Ordre libanais maronite

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L’Ordre libanais maronite [O.L.M.] est un ordre religieux et apostolique oriental catholique. Il appartient à l’Église maronite.

Fondé en 1695 et approuvé en 1732 comme ordre monastique, l'Ordre, en 1770, se sépara en deux branches : l'Ordre maronite d’Alep (Mariamite) et l'Ordre libanais maronite (Baladite) . En 1955, l’Ordre libanais maronite fut déclaré « non-monastique » par un motu proprio de Pie XII en date du 9 février 1952.

Fondation et histoire[modifier | modifier le code]

L'Ordre fut fondé par trois jeunes maronites d'Alep, Gibrael Hawwa, Abdallah Qaraali et Youssef El Bitin. Avec la bénédiction du patriarche Stéphane Al Douwayhi, ils portèrent l'habit monastique au monastère de Notre-Dame de Kannoubine, le 10 novembre 1695[1].

Les fondateurs habitèrent d’abord le monastère « Mart Moura » près d'Ehden, au nord du Liban, où ils furent rejoints par Gibrael Farhat. Ils ne tardèrent pas à commencer les travaux d’élargissement et reçurent le couvent Saint-Élisée de Bcharré en 1696.

XVIIIe et XIXe siècles[modifier | modifier le code]

Monastère de Qozhaya

À partir du XVIIIe siècle, l'Ordre s’est étendu au Liban. Les monastères suivants ont été fondés : Saint-Jean Rechmaya au Chouf en 1706, Notre-Dame de Louaizé au Keserouan en 1706, Saint-Antoine-Sir près de Rechmaya en 1707 puis le monastère Saint-Antoine-le-Grand de Qozhaya (Nord du Liban) en 1708 et autres. En 1732, le Saint-Siège ratifia les constitutions de l'Ordre qui s'étaient inspirées de celles d'autres Ordres.

À partir de 1737, l'Ordre commença à s’élargir au-delà des frontières des montagnes libanaises. Des missions sont fondées à Chypre, à Akka, à Rome, à Sidon et à Tripoli.

Les symptômes de division apparurent dès 1742 entre les Alepins et les Libanais nommés « Montagnards » ou « Baladites ». Ils conduiront en 1770, avec l’approbation du pape Clément XIV, à une séparation définitive de l'Ordre en deux branches : l'Ordre maronite d’Alep (Mariamite) et l'Ordre libanais maronite (Baladite).

Au XIXe siècle, l'Ordre libanais maronite s'occupait en particulier de la formation de ses membres, de l'éducation et du progrès. Mais ceci ne diminuait pas son engagement spirituel et ascétique. En fait, plusieurs de ses membres furent d'éminentes personnalités religieuses, comme saint Charbel, sainte Rafqa, saint Nimatullah Kassab Al-Hardini et le bienheureux Estéfan Nehmé, et bien d'autres en voie de béatification.

L’Ordre au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Monastère de Mar Moussa

Le XXe siècle est caractérisé par une grande expansion :

  • Les deux grandes guerres mondiales, qui ont anéanti le Liban, poussent les religieux à se mettre au service des nécessiteux. L’Ordre hypothéqua ses biens pour assurer le pain aux affamés.
  • Avec l’accroissement de l’émigration libanaise, l'Ordre fonda plusieurs missions: au Sénégal, en Argentine, au Brésil, en Côte d'Ivoire, au Mali, au Mexique, en Australie, au Canada, en Angleterre, en France, au Venezuela et récemment, en Belgique (à l’abbaye de Bois-Seigneur-Isaac). L'Ordre renforça les anciennes missions de Chypre, Jaffa, Bethléem et Jérusalem.
  • L'Ordre contribua au développement du secteur culturel et universitaire surtout à travers l’université Saint-Esprit de Kaslik. Par ailleurs, il s’appliqua à rendre sa vocation humaine pionnière; il fonda alors l’Hôpital Notre-Dame-de-Bon-Secours et l’établissement de Beit Chabab pour les handicapés.
  • L'Ordre, en accompagnant les émigrés, enracina le peuple libanais dans sa terre. Il fut à ses côtés durant les guerres mondiales, régionales et locales. Il endura ce que le peuple endurait ; il fut expatrié, persécuté. Ses institutions furent détruites et certains moines subirent le martyre.

Aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Lorsque l’heure du retour sonna, l'Ordre fut parmi les premiers à revenir et à construire ce qui avait été démoli. Comme il croit que la terre symbolise le don et la mission et que celui qui l’abandonne perd sa personnalité et renonce à son histoire, l'Ordre est actif à la reconstruction. Les 450 membres de l’Ordre libanais maronite (en deux branches : masculine et féminine) œuvrent aujourd’hui dans 80 couvents et institutions au Liban et à l’étranger (voir Couvents et monastères au Liban).

Extrait des Constitutions de l’Ordre[modifier | modifier le code]

«L'Ordre Libanais Maronite est l'une des voies de la vie monastique authentique. Guidé par la tradition monastique, il s'inspire de l’esprit de l'Église maronite syriaque d'Antioche (…) Notre Ordre s’appuie sur la vie communautaire, la vie de prière, de silence, de quiétude et de pratiques ascétiques. Il s’engage également dans des activités apostoliques, en prenant le couvent comme point de référence, conformément à son histoire et aux besoins de l'Église» (Art. 1.3).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Depuis lors la date du 10 novembre est celle de la commémoration de la fondation de l'Ordre libanais maronite.

Lien externe[modifier | modifier le code]