Petrus Christus

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Portrait d'une jeune fille, huile sur chêne, (29 × 22,5 cm), Gemäldegalerie, Berlin.

Petrus Christus est un peintre flamand. Il est né à Baerle-Duc (près de Breda) à une date inconnu et est mort entre le 2 septembre 1475 et le 13 mars 1476 à Bruges. Petrus Christus fait partie de la famille des peintres primitifs flamands. Historiquement et stylistiquement, il se place après Jan Van Eyck, Robert Campin ou Rogier van der Weyden, et avant Hans Memling.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le premier document connu[1] concernant Petrus Christus est son enregistrement, le 6 juillet 1444, comme bourgeois de la ville de Bruges. Le registre des bourgeois (Poorterboeken) note qu'il est natif de Baerle-Duc et qu'il a acheté son droit de bourgeoisie ce jour, par l’entremise d'un certain Joos vander Donc, « afin d'être peintre ». Il paye la taxe, de trois livres parisis[2]. Pour être peintre à Bruges, il fallait d'abord être bourgeois, et le droit de bourgeoisie pouvait s'acquérir de trois manières : épouser une « bourgeoise », avoir vécu à Bruges depuis un an et un jour, ou acheter ce droit[3]. Le nom de famille plutôt rare de « Christus » était assez usité dans la région de Breda, à proximité de l’actuelle frontière belgo-néerlandaise[4],[5]. Une famille patricienne « Cristus » est mentionnée plusieurs fois à Breda[5].

Formation et influences[modifier | modifier le code]

Son père Pierre aurait été son maître[6]. Influencé par les « fondateurs » flamands, van Eyck et Van der Weyden, reprenant leur goût pour la précision réaliste et le rendu de la perspective; on a longtemps supposé qu'il reçut sa formation chez Jan van Eyck, mais les dates ne concordent pas : Van Eyck est décédé en 1441, et Petrus Christus n'est actif à Bruges qu'à partir de 1444. Il aurait par contre achevé certains de ses tableaux[6].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il devient citoyen de la ville de Bruges le 7 juillet 1444 et fut membre de la guilde des peintres de Bruges jusqu'à sa mort.
En 1462, il devient membre, avec sa femme, la Confrérie Notre-Dame de l'Arbre Sec, une confrérie religieuse dédiée au culte de la Vierge Marie[6].

Les comptes des diverses confréries permettent de situer la mort de Petrus Christus entre le 2 septembre 1475 et le 19 décembre 1476. Comme son fils Bastien devient franc maître de la corporation des imagiers le 13 mars 1476 et reprend alors probablement l'atelier de son père, on peut conclure que Petrus Christus est mort avant le 13 mars 1476[7].

Portée et postérité[modifier | modifier le code]

Son fils Bastien (ou Bastyaen) devint peintre à son tour[6]. Le petit-fils de Petrus Christus, aussi prénommé « Petrus », reprend à son tour l'atelier de son père le 5 mai 1500[7].

La réputation de Petrus Christus s'efface rapidement après sa mort dans le Nord. En Italie par contre, elle persiste : Pietro Summonte par exemple en parle comme d'un « pictor famoso in Fiandra ». Lodovico Guicciardini, en 1567, cite Petrus dans sa Description de l'ensemble des Pays-Bas augmentée de la Germanie inférieure, et Giorgio Vasari dans la seconde édition des Vite. La redécouverte de Petrus Christus à l’époque moderne revient à Gustav Friedrich Waagen, conservateur en chef de la Gemäldegalerie de Berlin au début du XIXe siècle, et à Johann David Passavant, peintre allemand contemporain de Waagen et amateur d'art reconnu[8].

Œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

Metropolitan Museum of Art, New York
National Gallery of Art, Washington
  • La Nativité (v.1450),
  • Portrait d'un donateur (v. 1455), collection Samuel H. Kress, 1961
  • Portrait d'une donatrice (v. 1455), collection Samuel H. Kress, 1961
National Gallery, Londres
  • Édouard Grymeston (1446), dépôt de la collection du comte de Verulam, Corhambury
  • Portrait d'un jeune homme (v. 1450-1460), legs Salting, 1910
Städel, Francfort-sur-le-Main
  • L'Homme au faucon (vers 1445-1450)
Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles
Groeningemuseum, Bruges
Gemäldegalerie, Berlin
Birmingham Museum and Art Gallery
  • L'Homme de douleurs (v. 1444-1446)

Notes et Références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ainsworth 1995, p. 195.
  2. Trois livres parisis correspondent à environ une semaine de revenus d'un maître ouvrier (Ainsworth 1995, p. 15).
  3. Ainsworth 1995, p. 15.
  4. Upton 1990, p. 8.
  5. a et b Scholtens 1960, p. 59-72.
  6. a, b, c et d Frère 2007, p. 85.
  7. a et b Ainsworth 1995, p. 18-19.
  8. Ainsworth 1995, p. 25.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maryan W. Ainsworth et Maximiliaan P. J. Martens, Petrus Christus: Renaissance master of Bruges, New York, The Metropolitan Museum of Art,‎ (ISBN 9780870996948, lire en ligne).
  • Maryan W. Ainsworth et Maximiliaan P. J. Martens, Petrus Christus, Gand et New York, Ludion et The Metropolitan Museum of Art,‎ (ISBN 90-5544-055-8) — Traduction de la version anglaise par Cécile Krings et Catherine Warnant.
  • Jean-Claude Frère, Primitifs flamands, Édition Pierre Terrail,‎ (ISBN 978-2-87939-338-4).
  • Joel M. Upton, Petrus Christus : His Place in Fifteenth-Century Flemish Painting, University Park, The Pennsylvania State University Press,‎ (ISBN 978-0271006727).
  • (nl) Hendrik Jan Joseph Scholtens, « Petrus Cristus en zijn portret van een Kartuizer », Oud Holland, vol. 75, no 1,‎ , p. 59-72 (DOI 10.1163/187501760X00122, JSTOR 42723021, présentation en ligne).
  • (en) Charles Sterling, « Observations on Petrus Christus », Art Bulletin, College Art Association, vol. 53, no 1,‎ , p. 1-26 (DOI 10.2307/3048794 DOI: 10.2307/3048794, JSTOR 3048794).


Articles liés[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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