Marion Larat

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Marion Larat
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Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

Marion Larat, née le à Orléans, est une lanceuse d'alertes française. Elle est connue pour avoir été victime, à l'âge de 19 ans d’un accident vasculaire cérébral présumé consécutif à l’utilisation de pilules contraceptives. Elle a décidé de s'exprimer auprès des médias pour faire connaître le risque auprès des utilisatrices potentielles des pilules de 3e ou 4e génération, et de porter plainte contre le groupe Bayer et l’Agence nationale de sécurité du médicament. Elle a amené les pouvoirs publics à lancer une étude épidémiologique, et les gynécologues à adapter leurs prescriptions.

Biographie[modifier | modifier le code]

En juin 2006, alors qu’elle est élève de khâgne, elle est victime à son domicile familial d’un accident vasculaire cérébral (AVC) massif, et sombre dans le coma. Elle échappe de peu à la mort, mais se réveille hémiplégique et aphasique. Neuf opérations et des mois de rééducation sont nécessaires pour qu’elle retrouve progressivement la parole et une capacité à se mouvoir[1]. En 2010, une gynécologue lui apprend qu’elle est porteuse d’une thrombophilie héréditaire, c'est-à-dire d'une anomalie génétique accentuant la coagulation sanguine et contre-indiquant la contraception orale, ce dont ne l’avait pas informé la spécialiste consultée les années précédentes[2].

Mais ce n’est qu’en juin 2012 que la CRCI (Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux) reconnaît de façon formelle le lien entre la pilule contraceptive qu’elle prenait et l’AVC subi en 2006. Cette commission lui propose une indemnité financière, et n’engage pas la responsabilité du laboratoire[1]. En contact avec l’Association des Victimes d'Embolie Pulmonaire et AVC (AVEP), Marion Larat décide alors de porter son expérience douloureuse à la connaissance des médias pour alerter sur les risques des pilules de 3e et 4e génération, pour que les gynécologues prennent davantage en compte ces risques et pour que leurs patientes soient mieux informées. Le 14 décembre 2012, son récit fait la une du journal Le Monde[3]. Elle porte également plainte contre le fabricant de la pilule, le laboratoire Bayer, et contre l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Pour autant, elle précise aux médias[2] : « Je ne suis pas contre la pilule. Je souhaite juste que les femmes puissent choisir leur mode de contraception en connaissance de cause. »

Depuis, plus d’une centaine d’autres plaintes ont été déposées en France par des femmes victimes d’embolies, de thromboses ou d’AVC. En février 2014, soit à peine un an plus tard, on compte 112 plaintes visant quatorze marques de pilules et six groupes industriels[4]. Et l’ANSM confirme aussi des décès dus à un anti-acnéique, souvent prescrit comme pilule, et pris chaque jour par des centaines de milliers de femmes, le Diane-35[5]. L’écho médiatique donné au récit de Marion Larat conduit les pouvoirs publics à mieux prendre la mesure des problèmes de santé et à lancer les premières actions[6],[7].

En parallèle de ce combat, Marion Larat s’engage au sein du service civique et rencontre son président, Martin Hirsch, qui soutient son projet de retour à une activité. Elle travaille à la création d’une entreprise de production de bas de contention fantaisie sérigraphiés, ayant trouvé infâme les bas portés durant sa propre convalescence[2],[1]. En mars 2014, elle est désignée « Femme de l'année » (RTL/Marie-Claire/France 2)[4].

Publication[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Catherine Rollot, « 14 décembre 2012 : Marion Larat lance l'alerte sur la pilule », Le Monde,‎ . Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • AFP, « Pilule: Marion Larat, "Femme de l'année" sans être "Wonderwoman" », Le Point,‎ (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Vincent Olivier, « VIDEOS. Pilule de 3e et 4e génération: le combat de Marion », L’Express,‎ (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Marie Piquemal, « Pourquoi Bruxelles réclame le retour de Diane 35 en France », Libération,‎ (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Chloé Aeberhardt, « Marion Larat, comprimée », Libération,‎ (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • AFP, « Une femme impute son handicap à sa pilule et attaque Bayer Pilule », Le Point,‎ . Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Yves Nau, « Pilule de troisième génération : une gestion de crise à ne pas suivre », Slate,‎ (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • David Bême, « Contraception : l'ANSM recommande l'utilisation des pilules de 2e génération », Doctissimo,‎ (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pascale Krémer, « Marion Larat, l'injustice transformée en combat », Le Monde,‎ .
  • Sandrine Cabut, Pascale Krémer et Pascale Santi, « Alerte sur la pilule de 3e et 4e génération », Le Monde,‎ .