Malbim

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Le Malbim

Meïr Leibush ben Jehiel Michel Weiser (Volochysk, Volhynie 7 mars 1809-Kiev, 18 septembre 1879), connu par son acronyme Malbim (hébreu : מלבי"ם), est un rabbin russe, et commentateur de la Torah. Le nom "Malbim" dérive des initiales de son nom.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

De Volhynie à Varsovie (1809-1838)[modifier | modifier le code]

Le Malbim est né à Volochysk, en Volhynie, à l'époque en Russie, aujourd'hui en Ukraine, le 7 mars 1809. Il reçoit sa premiere éducation en Hébreu et en Talmud de son père. Devenu orphelin très jeune (il a six ans)[1], il est pris en charge par le second mari de sa mère, le rabbin Leib de Volochysk. Il va étudier à Varsovie, Pologne à l'âge de 13 ans. Il y gagne la réputation de "génie (Iluy) de Volhynie".

Wreschen et Kempen (1838-1859)[modifier | modifier le code]

A l'âge de 29 ans, en 1838, il devient le rabbin de Wreschen (Kreis Wreschen (polonais : Powiat wrzesiński) , en Prusse, dans la province de Posen, aujourd'hui dans l'est de la Pologne. Il y reste jusqu'en 1845. Il devient ensuite le rabbin de Kempen, une ville de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne jusqu'en 1859. Il y gagne, comme orateur, la réputation de Maggid de Kempen.

Grand Rabbin de Bucarest (1859)[modifier | modifier le code]

En 1859, le Malbim devient le Grand Rabbin de Bucarest, en Roumanie. Le Malbim qui défend le judaisme orthodoxe mene une lutte pour preserver l'adhérence à la Halakha et aux traditions. Il s'oppose à la construction de la grande synagogue Chorale de Bucarest[2],[3], avec chœur et orgue. Cette synagogue devient en 1864, la principale synagogue néo-orthodoxe de Roumanie.

Prière pour le Roi (1862)[modifier | modifier le code]

Le Malbim compose une Ode au Prince Alexandre Jean Cuza qui unifie les principautés de Moldavie et de Valachie, en 1862, pour former les Principautés unies de Roumanie. Il compose cette Ode pour la fête nationale de Roumanie du 24 janvier 1862. Elle est lue publiquement par le Malbim et la Communauté.

Le texte de l'Ode se lit ainsi:

"Une Prière pour la Vie de notre monarque

Le Roi et en faveur du Bien-Être

de son État

Au jour où notre roi Alexandre Jean Cuza vint dans notre ville

Mettons nos mots devant Toi, O Seigneur

Ouvre les portes des Cieux, et Fait briller Ta Lumière

Donne lui longue Vie

Et avec lui vient l'état de Moldavie

Notre sœur, puisses tu recevoir les bénédictions mentionnées dans la Bible

Et sur les ailes des aigles et sur le puissant bœuf sauvage

Tu verras l'envol de la victoire comme de brillantes étoiles

Seigneur Tu as toujours accepté à Ta face de briller

Pour établir fermement le trône royal pour lui qui T'a été fidèle

Tu lui as proclamé: j'établirai ton trône de génération en génération

Depuis le temps que Tu l'as établi dans la communauté des nations

Tu l'as vu les conduire comme un berger son troupeau, pour élever un peuple démuni

Pour casser leurs chaines et proclamer la liberté aux captifs

Et quand la joie éclate au milieu de la musique de la harpe et de la trompette

Sur chaque route et chaque montagne raide

Et chaque cœur se remplit de joie et chaque bouche avec louange

Moi, le fils d'Israël, mon cœur se remplit d'espoir

Et mes yeux se tournent vers les cieux et mon âme demande grâce

Le cœur du roi est dans tes mains et je prie

Seigneur, protège, comme tu protèges ce qui T'est le plus cher

Alexandre Jean Cuza, notre Seigneur le Roi

Protège le, notre Seigneur, et son épouse la Reine et tous les ministres de son royaume

Et établis à jamais les héritiers et leurs trônes

Et puisse leur bien-être couler comme un fleuve puissant

Écrase tous leurs ennemis devant eux et que leurs adversaires s'éloignent

Comble le avec majesté et gloire

Puisse la bonté du Seigneur se répandre sur ses villes comme l'aurore

Et envelopper les plus hautes cimes du pays

Et puisse ces vallees pleines de fruits résonner de musique"[4].

