Littérature indonésienne

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La littérature indonésienne est d'abord la littérature provenant d'Indonésie, ou écrite en indonésien. Le poète indonésien Sapardi Djoko Damono propose de limiter le champ de la littérature indonésienne moderne aux textes imprimés, car l'imprimerie "marque la division entre les littératures ancienne et moderne"[1].

L'Indonésie est une nation récente, qui a proclamé son indépendance en 1945. Toutefois, le "Serment de la Jeunesse" prononcé en 1928 prononcé par des représentants d'organisations de la jeunesse indigène dans ce qui était encore les Indes néerlandaises exprime déjà l'aspiration "une nation : la nation indonésienne, une langue : l'indonésien, un pays : l'Indonésie". Ce que les nationalistes appellent alors « indonésien » est bien le malais, qui depuis des siècles servait de lingua franca entre les différents peuples de l'archipel.

On considère donc que la littérature écrite dès les années 1930 en malais, dans un perspective nationaliste indonésienne, est déjà une "littérature indonésienne".

On peut inclure dans la littérature indonésienne celle écrite par des personnes que l'Indonésie considère comme participant du mouvement national. La plus éminente de ces personnes est Raden Ayu Kartini, aristocrate javanaise qui écrivait en néerlandais pour dénoncer la condition faite aux femmes javanaises de son époque.

L'époque coloniale[modifier | modifier le code]

Le numéro d'août 1937 de la revue Poedjangga Baroe ("le nouveau poète")

Les écrivains du pays Minangkabau dans l'ouest de Sumatra jouent un rôle de premier plan dans cette littérature moderne indonésienne nouvellement née. Muhammad Yamin (1903-64) abandonne les formes traditionnelles malaises comme le pantun et publie en 1920 les premiers poèmes modernes en indonésien. En 1922 Marah Roesli (1898-1968) publie Siti Nurbaya, le premier roman indonésien moderne, qui raconte un amour rendu tragique par le choc entre tradition et modernité. Sanusi Pané, musulman, proclame que les Indonésiens doivent chercher leur inspiration dans le passé pré-islamique de l'Indonésie.

Les 20 premières années de l'Indonésie indépendante[modifier | modifier le code]

Cette littérature moderne gagne en vitalité après l'indépendance. Durant les années de conflit entre la jeune république et l'ancien colonisateur hollandais, Chairil Anwar (1922-49), personnage ombrageux et rebelle, est la figure de proue du mouvement poétique Angkatan 45, la « génération de 45 ».

Dans le domaine culturel, les années 1960 sont marquées par l'antagonisme entre les intellectuels proches du PKI, réunis dans le Lekra (Lembaga Kebudayaan Rakyat, « institut de culture populaire »), dont le plus connu est l'écrivain Pramoedya Ananta Toer, et les autres, dont la figure la plus éminente est l'écrivain Mochtar Lubis.

L'époque de Soeharto[modifier | modifier le code]

La répression anti-communiste de 1965-1966 va faire des ravages chez les intellectuels indonésiens. La période Soeharto ne brille pas par une grande créativité.

Dans les dernières années de Soeharto surgit une nouvelle génération de jeunes écrivains et surtout écrivaines. La plus remarquée est Ayu Utami, née en 1968.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La fin du régime Soeharto a également permis la prise de conscience du rôle des Indonésiens d'origine chinoise dans la formation de la langue nationale. On reconnaît désormais l'importance de la sastra Melayu-Tionghoa ("littérature sino-malaise") qui, entre 1870 et 1960, a produit plus de 3 000 œuvres de quelque 800 auteurs, bien plus que le nombre d'œuvres et d'écrivains en indonésien moderne. Cette littérature a souffert du préjugé à l'égard de la langue dans laquelle elle est écrite, considérée comme du "malais inférieur", par opposition au "malais supérieur" des ouvrages publiés par la Balai Pustaka. Le débat en cours au sujet de cette littérature oblige à une redéfinition de ce qu'il faut considérer comme de la "littérature indonésienne", et plus généralement, de ce qui est "indonésien".

Quelques écrivains indonésiens[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Leo Hock Guan Lee, in Language, Nation and Development in Southeast Asia, 2007, ISEAS Publishing, Singapour, pp. 52-53