Octodon degus

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Dègue du Chili, Degu, Dégus

Le dègue du Chili (Octodon degus), est un petit mammifère rongeur de la famille des Octodontidés. On le rencontre, à l'état sauvage, dans une zone qui s'étend de la partie centrale du Chili au sud du Pérou. Il peut vivre jusqu'à environ 1 200 mètres d'altitude, dans une région semi-aride.

Il est aussi appelé communément degu, dégus ou octodon par assimilation avec le genre Octodon auquel il appartient et qui doit son nom à des molaires et prémolaires ayant la forme d'un huit, octo en latin[1].

Morphologie[modifier | modifier le code]

Adulte[modifier | modifier le code]

Degu-Gizzy.jpg
  • Description externe: Les parties supérieures du corps vont du gris au brun, souvent avec une pointe d'orangé, la partie inférieure du corps est crème tirant sur le jaune. Le bout de la queue est noir. Les quatre pattes se terminent par des pieds munis de 5 doigts dont les quatre premiers sont bien développés tandis que le 5e est beaucoup plus petit. De longs poils dépassent au-delà des griffes sur les pattes de derrière.
  • Poids adulte: 170 à 300 g
  • Longueur du corps : 12,5 à 19,5 cm
  • Longueur de la queue : 10,5 à 16,5 cm
  • Dimorphisme sexuel : Le dimorphisme sexuel est peu apparent. La distance entre l'anus et la papille génitale est plus petite chez la femelle que chez le mâle. Les femelles ont 8 mamelles.

À l'état sauvage les octodons sont de couleur agouti avec des zones couleur crème sur le ventre, les pattes, le cou et le tour des yeux. En élevage, des mutations génétiques ou des croisements intentionnels ont aussi fait apparaître des robes de couleur blanche, noire, gris-ardoise, ou encore fauve[2].

Jeunes[modifier | modifier le code]

Le nombre de bébés varie entre 1 à 12 avec une moyenne de 4 à 8 petits. Les petits resteront en petit groupe, collés avec leurs frères et sœurs pour se réchauffer, jusqu'à ce qu'ils soient prêts à s'aventurer. Un de leurs parents les couvrira. Ils sont enfin prêts à découvrir leur monde vers l'âge de deux ou trois mois. Ils auront cependant, s'ils sont en liberté, toujours besoin d'au moins leur mère, pour apprendre tout ce qu'ils ont besoin de savoir pour survivre. Ils auront une démarche maladroite, et aimeront se cacher dans des trous, ou derrière des branches.

Divers[modifier | modifier le code]

  • Température corporelle : 37,9 °C
  • Nombre de chromosomes : 58
  • température en phase de reproduction : 30 °C

Comportement[modifier | modifier le code]

Dans la nature[modifier | modifier le code]

Le Degus est le rongeur le plus courant dans le centre du Chili. On le trouve sur le versant occidental des Andes où il vit jusqu'à l'altitude de 1.200 mètres, dans les steppes et plateaux à proximité de taillis, rochers ou murs. Il y vit en clans formés d'un mâle et de trois femelles environ. Ces clans sont regroupés en colonies peuplées d'une centaine d'individus. Ils affectionnent les terrains protégés par des arbrisseaux touffus, tels les aubépines, et creusent dans un sol sablonneux et rocailleux un système complexe de terriers. Devant les entrées des terriers sont formés de petits monticules qui définissent le statut hiérarchique des mâles de la colonie. La destruction de l'un de ces monticules provoque la perte du statut social de l'animal. Ils ne sont pas vraiment appréciés des habitants, qui les considèrent comme une nuisance, puisqu'ils se nourrissent de leurs cultures...

En captivité[modifier | modifier le code]

Plusieurs Octodons dans une grande cage

L'octodon est facilement apprivoisable, tant que l'on fait preuve de patience et de douceur. Le dégus mâle adulte est un animal peu sociable avec ses congénères mâles, les bagarres étant fréquentes pour des raisons de dominance (il en va de même pour les femelles, mais c'est souvent moins marqué); de manière générale, seuls les groupes de frères, ou de jeunes issus de portées différentes mis en cohabitation très tôt ont une chance de perdurer. Les octodons aiment grimper. Ils ont donc besoin d'une grande cage en hauteur avec plusieurs étages. De même, ils adorent se cacher et explorer, aussi leur faut-il des cachettes, abris… C'est un animal diurne. En captivité, son cycle peut s'inverser et le dégu devient donc nocturne. Leur peau produisant une quantité de sébum excessive, ils ont besoin d'un bain de sable, comme les chinchillas, qui sont d'ailleurs leurs cousins. Les octodons communiquent par les gestes et par les odeurs, c'est comme ça qu'ils peuvent se reconnaître ou prévenir d'un danger.

