Philip Guston

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Philip Guston
Archives of American Art - Philip Guston - 3028.jpg
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 66 ans)
WoodstockVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Formation
Représenté par
Hauser & Wirth (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieu de travail
Mouvement
Conjoint
Musa Guston (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
signature de Philip Guston
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Philip Guston, né Phillip Goldstein, le à Montréal, et mort le (à 66 ans) à Woodstock, New York[1], est un peintre américain.

Il est rattaché à la New York School parmi laquelle figurent de nombreux membres de l'expressionnisme abstrait tels que Jackson Pollock ou Willem De Kooning.

Biographie[modifier | modifier le code]

Philip Guston est né en 1913 sous le nom de Phillip Goldstein, de parents juifs ukrainiens. Ceux-ci ont émigrés d’Odessa à Montréal[2]. En 1919 – le jeune Phillip a 6 ans –, sa famille quitte Montréal pour la Californie. Son père se suicide en 1923[2].

À partir de 1927, il s'inscrit à la Manual Arts High School de Los Angeles où il rencontre pour la première fois Jackson Pollock qui y est aussi étudiant[2]. Son apprentissage est le fruit de diverses rencontres ; il est initié à l'art moderne, découvre l'art des Indiens d'Amérique du nord. En 1931, il expose une peinture en soutien des Scottsboro Boys, neufs jeunes afro-américains accusés du viol de deux jeunes filles blanches, condamnés à mort dans un procés expéditif. Un groupe de policiers de Los Angeles détruit l'œuvre, et ne sont pas pousuivis pour cette action. Il est ensuite marqué par la découverte des peintres muralistes mexicains[2], qu'il rencontre en 1932 lors du passage de David Alfaro Siqueiros et de José Clemente Orozco à Los Angeles.

Ses premiers travaux sont d'un style réaliste et traitent de sujets sociaux, le travail ou la ségrégation des Noirs. De 1934 à 1942, il réalise plusieurs peintures murales, au Mexique puis aux États-Unis, notamment des commandes de la Work Progress Administration.

Il quitte, durant ces années, Los Angeles pour rejoindre New YorkJackson Pollock, son ancien camarade, est installé depuis 1930 ; il y rencontre les artistes Willem De Kooning, Mark Rothko, Franz Kline, Barnett Newman et David Smith, avec qui il formera un réseau d'artistes désigné plus tard, par la critique, comme l’école de New York. C'est à partir de 1938, au contact de ces artistes, que son travail s'oriente vers l'abstraction. L'automatisme a une part importante, les touches sont volontairement visibles et composent un réseau coloré qui s'étend sur la toile. Il rencontre un grand succès dans le courant des années 1950, se lie d'amitié avec le critique Harold Rosenberg, et rencontre les compositeurs Morton Feldman et John Cage, avec qui il partage un intérêt pour la philosophie zen et l'existentialisme.

En 1970, alors très reconnu comme un grand peintre de l'expressionnisme abstrait, il fait scandale en présentant, à la Marlborough Gallery à New York, de nouvelles peintures figuratives, au style enfantin, proches de la bande dessinée représentant de simples objets, livres, chaussures, immeubles, paysages urbains inquiétants, peuplés de la figure récurrente du Klansman (membre du Ku Klux Klan). Inspiré par le dessin des comics de Robert Crumb et le désir de « raconter des histoires », il renoue avec les thèmes sociaux de ses premières années. La figure du Ku Klux Klan revient comme symbole des violences sociales[2].

Les souffrances de sa femme malade et de la vieillesse lui inspirent également de nombreuses peintures. Beaucoup ne lui pardonnent pas d'avoir rompu avec la tradition moderniste. Ainsi, Hilton Kramer, le critique d'art du New York Times, le qualifie de « mandarin qui fait semblant d'être un abruti » dans un célèbre article sur l'exposition de la Marlborough Gallery[3]. Robert Hughes, le critique de Time Magazine qualifie ces nouvelles peintures de « Ku Klux Komix ». Seul De Kooning (« Tu sais quel est ton sujet : c'est la liberté ! »[4]) et un cercle de proches le soutiennent dans cette évolution. Il s'installe alors à Woodstock où il fait la rencontre de Philip Roth avec qui il se lie d'une longue amitié.

Demeuré un temps sans galerie, il rejoint David McKee, un ancien de la Marlborough qui vient d'ouvrir sa propre petite galerie au Barbizon Hotel, auquel il reste fidèle jusqu'à la fin de sa vie.

Guston meurt d'un infarctus à l'âge de 66 ans.

Prix[modifier | modifier le code]

En 1949 et en 1971, il est lauréat du prix de Rome américain[5],[6],[7].

Postérité[modifier | modifier le code]

Depuis sa mort, l'influence de Philip Guston au sein de la jeune peinture new-yorkaise et américaine n'a cessé de grandir. Il est significatif que la grande exposition consacrée à l'expressionnisme abstrait new-yorkais par le Museum of Modern Art de New York, en 2010-2011, se clôt avec une grande peinture figurative de Guston du début des années 1970, comme pour annoncer l'avènement d'une nouvelle ère dont Guston serait l'origine.

Ces œuvres tardives seront ensuite reconnues et largement montrées dans les collections et expositions d'art contemporain.

De nombreuses rétrospectives lui ont été consacrées depuis les années 1990, entre autres à Paris au Centre Pompidou, à Londres à la Royal Academy, au SFMOMA à San Francisco, à l'IVAM à Valencia, ou encore au MASS MoCA à North Adams.

Œuvres majeures (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Drawing for Conspirators, 1930
  • Against terror, 1934
  • Martial Memory, 1941
  • If this be not I, 1945
  • Painting, No. 5
  • Zone, 1954
  • For M, 1955
  • The Light, 1964
  • Shoe, 1968
  • The Studio, 1969
  • Outskirts, 1969
  • Dawn, 1970
  • Duo,1973
  • The Street, 1977
  • The Line, 1978
  • Ravine, 1979

Catalogues et autres ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Philip Guston sur Wikipedia en anglais et sur larousse.fr.
  2. a b c d et e Philippe Dagen, « Philip Guston, un abstrait rattrapé par le réel », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Philippe Dagen, « Philip Guston aux Sables-d'Olonne : l'abstraction aller et retour », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. Citation reprise par Musa Meyer, fille de l'artiste, dans son livre Night Studio.
  5. (en) « Unnatural Wonders: Essays from the Gap Between Art and Life Par Arthur Coleman Danto », sur books.google.fr
  6. (en) « National gallery of autralia », sur nga.gov.au
  7. (en) « american academy in rome », sur www.sof-aarome.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]