Offensive Vyborg-Petrozavodsk

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Offensive Vyborg–Petrozavodsk
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Informations générales
Date au
Lieu région de l'Arctique (Vyborg), sud de la Norvège
Issue Victoire soviétique
Belligérants
Drapeau de l'URSS Union soviétiqueDrapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Finlande
Commandants
Drapeau de l'URSS Union soviétique Leonid Govorov
Drapeau de l'URSS Union soviétique Kirill Meretskov
Finlande Carl Gustaf Emil Mannerheim
Finlande Karl Lennart Oesch
Forces en présence
450 500 hommes268 000 hommes
Pertes
32 500 tués60 000 tués

Batailles

Front de l’Est
Prémices :

Guerre Germano-soviétique :

  • 1941 : L'invasion de l'URSS

Front Nord :

Front Central :

Front Sud :

  • 1941-1942 : La contre-offensive soviétique

Front Nord :

Front Central :

Front Sud :

  • 1942-1943 : De Fall Blau à 3e Kharkov

Front Nord :

Front Central :

Front Sud :

  • 1943-1944 : Libération de l'Ukraine et de la Biélorussie

Front Central :

Front Sud :

  • 1944-45 : Campagnes d'Europe centrale et d'Allemagne

Allemagne :

Front Nord et Finlande :

Europe orientale :


Front d’Europe de l’Ouest


Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée


Bataille de l’Atlantique


Guerre du Pacifique


Guerre sino-japonaise


Théâtre américain

L'offensive Vyborg–Petrozavodsk désigne une offensive de l'Armée rouge qui eut lieu du au contre la Wehrmacht dans le sud de la Finlande sur le front de l'Est lors de la Seconde Guerre mondiale.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

En , l'armée soviétique a levé le siège de Leningrad et repoussé le groupe d'armées allemand vers le sud. La Finlande a demandé des conditions de paix en mais le Parlement finlandais a estimé que les termes reçus étaient impossibles à remplir. La Finlande a abandonné les conditions de paix et la Stavka a commencé à se préparer à une offensive pour forcer la Finlande à arrêter la guerre[1].

Déroulement de l'offensive[modifier | modifier le code]

Pour détruire l'armée finlandaise et de sortir la Finlande de la guerre, la Stavka décide de mener l'offensive de Vyborg-Petrozavodsk. La stratégie prévoyait une double offensive, de Leningrad via Vyborg et la seconde à travers la rivière Svir (rivière) par Petrozavodsk et Sortavala jusqu'à la frontière de 1940, donc une avancée en profondeur en Finlande. Le plan prévoyait la destruction de l'armée finlandaise en Carélie et sur la rive ouest du lac Ladoga[2],[3].

Les lignes rouges sont les défenses finlandaises.
Offensive soviétique contre les défenses finlandaises.

Les principaux objectifs stratégiques de l'offensive étaient d'éloigner les forces finlandaises du nord de Leningrad et de créer des conditions meilleures pour une offensive majeure au sud contre l'Allemagne.

L'armée finlandaise préparait des fortifications défensives depuis 1940 et trois lignes de défense ont été construites en Carélie. Les deux premières s'appellent la « ligne principale », qui a été construite le long de la ligne de front de 1941, et la ligne VT (en) (Vammelsuu-Taipale) qui se situe à 20 km derrière la ligne principale. Ces lignes ont été renforcées avec de nombreuses fortifications en béton. Quant à la troisième ligne, la ligne VKT (en) (Viipuri-Kuparsaari-Taipale), les fortifications ont commencé a être construite à la fin de dans le secteur de Vyborg. Sur la rive nord de la rivière Svir, l'armée finlandaise avait préparé une zone de défense en profondeur, fortifiée de points forts avec des casemates en béton, des barbelés, des obstacles et des tranchées. Après la guerre d'Hiver, la ligne Salpa a été construite derrière la frontière de 1940 avec des bunkers en béton devant la rivière Kymi[4],[5].