Reproduction[modifier | modifier le code]

  • Maturité sexuelle : à partir de 45 jours
  • Gestation : 87-93 jours
  • Nombre de portées par an : 2 à 3
  • Moyenne des portées : de 4 a 6 en moyenne (1 à 10)
  • Âge au sevrage : 8 semaines (espèce nidifuge)
  • Espérance de vie : 2 à 15 ans dans la nature, et 6 à plus de 10 ans en captivité[3].

Alimentation[modifier | modifier le code]

L'octodon est un rongeur strictement herbivore et naturellement diabétique[4] qui, dans son milieu naturel, se nourrit d'écorces, de feuilles et de graines.

L'octodon est comme le lapin cæcotrophe, c'est-à-dire qu'il mange certains de ses propres excréments (crottes vertes entourées de mucus) dès leur sortie de l'anus, car ils sont sources de nombreuses vitamines.

En captivité, l'alimentation est distribuée avec parcimonie et seule l'eau et le foin de prairie sont laissés à volonté afin de prévenir les problèmes urinaires et l'obésité . Les autres aliments solides seront constitués d'un mélange de graines pour octodon et de compléments frais, en très petite quantité, pour varier les apports. Ceux-ci sont principalement la verdure riche en fibres et pauvre au sucre, herbes et branchages, mais aussi de petits bouts de fruits secs ou frais adaptés à leur organisme fragile[5].

Santé[modifier | modifier le code]

Les octodons sont plus sensibles aux affections suivantes [6] :

  • Affections digestives :
    • Malocclusion dentaire, en particulier des molaires, entraînant progressivement une impossibilité de s'alimenter à cause d'une pousse excessive des dents.
    • Déficience en vitamines : se traduit par un blanchissement des incisives.
    • Entéropathies d'origine nutritionnelle ou bactérienne (salmonellose) : peuvent survenir à la suite d'un changement de régime alimentaire trop brutal, d'une alimentation inadaptée, de l'absorption de nourriture ou d'eau souillées, d'aliments avariés ou lors d'une intoxication par des plantes. Des fèces très molles en sont le symptôme principal.
    • Diabète : incurable. Symptôme le plus fréquent : nette augmentation de la consommation d'eau, des cataractes sont également observées.
    • Obésité : provoque des troubles respiratoires, cardiaques ou articulaires, des déplacements difficiles.
    • Météorisme : Présence de gaz dans les intestins qui tuent l'animal par compression en effet ce dernier ne peut les évacuer naturellement.
  • Affections respiratoires :
    • Pneumonie bactérienne : Si vous achetez une volière, ce qui est l'idéal à part bien sûr la nature, prenez garde de ne pas la placer là où il y a beaucoup de courants d'air, car votre dégu pourrait attraper une pneumonie qui cause la plupart du temps le décès de l'animal, parfois très rapide.
  • Affections de la reproduction :
    • Infection puerpérales
    • Mortinatalité de nature septicémique
  • Autres affections :
    • Chute de poils : les octodons muent deux fois par an, au printemps et à l'automne. Une chute de poils est anormale si elle est prolongée et survient en dehors de ces périodes ; plusieurs facteurs peuvent en être la cause : air ambiant trop chaud et trop sec (exemple : cage placée près d'un radiateur), hygiène insatisfaisante, santé défaillante (refroidissement, maladie infectieuse). D'autres dépilations plus localisées, notamment à la base du museau, peuvent être dues à des frottements répétés de l'animal, contre les barreaux ou d'autres éléments de la cage qu'il tente de ronger.
    • Cataracte qui peut toucher un ou deux yeux. Elle se manifeste par une tache blanche sur le cristallin devenu opaque.
    • Queue scalpée : Une partie de la queue de l'animal peut se déchirer si elle est saisie ou tirée, ce phénomène, le fur-slip, est un moyen de défense idéal pour fuir, on peut le comparer à celui des lézards, mais contrairement à ces derniers, la queue de l'octodon ne repousse jamais, mais elle cicatrise très bien (utiliser un désinfectant type Bétadine). La perte de la queue entraîne une baisse de l'équilibre, et l'octodon perd en agilité quand il est sur les arbres.

Lors de la prise de médicament, il faut donner le produit goutte à goutte dans la bouche de l'animal, et non d'un trait car cela entraîne la mort de l'animal.

