Maurice Tranchant de Lunel

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Edmond Victor Maurice Tranchant dit Maurice Tranchant de Lunel, né le [1] à La Ferté-sous-Jouarre et mort le à La Seyne-sur-Mer[2], est un architecte, écrivain, peintre et illustrateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vue d'une kasbah de l'Atlas (Maroc, vers 1919).

Maurice Tranchant de Lunel est le fils de Léon Émile Tranchant, âgé de 26 ans au moment de sa naissance, marchand de meules de moulins, puis chercheur d'or parti aux États-Unis, et de Blanche Adèle Roger. Maurice aurait étudié à Oxford et aurait été l'ami de Rudyard Kipling. Il tente le concours des Beaux-arts de Paris en mars 1888, et devient l'élève de Georges Debrie et est admis le 3 août 1888. Il entre à l'Académie Julian en 1896. Il commence sa vie d'architecte et d'aquarelliste d'abord à Paris (1896-1902) puis à Nice (1900-1905). Il voyage beaucoup : au Sénégal et en Guinée en 1898-1899, en Perse, puis fait le tour de la Méditerranée sur un yacht, se retrouve à Fès, Maroc, en 1902, puis à nouveau au Maroc en 1908 ; il obtient une bourse du ministère des Colonies en novembre 1909. Il est en Inde en janvier 1910, puis en Birmanie en février 1910, et en Indochine en mars 1910[3].

En 1911, il est de retour au Maroc, à Fès où il s'installe dans le quartier du Keddan. Il a alors pour voisins des compatriotes et amis tel que Samuel Biarnay ou encore le "capitaine chleuh" (Léopold Justinard)[4].

En 1912, il est nommé directeur du Service des antiquités, beaux-arts et monuments historiques du protectorat du Maroc par Lyautey[5]. Il a pour mission de préserver les monuments marocains et d'établir une liste de classement des monuments historiques du Maroc[6].

Architecte des monuments historiques sous le régime du Protectorat français au Maroc, il est le concepteur de la Grande Mosquée de Paris[5].

De 1920 à 1923, il est inspecteur des beaux-arts, des antiquités, des monuments et architecte du protectorat du Maroc[5].

La grande mosquée de Paris, inaugurée en 1926, est bâtie d'après les plans de Maurice Tranchant de Lunel.

Il est également aquarelliste, illustrateur et écrivain. Il expose en 1896, 1899 et 1902 au Salon des artistes français, répertorié comme élève de Jules Lefebvre et Tony Robert-Fleury[7].

La plupart des illustrations sont signées « Maurice Tranchant » ou « M.T ».

Publications : écrits, illustrations[modifier | modifier le code]

Le Tour du monde en 1 jour à l'Exposition coloniale, couverture (1931).
Danseuse mauresque (1931).
  • Au pays du paradoxe : Maroc (préface de Claude Farrère, 1924)
  • Louis Cheronnet, Algérie (Éditions Duchartre, 1930)
  • Le Tour du monde en 1 jour à l'Exposition coloniale, livre illustré pour enfants, (Éditions du Palmier nain, 1931)
  • Je jongle avec les chiffres (Éditions du Jardin des modes, 1933)
  • Chansons des quatre saisons (1936)
  • La Princesse des Baux, légende radiophonique en 4 tableaux avec les anciennes chansons provençales (1939)
  • Baba-Yaga, conte radiophonique adaptation d'un conte populaire russe (1939)
  • L'alphabet de la famille (1944)
  • Petits métiers pour les enfants sages qui deviendront grands (1945)
  • " Les chansons de l'herbe et de la rosée ", paroles de Doëtte Angliviel, Musique de Louis Crassous, illustrations de Maurice Tranchant, Éditions Chantal, Toulouse - Paris, 1945.
  • Vacances en petits morceaux (1945)
  • Petite Géographie pour les enfants sages (1947)
  • Un bouquet de proverbes pour les douze mois de l'an 1954 (1954)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de la Seine-et-Marne, commune de La Ferté-sous-Jouarre, acte de naissance no 107, année 1869 (sans mention marginale de décès) (pages 190/381)
  2. Le Figaro du 03/12/1932
  3. Base Agorha, INHA.
  4. Roger le Tourneau, Fès avant le Protectorat, Rabat, La Porte, , p. 174
  5. a b et c Théliol Mylène, Le Service des beaux-arts, antiquités et monuments historiques, clef de voûte de la politique patrimoniale française au Maroc sous la résidence de Lyautey (1912-1925), Outre-mers, tome 98, n°370-371, 1er semestre 2011. Le contact colonial dans l'empire français : XIXe-XXe siècles, sous la direction de Maria Romo-Navarrete et Sarah Mohamed-Gaillard, pp. 185-193 (DOI : 10.3406/outre.2011.4545)
  6. Nadège Theilborie, « La patrimonialisation du Maroc, entre tradition et rupture de l’héritage français », Livraisons de l'histoire de l'architecture 23 (2012); DOI : 10.4000/lha.130
  7. Fiche exposant SAF 1896, base salons du musée d'Orsay.

Sources[modifier | modifier le code]

  • François Pouillon, Dictionnaire des orientalistes de langue française, 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]