Les dernières années du Malbim[modifier | modifier le code]

Le Malbim accepte le poste de rabbin de la communauté de Krementchouk, en Russie. En route vers cette communauté, il tombe malade à Kiev et y décède, le 18 septembre 1879, le premier jour de Roch Hachana. Il a 69 ans[5]. Sa tombe à Kiev n'a pas été retrouvée, d'après des recherches récentes[6].

Le nom du Malbim est suggéré pour le Grand Rabbinat de New York (1879)[modifier | modifier le code]

Durant l'année 1879 où il décède, il est question de nommer un Grand Rabbin de New York. L'idée circule de choisir le Malbim pour ce poste[7].

L'approche du Malbim[modifier | modifier le code]

Le rabbin conservateur anglais Louis Jacobs (1920-2006), écrit[8]

"Les commentaires du Malbim sur l'ensemble de la Bible sont devenus un des commentaires les plus populaires chez les juifs orthodoxes car leur but est de montrer, principalement par une recherche philologique, que les enseignements de la Torah Orale, tels que trouvés dans le Talmud, sont contenus dans la Torah Écrite, le Pentateuque."

"Très peu de savants biblistes modernes sont enthousiastes de la methodologie du Malbim mais ils reconnaissent les nombreuses interprétations du sens des textes bibliques trouvés dans son commentaire."

"Le Malbim était au courant des théories scientifiques et philosophiques de son temps, qui selon lui, ne sont pas en opposition avec la Bible si cette dernière est correctement comprise et interprétée."

Le mouvement Massorti (conservateur) présente ainsi le Malbim:

"Personnage au caractère difficile, il n'en demeure pas moins un très grand commentateur et l'incarnation d'une forte exigence pour son peuple[9]."

Pour le rabbin Charles Touati (1986):

"Il [le Malbim] fut persécuté par les Réformistes[10], les Maskilim et les Hassidim...L'étude de son exégèse est tres subtile mais il reste indifférent a la nouvelle science biblique et ignorant des découvertes concernant la Bible"[11].

Points de vue du Malbim[modifier | modifier le code]

  • L'obligation d'aimer son prochain comme soi-même s'applique, selon le Malbim, à tous les êtres humains, Juifs et non-Juifs[8].
  • La structure du Mikdash est parallèle à celle du corps humain[12].

œuvres[modifier | modifier le code]

Pensées[modifier | modifier le code]

  • "Un cœur joyeux donne un visage réjoui. Un cœur triste montre le découragement. Chaque jour, la vie du pauvre est misérable, mais le contentement est un festin sans fin"[13].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Malbim on Mishley: the Commentary of Rabbi Meir Leibush Malbim on the Book of Proverbs. Translated by Charles Wengrow, Avivah Gottlieb Zornberg. Feldheim. 1982. ISBN 0873062809, ISBN 9780873062800
  • Noah H Rosenbloom. Malbim: Exegesis, Philosophy, Science and Mysticism in the Writings of Rabbi Meir Lebush Malbin. Mossad HaRav Kook: Jerusalem. 1988. In Hebrew.
  • The Malbim Esther. Meir Loeb ben Jehiel Michael Malbim, Jonathan Taub. Targum Press. 1993. ISBN 1568711352, ISBN 9781568711355
  • Carol Herselle Krinsky. Synagogues of Europe: architecture, history, meaning. Courier Dover Publications. 1996. ISBN 0486290786, ISBN 9780486290782. Voir, p. 152. MaLBim Synagogue.
  • Malbim on Ruth. The Commentary of Rabbi Meir Leibush Malbim. Translated and annotated by Shmuel Kurtz. Feldheim. 1999. ISBN 1583303669
  • Shai Cherry. Torah through time: understanding Bible commentary from the rabbinic period to modern times. Jewish Publication Society. 2007. ISBN 0827608489, ISBN 9780827608481
  • Reuven Subar (Rabbi). The Essential Malbim. Flashes of Insights on Bereishis/Genesis. Rabbi Mendel Weinbach, Editor. The Kohn Family Edition. ArtScroll/Mesorah. 2009. ISBN 1422609278, ISBN 9781422609279
  • Meïr Loeb Malbim. Cantiques de l'âme. Chirei ha-néfech. Double commentaire sur le 'Cantique des cantiques'. Spiritualité et Religion. Verdier. 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références et Notes[modifier | modifier le code]