Maurice Nilès

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Maurice Nilès
Illustration.
Fonctions
Député de la Seine
1958-1967
Député de la Seine Saint-Denis
1967-1986

(27 ans, 4 mois et 2 jours)
Gouvernement Ve République
Groupe politique communiste
Successeur Jean-Claude Gayssot
Maire de Drancy

(37 ans, 10 mois et 10 jours)
Prédécesseur Gaston Roulaud
Successeur Jean-Claude Gayssot
Conseiller général de la Seine
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès (82 ans)
Lieu de décès Bobigny
Nationalité Drapeau de la France France
Parti politique Parti communiste français
Profession ouvrier fraiseur

Maurice Nilès est un homme politique et Résistant français, né le dans le 15e arrondissement de Paris et décédé le à Bobigny.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père Maurice, employé au service des eaux de la ville de Paris, fut maire communiste d'Aulnay-sous-Bois de 1935 à 1939 et de 1944 à 1945. Lui-même apprend le métier d'ouvrier fraiseur[1].

En 1934, il fait partie des jeunes antifascistes qui manifestent à Paris. En 1936, il adhère à la Jeunesse communiste. Il est mobilisé en 1939, puis est fait prisonnier mais s'évade du convoi qui le conduit outre-Rhin. De nouveau arrêté, en 1941, et interné au camp de Voves pour faits de Résistance, il poursuit son combat à l'intérieur du camp. Il s'évade une seconde fois en février 1944 pour rejoindre le maquis. Commandant FFI (sous le pseudonyme "Robert") dans la Résistance, il est envoyé dans la région bordelaise afin de restructurer le réseau de Résistance Sud-Ouest et est chargé d'un secteur regroupant cinq départements. Il participa à la libération de Bordeaux[2].

Homologué au grade de capitaine à la Libération, il redevient un des dirigeants de la Jeunesse communiste à Bordeaux. Revenu en région parisienne en 1945, il s'installe à Drancy et poursuit son activité au sein de la Jeunesse tout en reprenant son activité de fraiseur à l'usine. Membre du Parti communiste, il participe aux élections municipales de 1947 à Drancy et est élu adjoint au maire communiste Gaston Roulaud.

Le 29 août 1958, il entre au Conseil général de la Seine en remplacement[3] de Daniel Renoult, décédé.

Élu maire de Drancy pour la première fois en 1959, il sera réélu six fois sans interruption, du 8 mars 1959 au 18 janvier 1997, date à laquelle il passe la main à Jean-Claude Gayssot auquel succède en Gilbert Conte, qui perd la ville en 2001 au profit de la droite.

Il sera également député de la Seine (42e circonscription: Bobigny, Drancy, Le Bourget, Dugny) puis de la Seine-Saint-Denis (4e circonscription) du 23 novembre 1958 au 16 mars 1986[4]. Il laissera son siège à l'Assemblée Nationale à Jean-Claude Gayssot en 1986 en restant son suppléant de 1988 à 1997 et en devenant député honoraire.

En 1969, il participe à la création de l'Association d'amitié franco-coréenne, qui entretient des liens avec la Corée du Nord[5].

Redevenu simple conseiller municipal de Drancy en et fait maire honoraire après 38 ans de mandat, il préside de nouveau le Conseil municipal de Drancy en pour l'élection du nouveau maire de la ville du fait de la nomination de Jean-Claude Gayssot au ministère des Transports. Il abandonne définitivement la vie publique aux élections municipales de tout en restant très fortement investi dans le monde ancien combattant jusqu'à son décès en , après avoir été victime d'une attaque cérébrale en pleine réunion du comité du Mémorial du camp de Drancy qu'il avait fondé[6]. Il était également président de l'Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé. Il repose au cimetière communal de Drancy.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il s'est marié le 21 mars 1945 avec Odette Lecland, elle-même ancienne résistante et amie du jeune martyr Guy Môquet avec qui elle fut internée au camp de Chateaubriant. Odette Lecland participe à une manifestation contre l’Occupant le 14 juillet 1941, et une nouvelle fois le 13 août 1941. Arrêtée par la police française lors de cette manifestation, elle comparait devant un tribunal allemand au ministère de la Guerre. Après que la peine de mort ait été requise contre elle, elle est condamnée à l'emprisonnement et incarcérée au Cherche Midi puis à La Roquette. Elle est transférée en 1941 au camp de Chateaubriant. Par la suite, transférée de camps en camps, elle est enfin transférée au camp de Mérignac, dans la région de Bordeaux, duquel elle réussit à s'évader lors de la débâcle de 1944. Ayant rejoint le maquis et les FTP, elle se voit confier l'encadrement des Forces Unies de la Jeunesse Patriotiques où elle rencontre son futur époux. De retour en région parisienne après la Libération, elle se marie et devient madame Odette Nilès. Officier de la Légion d'honneur[7] pour faits de résistance, elle préside l'amicale Chateaubriant-Voves-Rouillé depuis le décès de son mari. En janvier 2014, elle salue avec Cécile Rol-Tanguy dans une tribune dans Le Monde la décision du transfert des cendres de Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay au Panthéon.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Mandats locaux
  • Premier Maire-Adjoint de Drancy (Seine) de 1947 à 1959.
  • Maire de Drancy de 1959 à 1997. Il fut réélu en 1965, 1971, 1977, 1983, 1989 et 1995.
  • Conseiller municipal de Drancy de 1997 à 2001.
Mandats nationaux
  • Député PCF de la quarante-deuxième circonscription de la Seine de 1958 à 1967 puis de la quatrième circonscription de la Seine-Saint-Denis de 1967 à 1986. Il fut réélu en 1962, 1967, 1968, 1973, 1978, et 1981.

Décorations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Nilès, drancy-lepapyrusdranceen.fr, 15 octobre 2013
  2. À Drancy, Maurice Nilès passe le relais, Claude Lecomte, l'Humanité.fr, 17 janvier 1997
  3. Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 29 août 1958, p. 1631
  4. Fiche de Maurice Nilès sur le site de l'Assemblée nationale
  5. http://www.amitiefrancecoree.org/pages/Histoire_de_lAssociation-268687.html.
  6. Les communistes et la ville pleurent Maurice Nilès, Alain Martin, leparisien.fr, 06 décembre 2001
  7. « Décret du 30 décembre 2016 portant promotion et nomination », legifrance.gouv.fr, (consulté le 2 janvier 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]