Musée Dufresne-Nincheri

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Musée Dufresne-Nincheri
Logo du musée Dufresne-Nincheri
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Informations géographiques
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Ville Montréal
Adresse 2929 rue Jeanne d’Arc

Montréal, (Québec) H1W 3W2

Coordonnées 45° 33′ 14″ nord, 73° 33′ 14″ ouest
Informations générales
Date d’inauguration Fondé en 1999
Conservateur Manon Lapointe (depuis 2017)
Collections Peintures, sculptures, porcelaine, mobilier, vêtements, objets de la période industrielle (1850-1960)
Nombre d’œuvres 1 000 en 2009[1]
Informations visiteurs
Site web http://www.chateaudufresne.com/

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Musée Dufresne-Nincheri

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Musée Dufresne-Nincheri

Le musée Dufresne-Nincheri est un musée situé dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve de Montréal au Canada. Il est consacré à la préservation, à l’étude et au rayonnement de l’histoire et du patrimoine de l’est de Montréal.

Fondé en 1999, le musée est géré par la Société du Château Dufresne Inc, un organisme sans but lucratif. Sa mission est de conserver, collectionner, documenter et de mettre en valeur le Château Dufresne, le studio Nincheri et leurs collections respectives[2]. Il réalise et présente notamment des expositions et des ateliers pédagogiques se rapportant à l’histoire ouvrière et bourgeoise, à l’architecture et au patrimoine montréalais et québécois principalement de 1850 à 1960[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le , la Société du Château Dufresne Inc. signe un bail avec la Ville de Montréal[3]. Avec l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve et la Maison de la culture, la société emménage alors dans le château[4]. Le Château Dufresne ouvre officiellement au public pour la saison estivale le en compagnie notamment de la ministre d’État aux Affaires municipales et à la Métropole, Louise Harel, et du maire de Montréal, Pierre Bourque[5],[6]. Il présente essentiellement la décoration intérieure du château et la collection Sauriol-Dufresne, c’est-à-dire le mobilier et les objets ayant appartenu à Marius. La résidence de Marius expose logiquement cette collection alors que la résidence d’Oscar présente la collection de porcelaine dans l’ancien office des domestiques de l’étage et quelques objets d’art, dont une reproduction de L’enlèvement des Sabines par Jean de Bologne) et plusieurs peintures exécutées par Nincheri. Le musée présente également des expositions temporaires sur l’histoire, le patrimoine et les arts visuels. En 2000 et 2001, le musée rouvre les portes du Château pour la saison estivale[7].

De 2002 à 2005, la Ville de Montréal entreprend conjointement avec le ministère de la Culture et des Communications un programme de restaurations au coût d'un million de dollars[8],[9]. Ce programme est dirigé par l'architecte Jean Laberge du Service des immeubles de la Ville de Montréal, assisté de la société d’architectes Martin Morris et Marcotte ainsi que de la firme d'ingénieurs Bouthillette Parizeau & associés Inc[10]. Les restaurations ont porté sur le bâtiment, mais également sur les œuvres d’art logées dans le musée[11]. En juillet 2003, on découvre à l’occasion de ces restaurations une peinture sur toile exécutée par Guido Nincheri dans le dôme de trois mètres de diamètre du hall d’entrée de la résidence de Marius[12]. Une « véritable surprise » pour les restaurateurs alors qu'ils croyaient plutôt retrouver, sous trois couches de repeints, une jeune femme vêtue à l'antique se regardant dans un miroir tout en se balançant par Alfred Faniel[9],[note 1].

En 2006, la Société du Château Dufresne Inc. et l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve obtiennent un financement du gouvernement provincial pour réaliser une étude de potentiel de la création d'un nouveau complexe muséal réunissant le Château Dufresne et le studio Nincheri[13]. Le projet prévoit d'une part l'achat du studio de l'artiste Guido Nincheri et sa restauration et, d'autre part, la mise aux normes du Château qui « n'offre pas les conditions acceptables pour accueillir toutes les expositions » ainsi que l'agrandissement des espaces d'exposition en aménageant une salle supplémentaire dans les anciens garages souterrains[13]. On estime alors que le projet nécessite un investissement de quatre millions de dollars[13].

Le , le musée ferme le Château au public pour la saison estivale afin de procéder à des travaux ainsi qu'au renouvellement de la collection présentée[7].

