Maryam Molkara

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Maryam Hatoon Molkara
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Maryam Khatoon Molkara (en persan : مریم خاتون ملک‌آرا) est une militante pour les droits des transsexuels en Iran. Née en 1950, elle décède le . Assignée garçon à la naissance, elle a joué un rôle déterminant pour permettre aux opérations de changement de sexe d'exister dans le cadre d'un cadre juridique, en obtenant une lettre faisant office de Fatwā[1],[2],[3],[4],[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès 1975, Maryam Khatoonpour Mokara écrit des lettres à l'ayatollah Khomeini. Exilée en Irak, elle lui demande des conseils religieux sur le fait d'avoir été assignée à un genre qui ne lui correspond pas à la naissance et de vouloir en changer. Elle se rend à Paris, où il réside alors, en 1978, pour le sensibiliser aux droits des personnes transgenres. Après la Révolution Islamique de 1979, elle est renvoyée de son poste à la télévision. On lui injecte de force des hormones masculines et elle est enfermée dans une institution psychiatrique. Grâce à ses bonnes relations avec plusieurs leaders religieux, parmi lesquels Akbar Hashemi Rafsanjani, elle est libérée[2].

Maryam Khatoonpour Molkara continue à militer pour accéder à une opération de changement de sexe. Elle va à la rencontre de l'ayatollah Khomeini à son domicile du Nord de Téhéran, portant un costume d'homme et un Coran. Elle est alors retenue et battue par le service de sécurité, jusqu'à ce que le frère de l'ayatollah, Hassan Pasandide, intervienne. Elle est autorisée à parler à Khomeini, et réussit à le convaincre. Il émet une fatwā en 1986 qui l'autorise à effectuer son opération chirurgicale de changement de sexe.

Maryam Molkara milite activement pour de meilleures connaissances et procédures médicales en Iran concernant le changement de sexe. Elle soutient également d'autres transsexuels qui souhaitent effectuer l'opération. N'étant pas satisfaite par la qualité des chirurgies opérées dans les hôpitaux iraniens, elle termine sa transition par une chirurgie en Thaïlande en 1997[2],[3].

En 2007, elle fonde et dirige la Société iranienne de soutien aux personnes atteintes d'un trouble de l'identité sexuelle (ISIGID, انجمن حمایت از بیماران مبتلا به اختلالات هویت جنسی ایران), première organisation de plaidoyer pour les droits des personnes transgenres légalement déclarée en Iran[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Angus McDowall et Stephen Khan, « The Ayatollah and the transsexual », The Independent, Tehran,‎ (lire en ligne) :

    « That Maryam Khatoon Molkara can live a normal life is due to a compassionate decision by one man: the leader of the Islamic revolution himself. »

  2. a b et c Robert Tait, « A fatwa for transsexuals », Salon.com,‎ (lire en ligne[archive du ]) :

    « One woman's courage in appealing to the late Ayatollah Khomeini has made Tehran the unlikely sex change capital of the world. »

  3. a et b Nazila Fathi, « As Repression Lifts, More Iranians Change Their Sex », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  4. Robert Tait, « A Fatwa for Freedom », The Guardian, London,‎ (lire en ligne)
  5. a et b « Human Rights Report: Being Transgender in Iran », sur Outright. Action International (consulté le 6 août 2018)