Marie Denis

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'écrivaine et féministe belge. Pour l'artiste française, voir Marie Denis (artiste).
Marie Denis
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Marie Denis, née Éliane Stas de Richelle à Liège le et décédée à Ixelles le , est une écrivaine et féministe belge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayant épousé en 1943 Albert Meeùs, magistrat belge, elle s'implique avec lui dans le mouvement catholique des Équipes Notre-Dame, dont ils deviendront les responsables en Belgique mais démissionneront au début des années 60. Après avoir mis au monde et élevé six enfants, Marie Denis a publié un premier roman en 1961, Des jours trop longs. Voulant rendre le vécu féminin ambivalent d'une grossesse, par opposition aux injonctions natalistes au "bonheur évident" de la maternité, ce livre a connu un certain succès par les débats qu'il a suscités dans des magazines féminins, familiaux, etc. Elle a obtenu le prix Victor-Rossel en 1967 pour son deuxième roman, L'Odeur du père, dont certains extraits ont été publiés dans Les Temps Modernes[1] par Simone de Beauvoir[2], avec qui elle a entretenu une correspondance suivie. Un portrait sans concession mais sans ressentiment d'un père égaré dans les apparences. Dans le récit Célébration des grands-mères, publié en 1969, elle retrace son enfance ballottée entre ses familles paternelle (de petite aristocratie gantoise) et maternelle (haute bourgeoisie liégeoise) qui la prenaient alternativement en charge avec ses frère et sœur cadets. Son pseudonyme d'écrivaine s'inspire d'ailleurs d'une de ses grands-mères.

Appelée à siéger en 1966 au Conseil national des femmes de Belgique (organisation qui fédère les organismes féministes belges depuis 1905), elle va s'intéresser naturellement aux problèmes vécus par les femmes (c'est notamment l'année de la Grève des femmes de la FN Herstal), dont plus spécifiquement les veuves.

Devenant journaliste, elle a partagé avec Françoise Collin la responsabilité des pages culturelles de l'hebdomadaire La Relève (1965-1970), où elles créent en 1970 une rubrique "Femmes"[3]. Elles y évoquent notamment les livres récents de Germaine Greer et de Betty Friedan, etc., affrontant ainsi un comité de rédaction essentiellement masculin[4]. De cette période date leur amitié et leur engagement commun pour le féminisme. Marie Denis produit également des articles pour La Revue Nouvelle, le Ligueur (journal de la Ligue des Familles en Belgique), etc.

Elle a joué un rôle actif dans ce qu'on a appelé la deuxième vague du féminisme en Belgique. Elle crée en 1972 Le petit livre rouge des femmes[5],[3],[6] avec Jeanne Vercheval et Suzanne Van Rokeghem. Elle a été l’une des fondatrices de la Maison des femmes à Bruxelles et l’une des initiatrices des Journées des femmes (organisées à Bruxelles, le 11 novembre 1972 et les années suivantes). Cofondatrice du magazine Voyelles, elle a fait partie du comité de rédaction des Cahiers du Grif [1]. Elle a par ailleurs fait partie jusque dans les années 2000 du comité de direction de La Revue nouvelle.

Après une intense activité militante de dix années, Marie Denis a publié encore Dis Marie, c'était comment rue du Méridien 79 ? en 1980 et Le Retour des choses en 1985, puis Le Féminisme est dans la rue avec Suzanne Van Rokeghem en 1992[7]. Elle a aussi prononcé de nombreuses conférences en Belgique, au Québec, etc. Elle a notamment travaillé sur Simone de Beauvoir, Suzanne Lilar, Luce Irigaray...

En 1995, plusieurs de ses articles de La Revue Nouvelle sont repris dans un recueil, La Rose des Vents, titre de la rubrique où ils avaient paru. Le choix est fait par elle de ses articles plus littéraires que militants, consacrés à la vie comme elle vient.

Elle a reçu en 1998 le prix Félix Denayer pour l'ensemble de son œuvre et le prix Scriptores Christiani pour La Célébration des grands-mères, publiée en 1969 et rééditée en 1997.