Fontaine de la véranda d'Oscar

Entre 2008 et 2009, la Ville de Montréal entreprend la restauration des portes et fenêtres extérieures du château au coût d'un million neuf cent mille dollars[14],[15].

Le , le musée annonce que « le montage pour l'acquisition est pratiquement complété » et que l'achat du studio « sera officialisé dans les prochaines semaines » puisqu'une entente est intervenue entre le musée et la succession de la famille Nincheri[16]. Le musée est alors à la recherche de financement pour la mise aux normes et la restauration du Château et du studio, travaux toujours évalués à quatre millions de dollars[16].

Le , le musée rend hommage à David et Liliane Stewart pour la restauration du château exécutée entre 1976 et 1979, notamment en présence de Laurent Blanchard[17].

Le , la fontaine originale de la véranda d'Oscar est de retour au Château Dufresne. Elle est installée dans la véranda de Marius, rejoignant la collection Sauriol-Dufresne[18].

En décembre 2013, la Société du Château Dufresne Inc. se porte acquéreur du studio Nincheri situé au 1832 du boulevard Pie-IX à Montréal[réf. nécessaire].

Le , la direction du musée annonce le changement de nom du musée qui devient le « musée Dufresne-Nincheri » afin de mieux refléter la nouvelle vocation du musée à la suite de l'acquisition du studio et de la collection de Guido Nincheri qui s'y trouve[19],[20].

Le , le musée inaugure officiellement le nouveau complexe muséal composé du Château Dufresne et du studio Nincheri. L'inauguration se fait notamment en présence de Laurent Blanchard, ancien maire de Montréal, Manon Gauthier, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, Réal Ménard, maire de l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Marc Poirier, président du conseil d'administration du musée Dufresne-Nincheri, du comte Alexandre de Bothuri et son épouse Élaine Bédard ainsi que de membres des familles Dufresne et Nincheri. À cette occasion, on présente la nouvelle exposition permanente du musée. Cette exposition permet d'apprécier notamment l'une des peintures sur toile de soie d'Alfred Faniel dans le petit salon de Marius de même que les deux toiles autrefois manquantes de Nincheri dans le petit salon d'Oscar[note 2]. De plus, l'exposition permanente intègre une partie de la collection du comte Alexandre de Bothuri et de son épouse Élaine Bédard qui rassemble 47 objets et tableaux ayant notamment appartenu à Napoléon 1er, Joséphine de Beauharnais, Nicolas II, Louis XV, Madame du Barry, Rodolphe II, Pauline Borghèse, Marie-Antoinette et Jeanne d'Arc[21].

Le , la Commission des lieux et monuments historiques du Canada et Parcs Canada dévoilent une plaque commémorative à la mémoire de Guido Nincheri au studio du même nom, en présence notamment de Nicola Di Iorio, député de Saint-Léonard—Saint-Michel, représentant la ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de Parcs Canada, Catherine McKenna, de Roger Boccini Nincheri (descendant de la famille Nincheri) et de plusieurs membres du conseil d'administration du musée.[22]

Collections[modifier | modifier le code]

Reproduction de la Table d'Austerlitz en acajou et bronze doré, Manufacture de Sèvres, XIXe siècle (Collection Sauriol-Dufresne)

Les collections permanentes rassemblent près de 1 000 objets et artéfacts[1]. Voici les principales collections:

  • La collection Sauriol-Dufresne : cette collection comprend le mobilier d’origine du Château Dufresne, la collection de porcelaine, la collection d’argenterie, des tableaux et des sculptures.
  • La collection Georges-Nincheri: comprenant des œuvres de Guido Nincheri provenant de sa résidence à Providence, au Rhode Island (huiles sur toile, maquettes, photographies noir et blanc).
  • La collection de vêtements de la période industrielle (1850-1960) de l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve[1]. L'Atelier d'histoire détient également le fonds du maire de Montréal Adhémar Raynault, de la députée Louise Harel ainsi que du photographe Réjean Gosselin.

Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

Voici une liste non exhaustive des expositions passées et actuelles du musée :

Direction du musée[modifier | modifier le code]

Voici la liste des directeurs et directrices du musée depuis sa fondation :

  • Maurice Binette (1999-2004)[35]
  • Sophie Dupont (2004-2007)[35]
  • Paul Labonne (2007- 2017)[36],[37]
  • Manon Lapointe (2017-)

Affiliations[modifier | modifier le code]

Le musée est affilié à l’Association des musées canadiens (AMC), au Réseau canadien d'information sur le patrimoine (RCIP) et au Musée virtuel du Canada.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le dégagement des surpeints a été exécuté par Anita Henry, une restauratrice de L'équipe A.E. Henry enr. : Voir Musée du Château Dufresne 2012.
  2. Les deux toiles marouflées autrefois manquantes du petit salon d'Oscar ont repris leur place d'origine en mai 2014 alors que la peinture d'Alfred Faniel sur toile de soie a repris sa place d'origine dans le petit salon de Marius en novembre 2014.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Musée virtuel du Canada : Musée du Château Dufresne » (consulté le 8 janvier 2012)
  2. a, b, c, d, e et f « Musée du Château Dufresne » (consulté le 11 janvier 2012)
  3. Registre foncier du Québec en ligne, « Lots no. 1881975, 14-754, 14-754A, 14-761B, 14-761C, 14-761D, 14-761E, 14-762, 14-762A, 14-763, 14-764, 14-765, 14-765C, 14-765D, 14-765E, 14-765F (Village de Hochelaga, Montréal) », Ministère des Ressources Naturelles et Faune (consulté le 10 octobre 2013)
  4. Éducation Robert Cadotte, « Résidence Dufresne », sur L'enseignement en milieux défavorisés (consulté le 21 janvier 2012)
  5. Claudine Déon, « Le patrimoine conjugué au présent : Le château Dufresne ouvrira bientôt ses portes, rafraîchi et meublé d'époque », Le Devoir,‎
  6. a et b Claude-V. Marsolais, « Le Château Dufresne rouvre enfin ses portes », La Presse,‎
  7. a et b « La vie de château… », Flambeau, vol. 54, no 27,‎
  8. (en) « Forgotten mural may be by Montreal's Michelangelo », The Globe and Mail,‎
  9. a et b Musée du Château Dufresne 2012
  10. Doré et 2005
  11. Ville de Montréal, « Château Dufresne », sur Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal (consulté le 20 janvier 2012)
  12. Le Devoir, « Quand une fresque en cache une autre », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  13. a, b et c Le 2007
  14. Service des permis et inspections de la Ville de Montréal, permis no 3000037168-08, 2008-09-09.
  15. Service des permis et inspections de la Ville de Montréal, permis no 3000048676-09, 2009-07-31.
  16. a et b Beauchemin 2009
  17. Musée du Château Dufresne, « Hommage à David et Liliane Stewart », Publication de la page Facebook: Musée du Château Dufresne Museum, 14 octobre 2010 (consultée le 28 septembre 2014)
  18. Musée du Château Dufresne, « La fontaine d'Oscar Dufresne est de retour au château », Publication de la page Facebook: Musée du Château Dufresne Museum, 21 août 2012 (consultée le 28 septembre 2014)
  19. Jérôme Delgado, « Le musée du Château Dufresne rebaptisé », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  20. La Presse Canadienne, « Le Musée du Château Dufresne s'appellera le Musée Dufresne-Nincheri », La Presse,‎ (lire en ligne)
  21. Deschênes 2014
  22. Gouvernement du Canada, « Communiqué de presse : Le gouvernement du Canada reconnaît l’importance historique nationale de Guido Nincheri », (consulté le 29 juin 2017)
  23. Musée Dufresne-Nincheri, « Nouvelle exposition : «Attacher ses racines» », Publication de la page Facebook: Musée Dufresne-Nincheri, 27 avril 2017 (consultée le 28 avril 2017)
  24. a, b et c Ministère de la Culture et des Communications, « Communiqué de presse » (consulté le 8 janvier 2012)
  25. Gauthier 2014
  26. Yannick Pinel, « Marie-Victorin et Oscar Dufresne rêvent d'une cité-jardin : Jusqu'au 10 septembre au musée du château Dufresne », Nouvelles de l’Est,‎
  27. Yannick Pinel, « Le château Dufresne ou la bibliothèque Dufresne? », Nouvelles de l’Est,‎
  28. Michel Vaïs, « Bloc-notes », Jeu : revue de théâtre, no 113,‎ , p. 182-188
  29. Xuriguera 2002, p. 16
  30. Viau 2002, p. 175
  31. « Nouvelles brèves », Vie des Arts, vol. 46, no 187,‎ , p. 11-15
  32. Stéphanie Bérubé, « Guido Nincheri, l'artiste de nos églises », La Presse,‎
  33. Chantal Guy, « Pique-nique au pied d'un monument. Une fermière chez les bourgeois », La Presse,‎
  34. « Nouvelles », Continuité, no 84,‎ , p. 6-10
  35. a et b « Sophie Dupont, directrice du Château Dufresne », Le Devoir,‎
  36. Anne-Marie Tremblay, « Visite au Studio Nincheri », Flambeau, vol. 54, no 45,‎
  37. (it) Fabrizio Intravaia, « Un immenso patrimonio artistico da preservare », Corriere Italiano,‎ (lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

