Patrick Michaels

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Patrick J. (« Pat ») Michaels (né le ) est un climatologue américain, aujourd'hui retraité. Professeur de recherche en sciences de l'environnement à l'Université de Virginie jusqu'en 2007, il avait commencé à y travailler depuis 1980[1]. Il était par ailleurs engagé politiquement au sein du Cato Institute jusqu'au printemps 2019.

Sceptique sur la question du réchauffement climatique, il a été président de l'Association américaine des climatologues d'État. De nombreuses polémiques sur des sources de financement liées à des entreprises du secteur de l'énergie (utilisant des énergies fossiles) ont éclaté, avec des sommes versées par ces entreprises à destination de Patrick Michaels se chiffrant jusqu'à 165,000 $.

Il a par ailleurs écrit de nombreux ouvrages et articles sur le changement climatique, notamment Sound and Fury: La science et la politique du réchauffement planétaire (1992), Les gaz sataniques (2000) et Meltdown: La distorsion prévisible du réchauffement planétaire réalisée par des scientifiques, des politiciens, et les médias (2004). Il est également co-auteur de Climate of Extremes: une science du réchauffement de la planète qu'ils ne veulent pas que vous sachiez (2009)[1]. Le point de vue de Michaels, comme indiqué dans un article de 2002 de la revue Climate Research, est que la planète verra « une plage de réchauffement de 1,3 à 3,0 °C, avec une valeur centrale de 1,9 °C » pour la période 1990 à 2100 (cette valeur étant bien inférieure aux prévisions moyennes du GIEC)[2].

Parcours universitaire[modifier | modifier le code]

Patrick Michaels obtient une licence en biologie en 1971 puis un master en biologie en 1975 à l'Université de Chicago. En 1979, il obtient un doctorat en climatologie écologique de l'Université du Wisconsin à Madison[3]. Son sujet de thèse était intitulé Anomalies atmosphériques et rendements des cultures en Amérique du Nord[4].

Financement par des lobbies du secteur de l'énergie[modifier | modifier le code]

Le , ABC News rapporte qu'une coopérative du secteur énergétique du Colorado, l'Intermountain Rural Electric Association, a versé un montant de 100,000 $ sur le compte de Patrick Michaels[5]. Associated Press précise que ce versement a été effectué après que Patrick Michaels ait « indiqué à des businessmen de l'Ouest... qu'il n'avait plus d'argent pour réaliser ses analyses du travail des autres scientifiques menant des recherches sur le réchauffement climatique », et note que la coopérative a un intérêt économique évident à s'opposer aux restrictions sur les émissions de dioxyde de carbone, ce qui représente une situation claire de conflits d'intérêts[6].

Patrick Michaels affirma sur CNN que 40% de ses financements provenaient de l'industrie pétrolière[7]. D'après l'enquête de Fred Pearce, les lobbies des énergies fossiles ont financé les travaux de Patrick Michaels, notamment le World Climate Report, publié chaque année depuis 1994, ainsi que son entreprise militante de consulting scientifique, nommée New Hope Environmental Services[8].

Un autre article publié en 2005 dans le Seattle Times rapporte un nouveau versement à hauteur de 165,000 $ reçu par Patrick Michaels de la part d'entreprises du secteur de l'énergie, cet argent provenant notamment de l'industrie du charbon, en vue de permettre l'édition de son propre journal sur le climat[9].

Prises de positions sur la question du réchauffement climatique[modifier | modifier le code]

Patrick Michaels dit qu'il ne conteste pas les principes scientifiques de base selon lesquels les gaz à effet de serre participent au phénomène de réchauffement climatique et le fait que les températures moyennes sur Terre ait augmenté au cours de ces dernières décennies[10]. Il est toutefois classé parmi les climatosceptiques[11] et est décrit par Michael E. Mann comme « l'un des principaux contradicteurs au sujet du réchauffement climatique »[12]. Effectivement, les positions défendues par Michaels sont celles présentant le réchauffement climatique comme mineur, non catastrophique, et même bénéfique[13].

Ses prises de positions controversées ne sont pas émises dans la presse scientifique mais dans certains médias grand public, ainsi que dans des think tanks. Ainsi, en 2003, il prend position en déclarant dans le Washington Times :

« Tout cela a à voir avec la physique de base, qui n'est pas très difficile à comprendre. On sait depuis 1872 que, chaque fois que nous émettons de plus en plus de dioxyde de carbone dans notre atmosphère, chaque réchauffement entraîne de moins en moins de réchauffement. En d’autres termes, les premiers changements produisent le plus de réchauffement, les suivants produisent un peu moins, et ainsi de suite. Mais nous supposons également que le dioxyde de carbone continue d’être libéré dans l’atmosphère à un rythme toujours croissant. En d’autres termes, l’augmentation d’une année à l’autre n’est pas constante, mais elle augmente elle-même. L'augmentation du taux d'émissions de dioxyde de carbone, associée au fait que de plus en plus de dioxyde de carbone produit de moins en moins de réchauffement, oblige nos prévisions climatiques pour le réchauffement futur à être assez linéaires. Traduction: Une fois que les êtres humains commencent à réchauffer le climat, ils le font à un rythme constant[14]. »