Ses petites-filles Catherine et Éléonore Meeùs ont écrit avec Stéphanie Van Vyve une pièce de théâtre, Des jours trop longs, inspirée du roman éponyme et créée, dans une mise en scène de Cécile Van Snick, par Éléonore Meeùs et Stéphanie Van Vyve au Festival de Spa le 10 août 2012.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Des jours trop longs, Éditions universitaires, Paris, 1961, 167 p.
  • L'Odeur du père, prix Victor-Rossel 1967 ; première éd. Robert Morel, Forcalquier, 1972, 130 p.
  • Célébration des grands-mères, Robert Morel, Forcalquier, 1969 ; rééd. Mols, Grâce-Hollogne, 1997 (édition revue), 107 p., (ISBN 2-87402-001-X) ; rééd. Encre bleue, Villegly, 1998 (réédition en grands caractères), 140 p., (ISBN 2-84379-038-7).
  • Flandres, coll. « La Cuisine rustique », Robert Morel, Forcalquier, 1970, 183 p.
  • Le Petit Livre rouge des femmes (avec d'autres auteurs), Éditions Vie ouvrière, Bruxelles, 1972, 52 p. Le petit livre rouge des femmes.
  • Dis Marie, c’était comment rue du Méridien 79 ?, Éditions Voyelles – L’une et l’autre (asbl), Bruxelles, 1980, 205 p.
  • Retour des choses (Reine au jardin suivi de L'Odeur du père), Éditions Tierce, Paris, 1985, 101 p., (ISBN 2-903144-31-1).
  • Le féminisme est dans la rue : Belgique 1970-1975 (avec Suzanne Van Rokeghem), POL-HIS, De Boeck, Bruxelles, 1992, 236 p., (ISBN 2-87311-009-0), maintenant dans le domaine public et disponible en ligne.
  • La Rose des vents, Quorum, Ottignies-Louvain-la-Neuve, 1995, 191 p., (ISBN 2-930014-47-4).

Les archives de Marie Denis sont déposées à l'Archief- en Onderzoekscentrum voor Vrouwengeschiedenis, Centre d’Archives et de Recherches pour l’Histoire des Femmes (AVG-Carhif).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Temps Modernes, 23e année, janvier 1968, no 260.
  2. Simone de Beauvoir propose le roman à Gallimard, qui ne le prend pas ; elle décide alors d'en publier un large extrait. Lettre du 29 juin 1967 dans Marie Denis, « Lettres de Simone de Beauvoir », Les cahiers du GRIF, no 34,‎ , p. 15.
  3. a et b (it) Mara Montanaro, « Françoise Collin: Nascere alla scrittura tra Bruxelles e New York », Pólemos, vol. X.1,‎ , p. 202-213 (ISSN 2281-9517, lire en ligne, consulté le 31 décembre 2018), p. 205-206.
  4. « Marie Denis : sur l'aventure du feminisme a la belge,ses acquis et les combats qui restent encore a mener », sur Le Soir (consulté le 19 août 2019)
  5. Intégralement reproduit dans Le petit livre rouge des femmes
  6. Voir aussi Le Chou 104 (mai-juin 2018), p. 8-10.
  7. Martine Vandemeulebroek, « Les féministes doivent-elles libérer les hommes », Le Soir, 3/10/1992

Sources[modifier | modifier le code]

  • Sophie Kotányi, Dis-moi Marie, production Marisa Films et C.B.A., Bruxelles, 1985, 29 minutes, couleur.
  • Laure de Hesselle, «Marie Denis : sur l'aventure du féminisme à la belge, ses acquis et les combats qui restent encore à mener», Le Soir, 13 mars 1999 ([2]).
  • Joëlle Kwaschin, Nécrologie dans La Revue nouvelle, 2006 ([3]).
  • Suzanne Van Rokeghem, Jeanne Vercheval-Vervoort & Jacqueline Aubenas, Des femmes dans l’histoire en Belgique, depuis 1830, Éditions Luc Pire, Bruxelles, 2006, (ISBN 978-2-87415-523-9).
  • Claudine Marissal et Éliane Gubin, Jeanne Vercheval : Un engagement social et féministe, Institut pour l'égalité des hommes et des femmes, Bruxelles, 2011 (disponible aussi en fichier PDF).


Liens externes[modifier | modifier le code]