Mahorais

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Mahorais
shimaoré
Pays Mayotte
Nombre de locuteurs 80 000 (2002)
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 swb
IETF swb

Le mahorais (ou shimahorais = shimaore- [shi-mahorais]/[shi-maoré] dans le parlé de la langue) est une des deux principales langues indigènes parlées sur l'île de Mayotte. C'est une langue bantoue, apparentée au swahili, alors que le kibushi est une langue austronésienne proche des langues parlées à Madagascar.

Aujourd'hui dire « shi-mahorais » ou « shimaoré » s'est répandu suivant des écrits d'auteurs ayant entendu les mahorais utiliser le « shi », mais sans porter l'analyse. Normalement il faut dire « mahorais » : les mahorais (la population mahoraise) parlent « le mahorais » ou « le maoré » et « le kibushi ». Le préfixe « shi » doit être décomposé parce qu'il a une signification propre : à savoir « comme » ou « en », des éléments de comparaison ou pour exprimer le mimétisme, et synonyme de « mauri ». Par conséquent, « il parle le français, l'anglais et l'allemand » se traduira par « waye ulaguwa shifarantsa, shi-guereza na shi-mdjeremani » qui se dit également « waye ulaguwa mauri-mfarantsa, mauri-mguéreza awu mauri-mdjeremani ». « mauri » et « shi » a donc une valeur équivalente aux phrases « il parle comme un français, comme un anglais et comme un allemand » et « il s'exprime en français, en anglais ou en allemand ». On dit qu'il parle « swahili » , il s'exprime en swahili et non « shi-swahili » (comme/en swahili) en français, alors que le mahorais va dire « waye ulaguwa shi-swahili » ou « asi laguwa shi-swahili », ou « waye ulaguwa mauri-mkenya » donc swahili pour faire simple et être plus compréhensible etc.

Donc, « mahorais » ou « maore » fait doublement référence, selon contexte ou la signification,à la langue ou la population (le gentilé)[1].

Le mahorais, comme le kibushi une variante de la langue malgache, parlés jadis par des malgaches qui ont occupé certains villages de l'île (ceux qui parlent aujourd'hui Kibushi), sont les langues des natifs de l'île de Mayotte. Parler de la lingua franca est réductrice car ce n'est pas une simple langue de communication. Ces deux langues sont les langues maternelles des mahorais avec tout ce que cela comporte comme complexité linguistique, sémantique, sémiologique, phonétique, phonologique, morphologique et culturelle. Le mahorais est dominant tout simplement par le fait majoritaire dans la composition de la population. Le kibushi est circonscrit à certains villages par le fait historique, ce qui n'empêche pas de l'apprendre par volonté ou par pure nécessité. C'est la langue maternelle des natifs de ces villages. Ces deux langues sont présentes dans les nouveaux programmes télévisés de RFO. Le recensement de 2002 a relevé 80 140 individus parlant le mahorais sur l'île de Mayotte.

Le mahorais subit aujourd'hui fortement l'influence du français. En effet, outre que certains locuteurs de Mayotte parlent le français, celui-ci est la langue de l'éducation, du savoir et de l'emploi (la langue officielle). Pour cette raison des associations culturelles tentent de réanimer la flamme et de redonner au mahorais ses lettres de noblesse, telle l'association SHIME.

L'intercompréhension entre l'anjouanais et le mahorais est presque totale ; seules quelques différences phonétiques mineures, et quelques particularités lexicales les distinguent, elle l'est un peu moins avec le mohelien (mais un discours lent permet la compréhension) et très difficile avec le grand-comorien tandis que la compréhension est partielle, et à sens unique, vis-à-vis des autres parlers swahilis. A titre d'exemple, le zanzibarien et le grand-comorien se comprendront plus facilement que le mahorais et le grand-comorien.

Culture mahoraise[modifier | modifier le code]

La langue est un des piliers de la culture des Mahorais de souche. Parler français entre Mahorais de souche est considéré comme un manque de respect[2]. En revanche, certains mahorais parlant très bien français apprécieront qu'un métropolitain les aborde d'abord en français.

Alphabet[modifier | modifier le code]

Alphabet[3]
A B Ɓ D Ɗ E F G H I J K L M N O P R S T U V W Y Z
a b ɓ d ɗ e f g h i j k l m n o p r s t u v w y z
/a/ /b/ /ɓ/ /d/ /ɗ/ /e/ /f/ /g/ /h/ /i/ /ʒ/ /k/ /l/ /m/ /n/ /o/ /p/ /r/ /s/ /t/ /u/ /v/ /β/ /w/ /j/ /z/

Quelques exemples[modifier | modifier le code]

Français shimaore kibushi-kimaore (malgache de Mayotte)
Bonjour Jeje (ou Kwezi) akori
bien Ndjema tsara
La vie est belle à Mayotte maesha ya mazuri Maore maisha tsara Maore
Monde / Terre dunia / ntsi dunia / fotak
ciel maingu vigun
eau maji ranu
feu moro mehemeyi
homme mutru baba lalayi
femme mutru mama viavi
manger udya (ou ula) mihinanga
boire unwa midranu
grand -bole be
petit -titi heli
nuit uku haligni
matin asubuhi maradringni
voleur mwidzi anpagalatra
je m'appelle... wami uhiriwa... za kahidro
Magasin/Boutique duka duka
ville dago tanana
je - tu - il/elle - nous - vous -ils/elle wami - wawe - waye - wasi - wanyu - wao zau - anau - izi -atsika -anaréu - réu
merci marahaba marahaba
monsieur - madame monye - bweni/bibi lalayi - viavi
repas shahula hanigni
maison nyumba (ou dago) trangu


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. PASSAM|Diplômé en Linguistique, Université d’Orléans |Natif de mayotte et Locuteur du Shi-mahorais|
  2. Sophie Blanchy, « Mayotte : « française à tout prix » », Cairn.info, série Ethnologie française, vol. Vol,‎ , p. 677-687 (DOI 10.3917/ethn.024.0677, lire en ligne)
  3. Alphabet du Shimaorais,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sophie Blanchy, L'interprète. Dictionnaire Mahorais - Français et Français - Mahorais, Mayotte, Paris, CMAC, édition l'Harmattan,‎ .
  • Cornice, Abdillahi D. (1999), Manuel grammatical de shimaore, Mamoudzou, Mayotte, L’Association SHIME (Le SHImaorais MEthodique), 1999.
  • Kordji, Chamsidine, Martine Jaquin, et alia (1999, 2006), Narifundrihe shimaore - Apprenons le shimaorais, Association SHIME (Le SHImaorais MEthodique), Mamoudzou, 1999 et 2006.
  • Maandhui, Ousseni (1996), Parlons Shimaore, Éditions du Baobab, Mamoudzou, 1996.
  • Rombi, Marie-Françoise (1983), Le Shimaore (Île de Mayotte, Comores): Première approche d’un parler de la langue comorienne, Paris, Société d’Études Linguistiques et Anthropologiques de France (SELAF), 1983.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]