Pour surmonter ces obstacles, la Stavka a affecté 11 divisions et 9 régiments de chars d'assaut au front de Léningrad. Donc 19 divisions, 2 divisions fortifiées, 2 brigades de chars, 14 régiments de chars d'assaut, avec 220 batteries d'artillerie et 3 000 lance-roquettes. Environ 1 500 avions de la 13e armée aérienne (en). A l'est de la Carélie, la Stavka prévoyait d'utiliser 9 divisions, 2 brigades de sapeurs, 2 brigades de chars et 3 régiments d'artillerie d'assaut, donc 16 divisions, 2 divisions fortifiées, 5 brigades d'infanterie et 3 brigades d'assauts. 3 bataillons de chars et soutenus par une flottille navale du lac Ladoga et du lac Onega et par la 7e armée aérienne (en) [6].

Le , le gouvernement finlandais demande les conditions de paix aux Soviétiques. La réponse arrive le lendemain, exigeant la capitulation finlandaise comme préalable à la présentation de toutes les conditions soviétiques. Cela crée la confusion au sein le gouvernement finlandais. Pendant la réunion, le maréchal Mannerheim est appelé et il déclare qu'une réponse favorable à la demande soviétique constituerait une capitulation inconditionnelle.

Lorsque le voyage de négociation de Paasikivi à Moscou en , qui a été initié par l'ambassadeur soviétique à Stockholm, s'est avéré être un diktat soviétique, le gouvernement a décidé d'interpréter la réponse soviétique comme demande de reddition inconditionnelle. Après le refus des Finlandais d'accepter les propositions soviétiques en avril 1944, en raison de demandes de réparation excessives, la Finlande ne se voit offrir qu'une reddition inconditionnelle. La déclaration de Churchill selon laquelle, en tant que belligérant de l'Axe, la reddition StuG IIIa capitulation inconditionnelle était effectivement l'objectif soviétique[7].

Avec les renforts de l'armée finlandaise, l'armée comptait 268 000 soldats de l'armée finlandaise avec 110 chars et 250 avions face aux deux fronts de l'armée rouge, donc un affectif de 40% des hommes en moins. Au total, l'Armée Rouge avait un avantage de 1.7. Les forces finlandaises se composaient de 14 divisions d'infanterie, une division de chars, 5 brigades d'infanterie, un régiment de cavalerie, 7 bataillons de jaegers, des forces de défense côtières et des unités d'artillerie. Moins de 40 chars et canons d'assaut finlandais étaient modernes (Sturmgeschütz III, T-34, KV-1) et moins de 100 avions (Messerschmitt Bf 109 et bombardier moyen Junkers Ju 88)[8].

L'offensive soviétique débutent sur l'Isthme de Carélie et Primorsk (oblast de Léningrad) par la flotte baltique soviétique. La marine finlandaise évacue les forces défensives. Mais la perte des îles s'est révélée coûteuse parce que la flotte soviétique de la Baltique a gagné une route sûre vers la baie de Viborg. Après avoir capturé Viborg la 21e armée (Union soviétique) tente de se frayer un chemin le long de la route principale menant au nord de Viborg. Un fort appui d'artillerie, une zone d'opérations étroite et un terrain très favorable permettaient au 61e régiment d'infanterie l'avance forçant la 21e armée soviétique à essayer de trouver un endroit plus approprié pour la violation de la ligne VKT finlandaise.

La 21e Armée Soviétique battent les défenses de Viborg le 20 juin, les forces soviétiques ont tenté de poursuivre l'offensive, mais ont rencontré la résistance finlandaise à Tali et sont forcées de s'arrêter. Après avoir apporté de nouvelles troupes sur le front, la 21e armée réussit à pousser les lignes finlandaises à Tali-Ihantala la Bataille de Tali-Ihantala mais n'a pas réussi à créer des percées. La bataille menée dans la région est considérée comme la plus grande bataille de l'histoire des pays nordiques.

La 23e armée (Union soviétique) rejoit l'offensive en tentant de franchir les lignes finlandaises entre Tali et Vuoksi en direction de Noskua mais les attaques soviétiques répétées est arrêtées par l'artillerie finlandaise.

