Lili Boniche

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Lili Boniche
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Lili Boniche

Informations générales
Nom de naissance Élie Boniche
Naissance
Alger
Décès (à 86 ans)
Paris
Activité principale chanteur
Genre musical musique arabo-andalouse
Instruments voix et guitare

Lili Boniche (Élie Boniche), né en 1922[1] à Alger et décédé le à Paris, est un chanteur juif d'Algérie de musique arabo-andalouse. Son répertoire comprend des styles variés comme le chaâbi, rumbas algéroises très populaires.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille juive, son père, mélomane et musicien convaincu, encourage les dispositions musicales de son fils en l'envoyant comme élève dès son plus jeune âge chez le maître Saoud l'Oranais, maître de hawzi, dérivé populaire de la musique classique arabo-andalouse. Il fréquente ensuite des écoles de musique réputées comme Moutribia et al-Moussilia.

Virtuose du luth à quinze ans, le directeur de Radio-Alger lui confie l'animation d'une émission consacrée au répertoire hawzi. Inventant un genre populaire, mélangeant rumba, paso doble, tango, mambo avec la musique arabo-andalouse, il écrit des chansons en « francarabe ». À la veille de la seconde guerre mondiale, Lili Boniche est célèbre au Maghreb, il fait des tournées puis anime le théâtre aux armées. Tous les lundis, galas à l'opéra d'Alger pour les militaires. En 1946, il vient à Paris, se produit au Soleil d'Algérie, cabaret proche de la place Pigalle[2] et reprend par exemple la chanson Bambino de Dalida.

À la fin des années 1950, il abandonne sa carrière en épousant une comtesse qui l'exige, et prend la direction de quatre cinémas à Alger[1], mais continue à y chanter[3].

Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, il s'installe à Paris, se reconvertit dans la restauration et la vente de matériel de bureau, tout en pratiquant la musique en privé, chantant dans les fêtes de la communauté.

Il retrouve la scène et les studios au tournant des années 1980 et 90. Sollicité par un journaliste, Francis Falceto, il fait une tournée dans toute l’Europe (au Barbican de Londres, à l’Olympia de Paris, en Allemagne, Belgique, Suède, Suisse, Italie, Espagne, etc.) et au Japon. Il enregistre l'album Alger, Alger, produit en 1996, et publié en 1999, sous la direction artistique de Bill Laswell, bassiste et producteur américain expert en world music.

La musique de Lili Boniche, celles de ses amis Maurice El Medioni ou Reinette l'Oranaise, redevient à la mode. En 2003, il publie Œuvres récentes, avec la collaboration du chanteur -M- et du batteur Manu Katché.

Cependant, au moment du tournage du film El Gusto, en 2007, un documentaire consacré aux musiciens juifs et musulmans pratiquant le Chaâbi, le chanteur n’est plus en mesure de monter sur scène et doit renoncer à participer à cette entreprise[4].

Style et influence[modifier | modifier le code]

Pratiquant le répertoire de "la musique « andalouse » qu’un Edmond Yafil (en) a su codifier au tout début du XXe siècle", il se situe dans une mouvance musicale proche de celle des chanteurs Lili Labassi (de son vrai nom Amoyal, le père de Robert Castel) et Sassi Lebrati[5].

Lili Boniche est un innovateur dans le sens où il modernise radicalement son style pour satisfaire un public en quête de modernité. Il se produit dans une multitude de cabarets orientaux où le style oriental se mêle allègrement aux rythmes occidentaux, au jazz et aux musiques afro-latines en vogue. Durant les années 1940, il chante plusieurs chansons dont les paroles sont de Mohamed Mahboub Stambouli dont Loukene Kanou ândi Lemlayene.

La chanson de Lili Boniche Ana El warka (dont les paroles sont de l'algérois Mustapha Kechkoul (1913-1991) et la musique du célèbre pianiste algérois Mustapha Skandrani (1920-2005)) est utilisée pendant près de huit ans au générique de l'émission culturelle de France 2, Des mots de minuit.

Il est connu pour "ces airs « andalous » où il mêlait le français et l’arabe, bien avant Bob Azzam". Il a exercé une influence notable sur Enrico Macias qui reprend sa célèbre chanson L'Oriental[5].

La presse le présente comme un "chantre de la musique judéo-arabe", mais lui-même conteste cette appellation : "Est-ce qu’on dit d’un musicien musulman qu’il joue de la musique islamo-arabe ? Je joue de la musique arabe, un point c’est tout[6]". Il est possible d'écouter une de ses chansons en arabe ici [7].

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Lili live, enregistré le 26 mai 1998 à Paris, APC Play it again Sam, 1999
  • Œuvres récentes, APC Play it Again Sam, 2003
  • Il n'y a qu'un seul Dieu (live à l'Olympia), East West Warner Music France, 1999
  • Trésors de la chanson judéo-arabe, Créon Mélodie
  • Bambino, version arabe

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Décès de Lili Boniche, crooner algérien », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  2. Véronique Mortaigne, « Lili Boniche, chanteur », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  3. François Bensignor, Algérie andalouse : Lili Boniche et El Gusto, Hommes et migrations [En ligne], 1295 | 2012, mis en ligne le 29 mai 2013, consulté le 03 juillet 2016. URL : http://hommesmigrations.revues.org/1091
  4. François Bensignor, "Algérie andalouse : Lili Boniche et El Gusto", Hommes et migrations [En ligne], 1295 | 2012, mis en ligne le 29 mai 2013, consulté le 3 juillet 2016. URL : http://hommesmigrations.revues.org/1091
  5. a et b Albert Bensoussan, "Lili Boniche", http://www.terredisrael.com/lili-boniche.php
  6. "Lili Boniche, chantre de la musique judéo-arabe, s'en est allé", L'Obs avec Rue 89, 21/03/2008, http://rue89.nouvelobs.com/2008/03/21/lili-boniche-chantre-de-la-musique-judeo-arabe-sen-est-alle-7488
  7. Salma Dahab, « Lili boniche _ 05 - Ana Fil Houb.wmv », (consulté le 4 mai 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]