Notre-Dame d'Akita

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Notre-Dame d'Akita
Image illustrative de l’article Notre-Dame d'Akita
Apparition mariale
Vénérée à Couvent des Servantes de l'Eucharistie à Akita, Japon
Vénérée par Église catholique
Fête 6 juillet

Notre-Dame d'Akita est le nom sous lequel les catholiques désignent la Vierge Marie telle qu'elle est apparue à sœur Agnès Sasagawa Katsuko en 1973 à Akita au Japon. La statue de la Vierge Marie (présente dans la chapelle du couvent) a été l'objet de 101 lacrimations inexpliquées entre le et le , ainsi que de pertes de sang. Ces lacrimations ont été observées par plus de 500 témoins.

Après plusieurs enquêtes canoniques réalisées par l'Église catholique et des analyses des sécrétions de la statue de bois, ces évènements ont été reconnus comme authentiques et dignes de foi par l’évêque de Niigata en 1984 puis par le cardinal Ratzinger, en 1988.

La vénération de « Notre-Dame d'Akita » est autorisée par l'évêque du lieu depuis 1984.

Les apparitions[modifier | modifier le code]

La statue[modifier | modifier le code]

Représentation officielle de la Dame de tous les Peuples.

En 1963, M. Saburo Wakasa, de l'Institut japonais de sculpture, sculpte au couteau une statue de la Vierge Marie en reprenant le visuel de la Dame de tous les Peuples. Il donne néanmoins un visage « japonais » à la représentation de la Vierge[1]. La statue de bois est installée dans le couvent d'Akita au Japon[2]. C'est cette statue qui va être l'objet de lacrimations et de plusieurs événements reconnus, dans les années 1980, comme miraculeux par l’Église catholique[3].

Les apparitions mariales[modifier | modifier le code]

En 1973, une religieuse nouvellement arrivée dans la communauté, sœur Agnès Sasagawa Katsuko va connaitre plusieurs expériences mystiques avant de bénéficier de ce qu'elle décrira comme une apparition mariale[4],[5].

Le , durant la nuit, la voyante se rend dans la chapelle pour prier devant la statue de Notre-Dame d'Akita (qui représente à l'époque « la Dame de Tous les Peuples »). C'est alors qu'elle voit et entend la statue lui parler[4],[5],[N 1].

Deux autres apparitions se produisent les et , toujours devant la statue. La voyante reçoit des messages d'appel à la prière et à la pénitence pour « apaiser le courroux du Père » (face aux péchés des hommes), et éviter que de « terribles châtiments » ne tombent sur l'humanité[6],[7],[5],[1].

Lacrimations de la statue[modifier | modifier le code]

De 1975 à 1981, la statue elle-même va être l'objet de phénomènes mystique inexpliqués : apparitions de stigmates avec ruissellement de sang, mais surtout 101 lacrimations, où la statue « pleure » devant plus de 500 personnes avec parmi eux des évêques, des scientifiques, de nombreux curieux, et même la télévision japonaise (qui en a diffusé les images)[1],[8],[9],[3]. Ces témoins étant aussi bien des chrétiens que des non-chrétiens[10].

Les sécrétions prélevées sur la statue sont examinées par le professeur Kaoru Sagisaka[3] qui conclut que ces sécrétions (tant le sang que les larmes) « sont d'origine humaine »[1]. L'analyse scientifique du phénomène conclura qu'il est « scientifiquement inexpliqué »[3].

Reconnaissance officielle[modifier | modifier le code]

L'évêque du lieu, Mgr Jean Shojiro Ito lance une enquête canonique. Ayant un avis positif sur ces événements d'Akita, l'évêque se retourne vers la Conférence épiscopale japonaise qui nomme une commission nationale. L'expert principal, qui s’avère particulièrement sceptique vis-à-vis de ces évènements, « privilégie l'hypothèse parapsychologique selon laquelle les larmes et la sueur auraient émané de la voyante, sans indice à l'appui »[9].

L'évêque, peu satisfait des réponses apportées par cette enquête, ouvre une nouvelle série d'expertises où il fait analyser les lacrimations de la statue ainsi que la guérison de la surdité de sœur Agnès. Dans leurs conclusions, les scientifiques indiquent que la guérison de sœur Agnès ne peut être expliquée scientifiquement. Les paroles rapportées par la voyante sont également analysées par des théologiens[11],[9].

Les conclusions de ces nouvelles enquêtes amènent Mgr Itô à publier une lettre pastorale en date du , dans laquelle il déclare authentiques et dignes de foi les évènements d'Akita, et étend la vénération de Notre-Dame d'Akita à tout son diocèse, en attendant le jugement définitif du Saint-Siège[12],[9]. En 1988, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, conforte Mgr Jean Shojiro Ito dans sa décision en reconnaissant officiellement les évènements d'Akita comme authentiques, ainsi que les messages « donnés par la Vierge »[10],[6].

Notoriété et influence religieuse[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, les télévisions japonaises viennent filmer les lacrimations de la statue et en diffusent les images dans tout le pays[3].

Du 25 au se déroule à Akita une convention internationale rassemblant une dizaine d'évêques d'Asie et d'Afrique, ainsi que des experts. Ce colloque a pour thème les événements d'Akita[9]. Une publication a été réalisée avec les interventions des participants au colloque[13].

Mgr Ito, après avoir reconnu officiellement les apparitions, a déclaré dans une interview[N 2] que les « faits d'Akita se situent dans le prolongement de Fátima », en particulier les secrets de Fátima. Il a déclaré : « Je crois que le troisième message d'Akita est étroitement lié au message de Fatima. Même après avoir reçu le message de Fatima, les gens ne se sont pas repentis. Notre-Dame se devait de rappeler et raviver le message de Fatima »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. A l'époque, sœur Agnès était totalement sourde. Elle ne retrouvera complètement l'audition qu'après la fin des apparitions dont elle se dit favorisée. Son cas de guérison sera étudié et considéré comme « miraculeux » par l’Église catholique.
  2. Interview diffusée dans Apparitions mariales du XXe siècle. Un message pressant. Édité par Marian Communications LTD. Voir Yves Chiron 2007, p. 400. Note de bas de page.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Dictionnaire des apparitions, p. 1024.
  2. (en) « Seitai Hoshikai – The Institute of the Handmaids of the Holy Eucharist », sur japan.travel (consulté le ).
  3. a b c d e et f Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, , 427 p. (ISBN 9-782262-028329), p. 400.
  4. a et b Dictionnaire des apparitions, p. 1023.
  5. a b et c Yves Chiron 2007, p. 398-399.
  6. a et b Marzena Devoud, « Akita, les apparitions mariales méconnues du Japon », Alteia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. (en) John Ata, « A Message From Our Lady - Akita, Japan », EWTN,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, t. 1, Jardin Livres, , 2e éd., 466 p. (ISBN 978-2369990642), p. 179.
  9. a b c d et e Dictionnaire des apparitions, p. 1025.
  10. a et b (en) « Cardinal Ratizinger said to approve message of Blessed Mother a Akita », UCA News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. : Du Moyen Âge à nos jours, Le Seuil, , 300 p. (ISBN 978-2-02-100832-6, lire en ligne), p. 146-147.
  12. Tommy Tighe, « 5 apparitions mariales peu connues mais impressionnantes », Alteia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. (en) Akita International Marian Convention, .

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

en français
en anglais