C'est d'abord une victoire stratégique défensive pour l'armée finlandaise. Elle a bloqué la possibilité de l'armée soviétique de percer vers le centre de la Finlande et la route vers Helsinki. Les pertes militaires soviétiques le 28 juin sont de 5000 soldats, dont 1 800 tués au combat, soit plus de 25% de plus que le 14 juin, près de 700 morts. L'artillerie finlandaise a causé une forte proportion de ces pertes, 250 pièces d'artillerie ont envoyée 2000 obus à une petite zone cible de seulement 6 hectares en une minute. Les unités de l'Armée Rouge ne voyait aucune chance de pénétrer à travers cette puissance de feu. Le terrain favorisait les défenseurs forçant les unités soviétiques à marcher à aveugles. La radio finlandaise a intercepté de nombreux signaux de l'Armée rouge, fournissant des données pour l'artillerie[9].

Le 10 juin, la 21e Armée soviétique, menée par le 30e Corps de la Garde, ouvrit l'offensive sur le secteur de Valkeasaari, défendu par le 1er régiment d'infanterie de la 10e division finlandaise. Pendant la journée, les unités soviétiques ont capturé des tranchées de première ligne et détruit des fortifications, brisant la première ligne de défense finlandaise dans le secteur. Le 13 juin, l'offensive de la 21e armée soviétique atteint la ligne VT. La position défensive est attaquée à Kuuterselkä le 15 juin. La résistance finlandaise réussit à retarder d'autres avances soviétiques. A Kuuterselkä, la 23e armée soviétique tente de percer un point faible de la ligne finlandaise à Siiranmäki. Siiranmäki était le premier endroit où les troupes finlandaises ont pu utiliser des Panzerfaust et Panzerschreck importés d'Allemagne. Les troupes finlandaises réussissent à contenir la percée soviétique à Siiranmäki, il n'arrive pas de garder la ligne VT. Le 98e Corps d'Infanterie Soviétique combattant à Siiranmäki contre le 7e Régiment Finlandais. Entre le 13 juin au 16 juin 1944: les soviétiques perdent 3784 soldats. Les unités de l'Armée rouge ont subi de lourdes pertes[10].

L'armée finlandaise a tenté de gagner du temps en engageant des actions pendant sa retraite afin que des forces supplémentaires de la Carélie orientale puissent atteindre le front. Cependant, le 19 juin, les forces du premier front de Leningrad atteignirent Vyborg et la première phase de l'offensive fut achevée par la prise de la ville le 20 juin, lorsque la 20e brigade d'infanterie finlandaise en défense prit la fuite. Bien que le Front de Leningrad ait réussi à capturer Vyborg dans les délais. Contrairement à de nombreuses batailles sur le front de l'Est, l'Armée rouge était incapable de capturer de grandes unités finlandaises, pas même un seul bataillon. Les forces finlandaises avaient réussi à battre en retraite. Dans le même temps, de plus en plus de réserves finlandaises arrivaient sur la ligne de défense où le terrain était beaucoup plus favorable aux défenseurs qu'aux unités blindées de l'Armée rouge. La 21e armée soviétique a également fait face à des problèmes de logistique après son rapide avance de 120 km vers l'ouest[11].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Manninen (1994), The numbers available in Krivosheyev's books are only up to the capture of Viborg at the Karelian Isthmus thus missing the heavy fighting between June 21 – July 15 at Karelian Isthmus. Manninen had estimated those numbers based on the daily casualty reports of the Leningrad Front in the archives of the Soviet Ministry of Defense.
  2. Zolotarev (1999), pp. 97–8
  3. Gilbert, p 536"
  4. Gebhardt (1989), p. 2
  5. Moisala & Alanen (1988) pp. 58–59, 66–67
  6. Lunde (2011) pp. 259–260
  7. Svenska Dagbladet, July 3, 1944
  8. Ministry of Defence of the Russian Federation. Наступление советских войск на Карельском перешейке и в Южной Карелии По замыслу Ставки войска Ленинградского и Карельского фронтов при содействии Краснознаменного Балтийского флота, Ладожской и Онежской военных флотилий мощными ударами должны были разгромить противостоящего противника, овладеть Выборгом, Петрозаводском и выйти на рубеж Тикшеозеро, Сортавала, Котка. Операцию начинали войска Ленинградского фронта, затем в наступление переходил Карельский фронт.
  9. Lunde, Henrik, O. (March 19, 2011). Finland's War of Choice. Casemate Pub. pp. 306–307. (ISBN 978-1-935149-48-4).
  10. Juutilainen (1994), pp. 145–7
  11. Mannerheim (1952), p. 499

Articles connexes[modifier | modifier le code]