunet commence le patinage en 1919 et pratique également l'escrime, la natation et l'aviron[1]. Quelques mois avant les Jeux olympiques de 1924, Pierre Brunet rencontre Andrée Joly alors qu'ils gagnent chacun de leur côté le titre de champion de France individuel de patinage au Palais des Glaces de Paris[2],[3]. Il lui propose de disputer ensemble les épreuves en couple, ce qu'elle accepte[2]. Huitième de l'épreuve individuelle des Jeux olympiques d'hiver, Brunet se rattrape en couple avec sa nouvelle partenaire pour obtenir une médaille de bronze, innovant déjà sur la glace avec des figures inédites[2],[4].

En 1926, Andrée Joly et Pierre Brunet se préparent pour les championnats du monde de patinage à Montana pendant trois semaines prises sur leurs vacances annuelles[1]. Ils remportent le championnat du monde de patinage artistique de figures par couples[1]. Le couple vient doter la France de son premier grand succès international en patinage[1]. Ils terminent avec dix points d'avance sur leurs poursuivants grâce à une nouvelle méthode, un porté alors appelé le « saut de l'ange »[1].

Lors des Jeux olympiques de Saint-Moritz, il remporte le titre olympique en compagnie de sa partenaire dans la compétition de patinage en couple[5]. Sans prendre de risque pour éviter toute chute, ils sont classés premiers par cinq juges, seconds par trois juges et quatrième par un juge[5].

Présent lors des fêtes de patinage en février 1929 au bois de Vincennes, organisés par L'Auto et le Journal, le couple fait le spectacle avec notamment des portés comme le tourbillon[6]. Il se marie à sa partenaire sportive en 1929 et devient le couple « Brunet-Brunet »[2]. L'année suivante, sa femme donne naissance à leur fils, Jean-Pierre, qui patine dès le plus jeune âge[7].

Aux Jeux olympiques d'hiver de 1932, il conserve son titre olympique en couple en s'imposant avec son épouse par la virtuosité, l'harmonie, la cadence et la grâce de leur programme[8]. Surclassant les six autres couples de la compétition, ils devancent de plus de 100 points leurs dauphins et sont célébrés par le public bien avant le verdict des sept juges[8].

Le , Pierre Joly est victime d'une chute dans un ravin avec sa femme lors d'une randonnée à skis[7]. Victime d'un épanchement de synovie au genou gauche, compliqué d'un déchirement musculaire, il est de nouveau sur ses patins en février[7]. Devenu professionnel avec Andrée en 1936, il part vivre avec elle à Londres puis Toronto avec de s'installer aux États-Unis et de devenir citoyen américain en 1942[3]. Devenu entraîneur, il forme de nombreux champions américains comme Carol Heiss, Dorothy Hamill ou encore Scott Hamilton[3],[2]. À la fin des années 1950, il conçoit le Gold Seal, une lame dont la résistance est réputée[3].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Couples avec Andrée Joly[modifier | modifier le code]

Compétitions / Années 1921 1922 1923 1924 1925 1926 1927 1928 1929 1930 1931 1932 1933
Jeux olympiques d'hiver 3e 1er 1er
Championnats du monde 2e 1er 1er 1er 1er
Championnats d'Europe 1er
Championnats de France 1er 1er 1er 1er 1er 1er 1er 1er 1er 1er

Individuel[modifier | modifier le code]

Compétitions / Années 1921 1922 1923 1924 1925 1926 1927 1928 1929 1930 1931 1932 1933
Jeux olympiques d'hiver 8e 7e
Championnats du monde 9e
Championnats d'Europe
Championnats de France 2e 2e 2e 1er 1er 1er 1er 1er 1er 1er 2e

Distinction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e E.-G. Drigny, « Mlle Joly et Pierre Brunet ont trouvé la juste récompense de leurs efforts en enlevant, à Berlin, le championnat du monde de patinage artistique », Le Miroir des sports, no 302,‎ , p. 114 (lire en ligne).
  2. a b c d et e « Pierre Brunet et Andrée Joly, un couple de légende », sur olympic.org, (consulté le 14 octobre 2018).
  3. a b c et d Jean Durry, Le Dictionnaire universel des créatrices, Éditions des femmes, 5022 p. (ISBN 9782721006516, lire en ligne), Brunet-Joly Andrée (Paris 1901 - Boyne City, Michigan 1993).
  4. E.-G. Drigny, « Les gracieux concours de figures du meeting de Chamonix », Le Miroir des sports, no 188,‎ , p. 87 (lire en ligne).
  5. a et b A. Glarner, « La Norvège se taille la part du lion aux Jeux olympiques de Saint-Moritz, qui furent riches en incidents : Le Canada gagna sans lutte le tournoi de hockey, où la France faillit être finaliste ; notre drapeau fut hissé au mât olympique pour la victoire de Mlle Joly et Brunet. », Le Miroir des sports, no 414,‎ , p. 120-121 (lire en ligne).
  6. A. Glarner, « Les fêtes de patinage, au bois de Vincennes et au bois de Boulogne, permettent à cent mille parisiens de s'initier aux sports de glace », Le Miroir des sports, no 470,‎ , p. 118 (lire en ligne).
  7. a b et c « Au jour le jour en marge des grandes épreuves sportives : Le retour d'Andrée Brunet-Joly », Le Miroir des sports, no 470,‎ , p. 206 (lire en ligne).
  8. a et b E.-G. Drigny, « Comme, en 1928, à Saint-Moritz, Mme et M. Brunet-Joly remportent facilement, à Lake Placid, le championnat de patinage artistique par couples : Cette première victoire olympique, ainsi que la bonne participation de nos skieurs dans l'épreuve de 18 kilomètres, assurent à nos couleurs une représentation qui doit nous satisfaire », Le Miroir des sports, no 638,‎ , p. 104-105 (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]