Michaels écrit par ailleurs dans le journal économique The Wall Street Journal en 2008 : « Pourquoi les nouvelles sur le réchauffement climatique sont-elles toujours mauvaises? Peut-être parce qu'il y a peu d'incitation à regarder les choses autrement. Si vous le faites, vous êtes susceptible d'être mis au pilori par vos collègues. Si le réchauffement climatique n'est pas une telle menace, qui a besoin de tout ce financement ? »[15]

En 2002, un article publié dans le journal Climate Research par Patrick Michaels et trois autres universitaires prédit « un réchauffement global de l'ordre de 1,3 à 3,0 °C, avec une valeur central de 1,9 °C » entre 1990 et 2100, et fait remarquer dans ce même article que « la plage de température et les valeurs centrales déterminées dans notre étude peuvent être trop grandes ». Il fait valoir que le système de rétroaction climatologique impliquant les tendances actuelles du réchauffement était plus faible que ce qui était généralement affirmé, aboutissant à une conclusion qui différencie son point de vue de celui des estimations du GIEC[16].

En 2009, Michaels a rédigé un rapport pour un think tank libéral (le Cato Institute) selon lequel il affirme que « le Congrès ne devrait adopter aucune loi limitant les émissions de dioxyde de carbone, devrait abroger les règles actuelles sur l'éthanol et informer le public sur le faible impact relatif au changement climatique »[17].

En 2018, Patrick Michaels se rend sur le plateau de Fox News, et y déclare que « probablement environ la moitié, peut-être la moitié de ces neuf dixièmes de degré [de réchauffement total] pourraient être causés par les gaz à effet de serre ». Climate Feedback, un site Web vérifiant les faits scientifiques portant sur les changements climatiques, a écrit que l'affirmation de Michaels, qu'« aucune preuve ni recherche scientifique quelconque n'a été menée pour étayer cette affirmation, et qu'elle est en contradiction avec la littérature scientifique publiée »[18].

Publications[modifier | modifier le code]

Patrick Michaels est l'auteur de plusieurs livres, dont : Sound and Fury: The Science and Politics of Global Warming (1992), Satanic Gases (2002), Meltdown: The Predictable Distortion of Global Warming by Scientists, Politicians and the Media (2004), publié par le Cato Institute, et Shattered Consensus: The True State of Global Warming (2005).

Ses travaux ont été publiés dans des journaux scientifiques de renom, tels que Climate Research, Climatic Change (revue), Geophysical Research Letters, Journal of Climate, Nature, ou encore Science, ainsi que dans de grands organes de presse tels que le Washington Post, le Washington Times, le Los Angeles Times, USA Today, Houston Chronicle, et le Journal of Commerce.

Documents scientifiques et commentaires techniques[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Patrick J. Michaels », Cato Institute,
  2. (en) Patrick J. Michaels, Paul C. Knappenberger, Oliver W. Frauenfeld and Robert E. Davis, Climate Research, « Revised 21st century temperature projections »,
  3. (en) « C.V. Patrick J. Michaels » [archive du ], United States House Committee on Energy and Commerce,
  4. (en) Michaels, Patrick J., « Atmospheric anomalies and crop yields in North America », Université du Wisconsin à Madison,
  5. (en) Clayton Sandell et Bill Blakemore, « ABC News Reporting Cited As Evidence In Congressional Hearing On Global Warming », ABC News, (consulté le 14 mars 2007)
  6. (en) Seth Borenstein via Associated Press, « Utilities Give Warming Skeptic Big Bucks », The Boston Globe, (consulté le 13 octobre 2009)
  7. (en) « Interview with Fareed Zakaria, Gavin Schmidt, Jeffrey Sachs and Patrick Michaels », CNN,
  8. Fred Pearce, The Climate Files : The Battle for the Truth about Global Warming, Guardian Books, , 266 p. (ISBN 978-0-85265-229-9)
  9. (en) Sandi Doughton, « The truth about global warming » [archive du ], The Seattle Times, (consulté le 4 mai 2007)
  10. Patrick Michaels, « Live with climate change », USA Today,
  11. Sandi Doughton, « The truth about global warming » (version du 25 avril 2007 sur l'Internet Archive), The Seattle Times,
  12. Michael E. Mann, « The Hockey Stick and the Climate Wars: Dispatches from the Front Lines », Columbia University Press, (ISBN 978-0-231-15255-6), p. 106
  13. (en) Patrick Michaels, Paul C. Knappenberger et Robert E. Davis, « The Way of Warming », Regulation, Cato Institute, vol. 23, no 3,‎ (lire en ligne, consulté le 16 décembre 2019).
  14. Patrick Michaels, « Posturing and reality on warming », The Washington Times,
  15. « Our Climate Numbers Are a Big Old Mess », Wall Street Journal,
  16. Patrick J. Michaels, Paul C. Knappenberger, Oliver W. Frauenfeld et Robert E. Davis, « Revised 21st century temperature projections », Climate Research,
  17. Patrick Michaels, « CATO Handbook for Policy Makers » [PDF], CATO Institute,
  18. (en) « On Fox News, Patrick Michaels falsely claims humans are only responsible for half of global warming », Climate Feedback, (consulté le 10 juillet 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]