Procuste

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Thésée et Procuste, kylix attique à figures rouges, 440-430 av. J.-C., British Museum (Vase E 84)
Thésée et Procuste, kylix attique à figures rouges, 500-490 av. J.-C., musée du Louvre (G 104)

Dans la mythologie grecque, Procuste (déformation de Procruste, en grec ancien Προκρούστης / Prokroústês, littéralement « celui qui martèle pour allonger ») est le surnom d'un brigand de l'Attique nommé Polypémon (Πολυπήμων / Polupếmôn, « le très nuisible »). Il a pour autre surnom Damastès (Δαμαστής / Damastếs, « le dompteur »)

Mythe[modifier | modifier le code]

Fils de Poséidon, il est marié à Sillée et est le père nourricier de Sinis, lui aussi fils de Poséidon. Dans sa Bibliothèque historique, Diodore de Sicile nous a transmis la courte légende suivante :

« Après cela, [Thésée] tua Procuste qui demeurait à Corydalle dans l'Attique. Procuste contraignait les voyageurs à se jeter sur un lit ; il leur coupait les membres trop grands et qui dépassaient du lit ; et étirait les pieds de ceux qui étaient trop petits[1]. C'est pour cette raison qu'on l'appelait Procuste. »

Une version plus ancienne lui prête deux lits : un petit pour les grands prisonniers, un grand pour les petits. La valeur du mythe se renforce quand le lit devient unique et ne correspondant à aucune taille, pas même celle de Procuste, ce qui le rend essentiellement symbolique.[réf. nécessaire]

Interprétations[modifier | modifier le code]

Dans les Mémorables, Xénophon représente Procuste, qu’il confond avec la violence faite aux étrangers, dont il fait un modèle[2]. Procuste est devenu le symbole du conformisme et de l'uniformisation. On parle couramment de « lit de Procuste » pour désigner toute tentative de réduire les hommes à un seul modèle, une seule façon de penser ou d'agir, et de « Procuste » pour leur auteur.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hamilton 1967, p. 181
  2. Xénophon, Mémorables, II, 38, 5.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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