Le Coche et la Mouche

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Le Coche et la Mouche
Image illustrative de l’article Le Coche et la Mouche
Gravure de René Gaillard d'après Jean-Baptiste Oudry, édition Desaint & Saillant, 1755-1759

Auteur Jean de La Fontaine
Pays Drapeau de la France France
Genre Fable
Éditeur Claude Barbin
Lieu de parution Paris
Date de parution 1678

Le Coche et la Mouche est la huitième fable du livre VII de Jean de La Fontaine situé dans le second recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1678[1].

La fable fut écrite en 1663 à Bellac pendant que Jean de la Fontaine y séjournait quelques jours.

Pour écrire cette fable, La Fontaine a mêlé des éléments empruntés à Phèdre ("La mouche et la mule") et à Abstémius (I, 16, "La mouche qui, perchée sur un quadrige, disait qu'elle soulevait la poussière"). La morale est tirée de la fable de Phèdre "Tibère et l'esclave trop zélé" (ou "Tibère et l'intendant").

Dessin de Grandville (1838-1840)

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Texte[modifier | modifier le code]

LE COCHE ET LA MOUCHE

[Phèdre[2],[3],[4] + Abstemius]

Illustration de Benjamin Rabier (1906)
Illustration d'Auguste Vimar (1897)


Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,

Et de tous les côtés au Soleil exposé,

Six forts chevaux tiraient un Coche (1) .

Femmes, moine, vieillards, tout était descendu :

L'attelage suait, soufflait, était rendu (2) .

Une Mouche survient, et des chevaux s'approche,

Prétend les animer par son bourdonnement ;

Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment

Qu'elle fait aller la machine,

S'assied sur le timon, sur le nez du cocher.

Aussitôt que (5) le char chemine,

Et qu'elle voit les gens marcher,

Elle s'en attribue uniquement la gloire,

Va, vient, fait l'empressée : il semble que ce soit

Un sergent de bataille (3) allant en chaque endroit

Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.

La Mouche en ce commun besoin

Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin (4) ;

Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.

Le moine disait son Bréviaire :

Il prenait bien son temps ! une femme chantait :

C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait !

Dame Mouche s'en va chanter à leurs oreilles,

Et fait cent sottises pareilles.

Après bien du travail le Coche arrive au haut.

" Respirons maintenant, dit la Mouche aussitôt :

J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.

Ça, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine. "

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,

S'introduisent dans les affaires :

Ils font partout les nécessaires,

Et, partout importuns, devraient être chassés.

( Jean de La Fontaine , Fables de La Fontaine, Le Coche et la mouche)

Vocabulaire

(1) " voiture posée sur quatre roues, qui est en forme de carrosse, à la réserve qu'il est plus grand et qu'il n'est point suspendu [...] On s'en sert pour aller de ville en ville. " (dictionnaire de Furetière, 1690)

(2) épuisé

(3) Officier considérable qui, dans un jour de combat, reçoit du général le plan et la forme qu'il veut donner à son armée...(dictionnaire de Richelet)

(4) les efforts

(5) Lors de sa publication en 1671, le vers commence par "Fait à fait que le char", c'est-à-dire "à mesure" (dictionnaire de Furetière)

Mise en musique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le coche et la mouche (La Fontaine) Gisèle Casadesus », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (consulté le 30 janvier 2018)
  2. (la) Phèdre, « MUSCA ET MULA », sur gallica.bnf.fr,
  3. Phèdre (trad. Ernest Panckoucke), « LA MOUCHE ET LA MULE », sur gallica.bnf.fr,
  4. (fr + la) Phèdre (trad. Ernest Panckoucke), « Tibère et l'intendant », sur fables-de-phedre.blogspot.com,

Liens externes[modifier | modifier le code]