Le dègue du Chili et l'homme[modifier | modifier le code]

Rapport avec l'homme[modifier | modifier le code]

Impact sanitaire dans la nature[modifier | modifier le code]

Protection de l'espèce[modifier | modifier le code]

  • Dans la nature: L'UICN ne considère pas l'Octodon comme un animal en danger. Il est classé comme ayant un statut de protection mineur (LC) [8].
  • Dans le cadre des élevages :
    • En France Octodon degus n'est pas mentionné dans la Liste des animaux domestiques selon la législation française, l'animal est donc juridiquement considéré par défaut comme un animal sauvage. Un certificat de capacité est donc requis pour l'élevage et la vente. Depuis l'arrêté du 2 juillet 2009 celui-ci est délivré sans consultation de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) sur présentation des diplômes requis[9],[10],[11]. La simple détention de quelques individus dans le cadre d'un élevage d'agrément n'est cependant pas soumise à capacité[12].
    • En Belgique l'octodon est inscrit sur la liste positive, publiée en 2002, des 42 espèces autorisées à la possession individuelle sur ce territoire[13]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dent d'octodon.
  2. Référence Animal Diversity Web : Octodon degus (en).
  3. D. Boussarie. L'Octodon, Ed° Bornemann-Philippe Gérad Éditions, 2001. ISBN 2-85182-632-8. Page 43.
  4. Hejna, M., and P. Myers. 2006. « Octodon degus » (On-line), Animal Diversity Web. Accessed le 1er novembre 2007 at http://animaldiversity.ummz.umich.edu/site/accounts/information/Octodon_degus.html.
  5. Marie-Eve Carole VISTICOT, 202. Thèse vétérinaire : Un nouvel animal de compagnie : l'octodon, Octodon degus
  6. Thèse vétérinaire
  7. Tool-Use Training in a Species of Rodent: The Emergence of an Optimal Motor Strategy and Functional Understanding
  8. Référence UICN : espèce Octodon degus Waterhouse, 1845 (en).
  9. Arrêté du 2 juillet 2009 fixant les conditions simplifiées dans lesquelles le certificat de capacité pour l'entretien des animaux d'espèces non domestiques peut être délivré. NOR : DEVN0913796A. JORF n° 0168 du 23 juillet 2009 page 12290 texte n° 4 : « Le requérant a satisfait aux épreuves E5 "sciences appliquées et technologie " et E7 " pratiques professionnelles " du baccalauréat professionnel option " technicien conseil vente en animalerie " ».
  10. Fiche la gerbille et législation française sur le site Rongeur.Net.
  11. La Législation nationale et internationale sur le commerce et la détention des animaux d'espèces non domestiques.
  12. La Faune Sauvage captive Article rédigé en collaboration avec Emmanuelle Dova, sur le site Droit de la protection de la nature en France, consulté en nov 2011
  13. Les NAC et la loi belge sur le site www.dauphinlibre.be.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Taxinomie:

Photos :

Autres sites :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Didier Boussarie, "L'Octodon ou dègue du Chili", Éditions Bornemann, Les nouveaux animaux de compagnie avec Éditions Philippe Gérard, 2001. (Ce livre n'est actuellement plus édité!). (ISBN 2-85182-632-8)
  • F. MIANI-NICO, "Conjugaison de l'octodon (Octodon degus) au passé, au présent et au futur : sa place au sein des rongeurs et lagomorphes de compagnie" - 2002. Thèse N° 122 de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon. Document PDF www.vet-lyon.fr.
  • Manon Tremblay (vétérinaire), "L'octodon", Le jour, éditeur, 2005. Collection « Nos amis les animaux ». (ISBN 2-8904-4740-5).
  • Florence DeSachy, "L'octodon", Éditions De Vechy, 2011 (ISBN 978-2-7328-9587-1)
  • Michael Kürschner, "L'octodon", Édition Artémis, collection "Poils, Plumes & Cie", 2008. (ISBN 978-2-84416-682-1)
  • Renaud Lacroix, "Octodons les connaître, les nourrir, les soigner", Éditions "Ulmer", dans la collection "Mini-maxi", 2010. (ISBN 978-2-84138-375-7)
  • Marie-Eve Carole VISTICOT, "Un nouvel animal de compagnie: L'octodon, Octodon degus - 2002? Thèse n°340 de l'École Nationale Vétérinaire Maison Alfort. Document PDF: these.vet-alfort.fr.
  • Il serait intéressant de trouver le texte intégral de cette thèse de G. Cotonnec : « Contribution à l'étude d'un nouvel animal de compagnie : Octodon degus ». Toulouse 2000 N° 097. Après avoir rappelé les origines d'Octodon degus et décrit son mode de vie en milieu naturel, l'auteur aborde l'anatomie et la physiologie de ce rongeur largement utilisé comme animal de laboratoire dans les années 1970.