Articles de périodiques[modifier | modifier le code]

  • Claude-V. Marsolais, « Le Château Dufresne rouvre enfin ses portes », La Presse,‎
  • « Nouvelles », Continuité, no 84,‎ , p. 6-10
  • Stéphanie Bérubé, « Guido Nincheri, l'artiste de nos églises », La Presse,‎
  • Chantal Guy, « Pique-nique au pied d'un monument. Une fermière chez les bourgeois », La Presse,‎
  • « Nouvelles brèves », Vie des Arts, vol. 46, no 187,‎ , p. 11-15
  • René Viau, « Sur les traces de Scottie Wilson », Liberté, vol. 44, no 4,‎ , p. 165-176
  • Le Devoir, « Quand une fresque en cache une autre », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  • (en) « Forgotten mural may be by Montreal's Michelangelo », The Globe and Mail,‎
  • Michel Vaïs, « Bloc-notes », Jeu : revue de théâtre, no 113,‎ , p. 182-188
  • Yannick Pinel, « Le château Dufresne ou la bibliothèque Dufresne? », Nouvelles de l’Est,‎
  • « Sophie Dupont, directrice du Château Dufresne », Le Devoir,‎
  • « La vie de château… », Flambeau, vol. 54, no 27,‎
  • Carole Le, « Ambitieux projet de relance du Château Dufresne », Flambeau de l'Est,‎
  • Anne-Marie Tremblay, « Visite au Studio Nincheri », Flambeau, vol. 54, no 45,‎
  • « La visite du Château Dufresne », Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve,‎
  • Philippe Beauchemin, « Le Château Dufresne acquiert le studio Nincheri », Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve,‎
  • Jérôme Delgado, « Le musée du Château Dufresne rebaptisé », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  • La Presse Canadienne, « Le Musée du Château Dufresne s'appellera le Musée Dufresne-Nincheri », La Presse,‎ (lire en ligne)
  • Audrey Gauthier, « Exposition: «les années citoyennes» du quartier », Métro,‎ (lire en ligne)
  • Claude Deschênes, « Une nouvelle vie pour le Château Dufresne », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  • (it) Fabrizio Intravaia, « Un immenso patrimonio artistico da preservare », Corriere Italiano,‎ (lire en ligne)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • André Doré, Pierre Jean et Jean Laberge, Dossier Château Dufresne (0407), Index B-7165-03 (Feuilles 4001 à 4008) : (8 dessins, datés du 1er mars 2005) [Architecte: Jean Laberge, Ingénieurs: André Doré et Pierre Jean], Montréal, Martin, Morris et Marcotte, architectes et Bouthillette Parizeau & associés Inc. (ingénieurs-conseils),
  • Gérard Xuriguera, Kamal Boullata : mare nostrum, Montréal, Musée du Château Dufresne, , 16 p.

Ressources électroniques[modifier | modifier le code]

Autres sources[modifier | modifier le code]

  • Nincheri, profane : Catalogue d’exposition [Exposition temporaire : Centre culturel Henri-Lemieux, Galerie Les 3 C, 19 janvier au 18 février 2012], Musée du Château Dufresne, , 2 p.
  • Service des permis et inspections de la Ville de Montréal :
    • permis no 3000037168-08, 2008-09-09 ; et
    • permis no 3000048676-09, 2009-07-31.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]