Marie-Catherine Mahay

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Marie-Catherine Mahay, parfois orthographié Mahaye[1], Malsay[2] ou Mahée[3], parfois désignée sous le nom de son mari Jean-Baptiste Reuche[4], âgée de 30 ans en janvier 1794, tenait, pendant la Révolution française, rue du Chemin-Vert, une pension pour personnes malades, fatiguées ou démentes[5].

C’était une maison bourgeoise au fond d’une cour, cachée sous des bouquets d’arbres dont l’ombre verte caressait sa façade blanche : c’était le silence, les senteurs, le calme des champs à deux pas de la Bastille.

Dans une lettre à son fils, à l’automne 1793, Olympe de Gouges déclara qu’après un mois de captivité elle avait été transférée dans une maison de santé, celle du docteur Escourbiac, d’où elle aurait pu s’évader. Comme on ne pouvait lui reprocher aucune démarche contre la Révolution, elle avait elle-même demandé son jugement. Se voyant condamnée au tribunal révolutionnaire, elle affirma qu’elle était enceinte. On la traita de menteuse au prétexte que les sexes étaient séparés en prison ; ce n’était pourtant pas le cas dans la maison de santé de Marie-Catherine Mahay. Elle fut exécutée.

Parmi ceux que cette institution accueillit pour cause de maladie réelle ou feinte, on compte : Louis de l’Aigle, officier, exécuté pour distribution de faux assignats ; Madame Anisson-Dupéron, veuve du directeur de l’Imprimerie royale, qu’on venait de tuer pour crime de « propagande » ; Laus de Boissy, critique littéraire ; Jean-Benjamin de La Borde, musicien et écrivain, premier valet de chambre et favori de Louis XV, qui périt sur l’échafaud pour avoir été fermier général ; M. de Brancas-Céreste, qui succomba à la maladie ; le duc de Lauragais, dont la femme fut guillotinée ; Marie-Anne Brideau, religieuse, guillotinée ; une princesse de Clermont-Tonnerre ; Sir William Codrington, un Anglais[6] ; Madame Poissonnier, femme de chambre de la reine ; le comte d’Agay, intendant de Picardie ; Jean-Baptiste Dubois de Jancigny, écrivain ; le prince Honoré III de Monaco, qui mourra sept mois après sa libération ; Madame Joly de Fleury, veuve d’un procureur célèbre, guillotinée ; Érasme-Charles-Auguste Magon de Lalande, d’une riche famille de banquiers nantais avec laquelle il monta à l’échafaud ; Clément-Édouard, marquis de Moustier, qui avait suivi son père, militaire, dans l’émigration, était revenu en 1792 avec son précepteur, et avait été incarcéré malgré ses 14 ans ; la comtesse Zoé du Cayla, future maîtresse de Louis XVIII ; les Thellusson, banquiers suisses ; le duc de Villeroy, chez qui Mozart avait joué enfant, guillotiné.

Au printemps, un détenu s’étant évadé, Marie-Catherine Mahay se retrouva consignée chez elle avec tout son personnel. Thermidor venu, on lui enleva ses pensionnaires.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Edmond Biré, Journal d'un bourgeois de Paris pendant la Terreur, volume 4, Perrin, , 1897, p. 330 [lire en ligne]
  2. Journal de la Montagne, 28 mars 1794, p. 1094 disponible sur Gallica
  3. Jean-Charles Sournia, La médecine révolutionnaire (1789-1799), Payot, 1989, p. 214 [lire en ligne]
  4. Journal du palais, Fauvelle, 1799, p. 6 [lire en ligne]
  5. Frédéric Lenormand, La pension Belhomme. Une prison de luxe sous la Terreur, Fayard, 2002 [lire en ligne]
  6. John G. Alger, English Men in the French Revolution, Londres, Sampson Low, p. 296 [lire en ligne]