Manto Tshabalala-Msimang

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Manto.

Manto Tshabalala-Msimang (9 octobre 1940 - 16 décembre 2009) est une personnalité politique sud-africaine, membre du Congrès national africain (ANC) et député au parlement (1994-2009). Elle fut la ministre sud-africaine de la Santé de 1999 à 2008 sous les deux gouvernements de Thabo Mbeki.

Elle était surnommée « Dr Betterave » à cause de ses prises de position controversées au sujet du sida. Elle estimait qu'une alimentation saine à base de légumes, de betterave, d'ail, de citron et d'huile d'olive suffisait à combattre la maladie et, avant 2002, niait que le VIH en était la cause[1]. Elle avait été désavouée par la justice sud-africaine pour son refus d'introduire des antirétroviraux et pour s'être opposée à des militants d'associations anti-sida qui avaient fourni en 2002 des traitements prévenant la transmission du VIH de la mère à l'enfant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Durban, diplômée de l'université de Fort Hare (1961) où elle militait dans les rangs de jeunesse du Congrès national africain (ANC), elle avait pris le chemin de l'exil en 1962, après son interdiction et avait entamé des études de médecine à Leningrad (1962-1969), complétées, en 1972, d'une spécialisation en gynécologie-obstétrique en Tanzanie. En 1980, elle obtenait un master en santé publique de l'Université d'Anvers. En exil, elle fut un cadre de l'ANC chargé des questions de santé.

De retour en Afrique du Sud en 1990, suite à la levée de l'interdiction de l'ANC par le président Frederik de Klerk, elle est élue au Parlement en 1994 et devient ministre adjoint de la Justice en 1996 dans le gouvernement Mandela avant de se voir confier le portefeuille de la santé en 1999 dans le gouvernement Mbeki.

À cette fonction, elle se fait remarquer par sa remise en cause du VIH comme responsable du sida et par son hostilité aux organismes de lutte contre la pandémie comme l'Onusida et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, « en qui elle voyait les instruments des intérêts postcoloniaux et de l'industrie pharmaceutique occidentale[2]. »

À ce titre, elle avait été vivement condamnée par la communauté internationale, qui lui reprochait, comme à Mbeki, d'avoir retardé la mise en place de traitements antirétroviraux dans le pays en niant les évidences scientifiques[1],[3].

Le 25 avril, le successeur de Mbeki Jacob Zuma, après des propos controversés sur le sida, lance une campagne massive le lutte contre VIH, tournant la page des années Manto[3]. Le 25 septembre 2008, à la chute du gouvernement Mbeki, elle quitte le ministère de la santé pour celui de la présidence dans le gouvernement Motlanthe. Elle ne sera pas reconduite dans le gouvernement Zuma mis en place en mai 2009. Elle est morte le 16 décembre 2009, dans un hôpital de Johannesburg de complications hépatiques suite à une cirrhose d'origine alcoolique, après avoir subi, en 2007, une greffe de foie[1].

Médecines traditionnelles[modifier | modifier le code]

Lors d'une réunion avec des guérisseurs traditionnels en février 2008 pour discuter de la future législation, Tshabalala-Msimang avait fait valoir que les remèdes traditionnels ne devaient pas s’« enliser » dans des tests cliniques, avec ces mots : « Nous n’avons pas à utiliser les modèles de protocoles occidentaux dans la recherche et le développement »[4].

En septembre 2008, elle avait réclamé une plus grande protection des droits de propriété intellectuelle sur les médicaments traditionnels de l'Afrique. S'exprimant lors de la 6ème commémoration de la Journée de la médecine traditionnelle africaine à Yaoundé capitale du Cameroun », elle avait dit que le continent devrait profiter davantage de son ancien savoir traditionnel[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Dr Betterave s’est éteinte », Jeune Afrique, 16 décembre 2009 (consulté le 17 décembre 2009).
  2. Paul Benkimoun,Manto Tshabalala-Msimang, ex-ministre de la santé d'Afrique du Sud, Le Monde du 22 décembre 2009
  3. a et b Paul Benkimoun, « L'Afrique du Sud lance un plan ambitieux contre le sida », Le Monde,‎ 27 avril 2010 (lire en ligne)
  4. « No clinical trials for SA healers ». BBC News. 24 février 2008.
  5. « Africa urged to protect traditional medicines » Newsletter Archive. Publié le 5 septembre 2008